FOR THE PEOPLE FOR EDVCATION FOR SCIENCE L1BRARY OF THE AMERICAN MUSEUM OF NATURAL HISTORY OSTÉOGRAPHIE D E S CETACES uni. — namjEFOE jriNous i>e rivière, rue racine, £6. I ) jV Cf.' 0STÉ06RAPHIE DES CÉTACÉS VIVANTS ET FOSSILES omiiuAwi i ^ DESCRIPTION ET l.'l<:n\o<;r.\l'im- i s o 1 i k i , i: t t i : i: r uv s \ s r i : m k d e n t \ i it i; DE CES ANIMAUX AINSI OUE DES DOCUMENTS RELATIFS A LEUR HISTOIRE NATURELLK I'ak MM. . \ * * REM» E \ ■ l'UI, t. I H\ «l!» ■M k li IMHVII ..- PARIS m; 'lin S ni; n; \m>. LIBH \ii;i -i Dl nui l rBRAIRl Dl LA SOCIÉTÉ Dl 01 OORAI I !»..«• lia (.1 ■ g i s^.ql^.'lf.-,, INTRODUCTION Destinés à vivre au soin dos mors, les Cétacés ont une certaine ressemblance extérieure avec les poissons; mais ils sont bien éloignés d'avoir la structure anatomique de ces animaux. Leurs poumons conformés comme ceux des mammi- fères, l'élévation de leur température, leur cœur divisé en quatre cavités, le \ diurne et la disposition de leur cerveau, l'incontestable intelligence dont ils sont doués, leur mode de reproduction à la fois vivipare cl placentaire: tout, dans leur organisation comme dans leurs fonctions, démontre que ce sont bien des mammifères et la présence de mamelles, destinées à élaborer la première nourri- ture de leurs petits, complète la série des caractères qui les rattachent aux vertébi es de cette classe. Les con«litions spéciales de l'habitat des Cétacés expliquent assez les parti- cularités qui distinguent ces animaux 'les autres mammifères el en font un groupe à la fois naturel el facile à reconnaître] aussi leur élude présente-! elle un intérêt véritable. L'importance îles produits que plusieurs genres Fournissent à l'industrie justifierait d'ailleurs a elle seule les recherches multipliées dont les I étacés onl été l'objet depuis le commencement de notre siècle, puisque h notion 'le leurstructure ou celle de leurs mœurs et de leur répartition dans le- diffé rentes nui- peut rendre leur capture plus facile et indiquer au comme» e 'le nou- velles sources île richesses. Mais le naturaliste qui veut entreprendre de semblables recherches ne tarde pai ii INTRODUCTION. à rencontrer des obstacles sans nombre. A cause de leur énorme taille autant que par la nature des parages qu'ils fréquentent, les Cétacés sont difficilement acces- sibles à nos moyens d'observation et il est bien rarement possible de préparer avec tout le soin désirable la dépouille des exemplaires qu'on a réussi à se pro- curer. Les peaux qu'on en avait d'abord recueillies et conservées dans plusieurs musées ne peuvent donner qu'une idée fort incomplète des caractères propres aux différents genres de cet ordre et aux espèces qui composent ces genres. Ajoutons que de semblables collections fussent elles toujours possibles, peu de musées seraient assez riches pour les entreprendre ou assez vastes pour les loger, de manière à en rendre l'examen profitable. Du reste, des difficultés souvent insurmontables s'opposent à ces sortes de préparations. Les squelettes eux-mêmes sont coûteux, d'une installation également gênante, et, comme l'importance des indications que l'on peut en tirer a été longtemps méconnue , on s'est jusque dans ces derniers temps assez peu préoccupé de les conserver. Quant aux parties molles elles ont rarement attiré l'attention des naturalistes, ce qui s'explique par les obstacles plus grands encore qui s'opposent à leur préparation. Aussi la cétologie est-elle restée longtemps stationnaire, et il y a quelques années seulement la nomencla- ture des baleines aussi bien que celle des cachalots, des dauphins ou des genres qui s'en rapprochent, était encore dans un état d'imperfection regrettable. Cependant l'examen ostéologique des Cétacés devait fournir aux savants les moyens de faire accomplir à la science des progrès réels, et c'est à ses indications que nous devons de pouvoir formuler désormais avec certitude la diagnose de la plupart des animaux de ce groupe; elle a également permis d'en établir la classifi- cation d'une manière naturelle et de rectifier leur nomenclature. G. Cuvier n'avait pas tardé à reconnaître les avantages que l'on peut en tirer, et Frédéric Cuvier a dit avec raison, en parlant des résultats consignés dans le cinquième volume des Ossements fossiles : « Je crois que le premier exemple bon à suivre a été donné par mon frère. » Il est également dans le vrai lorsqu'il ajoute : « Ses travaux seront longtemps encore la base de cette branche importante de la zoologie. » Kn eflet, les recherches du grand naturaliste français ont jeté une vive lumière sur l'histoire d'un certain nombre d' espèces, et elles ont montré qu'on pouvait arriver par l'étude ostéologique des Cétacés à des résultats bien autrement précis que ceux dont Othou r'abrieius, Lacépède et même Camper s'étaient contentés. INTRODUCTION ,,, M sis, depuis l'rpoquc ou G. Cnvier a écrit, les collection- Be Boni enrichies d'un nombre considérable de pièces relatives aux Cétacés alors connus, et des espèces, «bus certains cas même des genres entièrement nouveaux ont été découverts. Aussi quoique toutes les lacunes laissées par ce zoologiste célèbre n'aient pas pu être comblées, on est des à présent en mesure d'ajouter beaucoup de documents à ceux qu'il a publiés, et d'asseoir sur des bases plus larges qu'il n'avait pu le faire l'histoire des mammifères marins. Des travaux considérables consacrés a ces ani- maux ont été publiés, particulièrement en Danemarck et eu Angleterre, et ces tra- vaux ont notablement augmenté la somme de nos connaissances. Chaque jour les musées continuent à s'enrichir de pietés nouvelles, et une histoire a peu près complète du groupe entier peut maintenant être tentée avec quelque chance de su< ces. M. Fsehricht, savant anatomistc de Copenhague, dont la science regrette la perte récente a réussi, grâce aux circonstances particulières au sein desquelles ses travaux se sont accomplis, a fournir à la cétologie des documents dont la valeur est réellement exceptionnelle, et la description des Mysticètes ou Cétacés à fanons lui doit des découvertes importantes. Les recherches de son compatriote, M. le professeur Reinhardt et celles de M. Lilljeborg, «Il psal, méritent aussi une mention particulière, et il en est de même des importantes publications dans les- quelles MM. .1. E. Gray et Flower ont fait connaître les pièces les plus remar- quables conservées a Londres, soit au musée britannique, soit au collège des chirurgiens. Ces savants et plusieurs autres en France, en Belgique, en Allemagne, aux l'.tai-l m- oui aussi ajouté beaucoup de faits curieux a ceux donl la cétologie était redevable aux travaux des auteurs antérieurs. Nous aurons soin de rappeler leurs noms chaque fois que l'occasion s'en présentera, et nous ferons ressortir l'importance des recherches qui leur sont t\u<^. Hieux renseigné que ne l'avaient ete ses prédécesseurs Lacépède, I'. Camper et (1. Cuvier, au sujet des iineuis de ces gig anlesques animaux , H. Fschrichl a pu se faire une idée plus exacte de différentes espèces propres aux régions boréales, el la baleine du Groenland a été «le sa pari l'objet de recherches appro- fondies. Les observations de Scoresby, recueillies dans les parages menu où se fait la pèche, ont été pour loi une source d'indications fécondes, si il ■ i ii la boooe fortune d'obtenir de M. Holboll, gouverneur du Groenland, plus iv INTRODUCTION. de matériaux relatifs à l'anatomie des Cétacés que n'en avait jusqu'alors réuni aucun zoologiste. Ces précieuses collections se seraient accrues bien davantage sans la mort de l'actif et intelligent naturaliste qui les recueillait avec tant de zèle ettant de dévoue- ment; mais M. Ilolboll a péri au milieu des banquises en retournant au Groen- land après être venu à Copenbague pour se reposer quelque temps de ses fatigues. Depuis lors la science a été privée des observations si exactes qu'il poursuivait ainsi que des objets en nature, squelettes d'âge et de sexes différents appartenant à toutes les espèces, préparations anatomiques conservées dans le sel ou placées avec soin dans l'alcool, etc., que M. Escbricbt recevait de lui, et qui ont fourni à ce savant le sujet de tant de curieuses remarques anatomiques. C'est grâce aux envois successifs faits par M. Holboll que plusieurs des grands musées de l'Europe ont pu s'enrichir de pièces relatives aux Cétacés du Nord, et c'est par la publication de toutes ces précieuses récoltes que M. Escbricbt a si heureusement contribué aux progrès de la science. G. Cuvier avait pensé que certaines parties des Cétacés, telles que leurs nageoires, changent de forme après la naissance, et que le nombre des vertèbres de ces ani- maux peut aussi varier avec l'âge. Un des plus curieux résultats des études entre- prises par M. Escbricbt a été de démontrer la ûxité des caractères propres à ces différents organes, en faisant voir que le squelette des fœtus, même lorsqu'il est encore cartilagineux, présente déjà, sous les rapports que nous venons d'envisager et sous d'autres encore, les traits que l'on retrouve chez les adultes. Malgré certai- nes modiGcations secondaires, inséparables des progrès de l'âge et que l'on constate dans les autres groupes d'animaux, chaque espèce de Cétacés peut donc être recon- nue quel que soit l'âge ou le sexe des sujets que Ton en observe. Ces données et celles qui avaient été réunies à des époques plus anciennes, sou- vent par des observateurs placés à des distances considérables les uns des autres, demandaient à être vérifiées et discutées avec soin; la publication des documents restés inédits était également désirable : aussi avons nous pensé que le moment était venu de reprendre dans son ensemble l'histoire des différentes familles de Cétacés. Tout en insistant sur l'ostéograpbie de ces animaux, qui est la seule base cer- taine sur laquelle on puisse faire reposer leur classification et la distinction de leurs INTRODUCTION » différentes espèces, nous ne négligerons point les autres côtés de leur histoire na- turelle. Les Cétacés, parmi lesquels prennent rang les plus volumineux de tous les mam- mifères, ne forment qu'une partie des espèces de cette classe auxquelles on a étendu la dénomination de Thalassothériens. Les phoques, souvent classés auprès dés carnivores, et les Sirénides, dont G. Cuvier faisait ses Cétacés herbivores, -ont aussi des animaux particuliers aux eaux marines el par conséquent des Thalasso- tbériens véritables; ils peuvent toutefois être facilement séparés des animaux dont dous nous occupons, bien qu'ils semblent constituer avec eux une série a pari dans la classe des mammifères. Les Cétacés ne quittent jamais l'eau, même pour accomplir les phénomènes de la parturilion; ce sont les plus aquatiques de tous les mammifères. Bien qu'on les ait souvent appelés du nom de souffleurs, ils ne lancent point un jet de liquide par les narines; c'est à la condensation de la vapeur d'eau mêlée à 1 air expulsé par leur respiration qu'est due cette apparence. Tous si' nourrissent de hiI>- Btances animales, plus particulièrement de poissons, de crustacés ou de mollus- ques, et la pâture des plusgros d'entre eux, celle des baleines par exemple . con- siste en espèces pélagiennes de très-petites dimensions. Les quantités considérabli - qu'ils en trouvent réunies dans les parages qui leur sont habituels compensent, il esl mu, la petitesse de ces animalcules, au nombre desquels il nous suffira de citer les clios et les cétochiles, les premiers du groupe desptéropodes, les seconds de< e lui des entomostracés. Quoique essentiellement nageurs, les Cétacés s'éloignent moin- qu'on ne le croit en général des continents et des iles. Quelques-uns suivent les grands courants océaniques, et la plupart sonl évidemment cantonnés dans leur répartition hydro- graphique; Us se contentent de varier dans certaines limites et «lune manière régulière leurs stations conformément à l'ordre îles saisons. Il existe des animaux de ce groupe bous toutes les latitudes, mais on ne peut sijjnaler qu'un peiit nombre de leurs espèces qui soient réellement cosmopo- lites; encore leurs représentants propres aux mers australes <>u au nord du Pacifi- que offrent-ils habituellement, lorsqu'on les compare avec ceux de l'Atlantique boréal ou tempéré, des différences qui pourraient a la rigueur être considén comme des différences spéciGques. vi INTRODUCTION. Par une exception remarquable, quelques Cétacés habitent les fleuves. On sait que le Marsouin remonte parfois à une hauteur considérable au delà des embou- chures, et le Plataniste ainsi que le Pontoporia ou Sténodelphe vivent l'un à l'en- trée de la Plata, l'autre dans les bouches du Gange. Il y a même des espèces qui ne quittent jamais les eaux douces. Tels sont les Inias et un petit nombre de Dauphins propres à l'Amazone ainsi qu'à ses affluents. Tous les Cétacés ont les mamelles au nombre de deux, placées de chaque côté de l'anus. Leur peau est nue ou garnie de quelques poils seulement; encore n'est- ce guère que chez les jeunes sujets ou les foetus qu'on en observe. Cependant le museau de l'inia en est couvert pendant toute la vie. La gestation est longue dans toutes les espèces, et chaque portée ne donne jamais qu'un seul petit. La forme en fuseau du corps des Cétacés, l'ample nageoire horizontale et de na- ture essentiellement fibreuse que porte la partie terminale de leur queue, la dis- position en rames natatoires dépourvues d'ongles de leurs nageoires antérieures, les seuls membres qu'ils possèdent, permettent de les distinguer à la première vue de tous les autres animaux. La présence presque constante d'une nageoire dor- sale et l'absence des membres postérieurs dont on ne voit extérieurement aucune trace complètent ce signalement, auquel on peut ajouter la disposition habituelle- ment uniforme du système dentaire et la condition uniradiculée des dents. Le corps a la forme d'un double cône allongé à bases réunies; sa surface est lisse, et le derme recouvre une épaisse couche de graisse qui s'oppose à la dé- perdition de sa chaleur propre en même temps qu'elle suffit en partie aux dépenses de la combustion respiratoire. Dans les mouvements, la queue donne à l'animal une impulsion considérable, et les nageoires thoraciques sont comme une paire de ba- lanciers destinés à lui conserver son équilibre au sein des eaux. Le nombre des espèces de ce groupe approche de deux cents, et de temps en temps on en découvre encore de nouvelles qui avaient échappé jusqu'alors aux investigations des naturalistes. INos mers si fréquentées qu'elles soient peuvent elles-mêmes en fournir. Témoin le Dioplodon européens, découvert il y a une vingtaine d'années à l'entrée de la Manche, et dont depuis lors il n'a été repris d'exemplaires sur aucun point du globe. Des espèces remarquables et qui servent de types à des genres particuliers n'ont elles-mêmes été observées qu'ac- cidentellement; plusieurs ne sont encore connues que par des pièces uni- INTRODUCTION. \n qu68 , comme le lîerardius Anuixii , le Dioplodun demirottri» et bon nombre d'autres. Aus^i ne saurait-on trop recommander aux navigateurs qui trouvent L'occasion de harponner de semblables animaux ou d'en recueillir des dépouilles même incomplètes, de les conserver lorsqu'ils leur paraissent offrir quelque intérêt scientifique, afin de les soumettre à L'examen des savants en Les déposant dans les collections publiques. Iii a deux grandes divisions naturelles qu'il est facile d'établir parmi les Cétacés, celle des Cétodontes ou Cétacés pourvus de dénis et sans fanons es! la plus nom- breuse en espèces el elle offre les caractères génériques les plus variés. Ses espèces arrivent à des dimensions très-diverses, el h les cachalots, qui en font partie, acquièrent le volume des baleines, d'autres sont d'une (aille déjà moindre, comme les Hypérodons, les Ziphius, les Orques ou les Globiocéphales, el il en est comme les Marsouins, les Néoméris, Les Pontoporia, etc., qui n'ont guère plus d'un mètre de longueur totale. Les Cétacés constituant l'autre grande division de cet cidre, sont les Uysticètes ou Cétacés à fanons, animaux toujours gigantesques, moins variés dans leurs caractères que les Cétodonles, el donl on ne connaît qu'un moindre nombre d'espèces. C'est par eux que nous commencerons la partie des- criptive de cet ouvrage. Les Cétodontes et les Mysticités n'ont pas uniquement fourni des espèces à la faune actuelle. Il en a aussi existé pendant la période tertiaire, cl nous trouvons des débris d'animaux appartenante l'un et à l'autre de ces deux groupes dans les dépôts pliocènes ainsi (pie dans ceux qu'on a appelés miocènes. H est vrai que les terrains antérieurs n'en ont pas encore fourni. Nous nous occuperons des < étacéa d esp< » i - fossiles aussi bien que de ceux qui habitent les mers actuelles, el nous ajoute- rons également des faits nouveaux aux détails que l'on a déjà publiés à leur égard. lui ce qui concerne les espèces vivantes, nous ne manquerons pas les oc< usions qui s'offriront à nous de donner, au sujet de leurs mœurs, de leur s\ n<>n\ mie el d< leur nomenclature, ainsi que de leur répartition hydrographique, des documents nouveaux qui compléteront ce que nous aurons dil relativement à leurs carac- tères anatomiques. A l'occasion , la capture des l étacés nous occupera également, puisqu elle jel te quelque lumière sur la manière de vivre de ces animaux, el nous apprend le parti que l'on tire de leurs fanons, de leurs dents, de leurs os el d< leur huile, on fournil de nouvelles d ies au i ommerce el à l'industrie. vin INTRODUCTION. Indépendamment des matériaux réunis à Paris et à Louvain, nous avons pu uti- liser pour cette publication ceux que l'on possède à Copenhague, à Londres, à Bruxelles, à Leyde, etc. Rien n'a été négligé pour rendre notre ouvrage utile aux naturalistes et aux navigateurs, et c'est avec confiance que nous le soumettons au jugement du public. Nous espérons qu'il ne sera pas indigne de la place que l'édi- teur du monument élevé à l'anatomie comparée par de Blainville, sous le titre A'Ostéographie des animaux vertébrés, lui a donnée à côté de l'œuvre entreprise par notre illustre maître. J. Van Beneden et Paul Gervais. OSTÉOGKAPHIK DES CÉTACÉS DU SQUELETTE DES CÉTACÉS EN GÉNÉRAL Le Cétacé est un mammifère qui vit dans l'eau, non comme le Phoque ou le Sirénien, qui prend librement ses ébats sur le rivage delà mer, mais comme le poisson qui échoue, quand une vague le jette sur la plage. De là résulte pour lui la nécessité d'avoir des narines s'onvrant à la partie la plus élevée «1 u corps; «les muscles ('-normes transformant la queue en appareil de locomotion; une épaissi couche de lard remplaçant partout les poils, pour conserver à l'animal bs chaleui propre; enfin toute une série de modifications se manifestant dans tout les appareils. Le corps des Cétacés est formé, comme celui des poissons, de deux cônes placés base à base, et dont la surface lisse permet de fendre aisément l'eau et de gl sseï rapidement dans cette atmosphère liquide. Il n'y a aucun organe qui fasse saillie a la surface du corp8 ; pas même les organes des sens. La quene Beule donne l'impulsion au corps eq battant l'eau à droite et à gau< U<-, 2 SQUELETTE DES CETACES. comme la rame unique qui fait avancer la chaloupe par le balancement «le la godille. Les nageoires antérieures ne sont que des balanciers aquatiques, qui ont pour unique emploi de tenir le corps en équilibre. C'est pour ce motif que le membre n'a pas d'autre articulation mobile que celle qui unit l'humérus à l'omoplate, et que tous les autres os sont plus ou moins aplatis. La nageoire caudale a une direction horizontale, pour battre l'eau de haut en bas quand l'animal vient à la surface, ou de bas en haut quand il veut s'enfoncer au fond de la mer. Le Cétacé, à cause de sa forme effilée aux deux bouts, n'a que des mouvements fort restreints dans ses diverses surfaces articulaires. Les os des Cétacés sont en général très-spongieux et fortement imprégnés de graisse. Il est difficile d'avoir des squelettes complets qui ne soient en partie gras. Ce sont les corps des vertèbres qui sont en général le plus spongieux. Les épiphyses restent ordinairement séparées fort longtemps. Les os n'ont pas de moelle, c'est-à-dire que les os longs sont pleins comme les autres. Sous ces rapports, comme sous tant d'autres, les os des Cétacés sont le plus éloignés possible des os d'oiseaux. Les os du crâne et ceux des membres sont presque tous unis par suture harmo- nique; la mandibule, les apophyses des vertèbres, l'humérus et la tète sont les seuls os qui s'articulent par diarthrose ; les phalanges des doigts sont unies par synchon- drose. Dans les Cétacés, les os chevauchent souvent les uns sur les autres ; ainsi, on voit les pariétaux des baleines glisser sur les interpariétaux, l'occipital ensuite chevaucher sur ces derniers, le maxillaire supérieur recouvrir en arrière le frontal (chez les cétodontes) cl l'intermaxillaire s'étaler sur le maxillaire dans une grande partie de sa longueur. Le défaut de symétrie, si commun parmi les Cétacés, n'est pas un fait acci- dentel, et qui sur;;it après la naissance; il existe déjà très-souvent dans le fœtus et principalement dans certains genres. Ce défaut se fait surtout remarquer dans les os qui entourent les fosses nasales, et c'est dans la famille des ziphioïdes qu'il arrive à son maximum. On voit souvent, en effet, les fosses nasales des ziphioïdes SQUELETTE DES CETACES 3 s'ouvrir sur le côté, et les os maxillaires, de même que les intermaxillaires, le \ orner et les os nasaux différer notablement à droite et à gauche. .M. Ilii\l<'\ a représenté une tète de fœtus de cachalot dans laquelle on voit déjà très-distinctement cette absence de symétrie. Ce n'est donc ni l'effet de l'âge, ni l'effet de la grande taille. Les intermaxillaires atteignent, de très-bonne heure, des hauteurs différentes autour des narines, et surplombent irrégulièrement les os propres du nez, qui sont complètement différents à droite et a gauche. De tous les Cétacés, ce sont les baleines qui ont les os les plus symétriques. Certains os sont constamment, non-seulement immobiles les uns sur les autres, mais complètement réunis; les vertèbres cervicales se trouvent, dans ce cas, chez un grand nombre de Cétacés. Cette réunion n'est pas non plus l'effet de l'âge, comme on l'a cru; elle a lieu déjà dans les cartilages mêmes, et on voit dois le Bquelette du fœtus tous les caractères ostéologiques de l'âge adulte. Burdach a dit avec raison : le cartilage forme une masse indivise lorsque plusieurs os se déve- loppent immobiles les uns sur les autres. C'est à tort que divers auteurs prétendent que toutes les pièces du squelette, qui naissent cartilagineuses, apparaissent tifa- rées, distinctes, et se soudent seulement plus tard dans le cours du développement, lorsqu'un seul os doit résulter de la réunion de plusieurs pièces homotypes. Les Cétacés nous montrent à la dernière évidence que certains os, à l'état os- seux mi à l'état cartilagineux quand ils passent par celte phase, sont ou libres ou sépaies des le moment de leur apparition, comme ils le seront pendant toute la vie on peut tire l'os des Cétacés dans leur cartilage. — C'est ainsi que l'importance d'un Bquelette d'embryon de cétacé, même en partie cartilagineux, est aussi grande, si pas plus grande, que le squelette osseux d'un animal adulte. TÊTE. La tète des Cétacés se dislingue de celle des autres ordres par le refoulement des narines, qui b' ouvrent près du sommet du crâne a la base des os maxillaires, ainsi que p.ii- le-in— ■- insdes, qui se dirigent directement de bas en haut on obliquement d arrière en avant, et par la place qu'occupent les yeux sur le côté de la léte, au dessous des nai im Ofl peut ;ijuiilri i|iie l,i l-'lc de- (dut- Se d isl i n;;ue ein me |i;ir h dilec lien '.! I I iculel' d'illl CÔté LVeC I'' temporal de 1*;MI f 1 • > 6 SQUELETTE DES CÉTACÉS. le maxillaire, et dont la nature serait aussi difficile à déterminer que celle du tem- poral, si l'on n'avait les rapports naturels pour se guider. Le lacrymal n'existe que dans un petit nombre de Cétacés, c'est-à-dire, dans les baleines et les ziphioïdes. — Il est logé entre le maxillaire et le frontal, au devant de l'orbite, et consiste dans une lame assez mince, plate et droite, un peu renflée en dehors, comme un coin entre ces deux os pour les tenir à distance. — 11 n'est jamais perforé, et si on n'était guidé par les rapports, on ne pourrait guère le reconnaître. On a déjà confondu ces os, quand ils étaient détachés, avec les os du bassin. M. Flower fait remarquer que les os lacrymaux du mysticetus, de la collection du Collège royal des chirurgiens, sont soudés aux os frontaux. Ayant reçu le squelette encore entouré de ses ligaments, ces os n'ont pas été perdus, comme on pourrait le supposer. Ils sont fort distincts et complètement séparés dans le mysti- cetus de Bruxelles et de Louvain. Les os nasaux sont fort remarquables, tant par la place qu'ils occupent que par la forme qu'ils affectent. — Les baleines ont ces deux os parfaitement symétriques, de forme rhomboïdale, et constituent, comme nous l'avons déjà dit, une véritable voûte au-dessus des fosses nasales comme dans la généralité des mammifères. Dans les cétodontes, ces os sont repoussés en arrière des narines, affectent une forme peu régulière, et ne contribuent en rien à la formation des fosses nasales : s'ils tombent, c'est à peine si l'on s'aperçoit qu'ils ont disparu. — Ils sont simple- ment placés au-dessus de la partie la plus reculée du maxillaire, près de la ligne médiane. Le basi sphénoïde ou sphénoïde postérieur s'articule, comme toujours, avec la portion basilaire de l'occipital, et porte deux ailes généralement assez grandes et fort distinctes, du moins relativement aux ailes du sphénoïde antérieur. A l'intérieur du crâne, la celle lurcique est très-faiblement indiquée et les trous pour le passage des nerfs maxillaires supérieurs et inférieurs se confondent. L'apophyse ptérigoïde externe esta peine indiquée. Le corps du sphénoïde postérieur se soude plutôt avec le corps basilaire de l'occipital, qu'avec le sphénoïde antérieur. Le corps des deux sphénoïdes est plein. Le presphénoïde ou sphénoïde antérieur consiste dans une pièce étendue en soi i 1 1 i ir in s i i.tacks. : largeur, montrant de chaque cote une large gouttière pour le passage «In rteri optique. Le corps du Bphénoïde est recouvert en bas et en avant par la lame du vomer. Il se comporte comme un grand os en V. Ij ethmoîdc se soude de bonne heurt 1 au Bphénoïde antérieur, dont il ne semble être qu'une dépendance, et sa portion terminale reste pendant toute la vie a l'état de cartilage dans la plupart des mysticètes et des cétodontes; on ne lui voit pas d'apophyse crùtagalli. — Cet os n'est ni plus spongieux ni plus délicat que les autres. — Il est distinctement percé d'orifices, même dans plusieurs cétodontes; par sa face inférieure, ou plutôt antérieure, il concourt à la formation des fosse- nasales en haut. 11 est souvent fort peu distinct à cause de sa coalescence avec le presphénoïde et le vomer. Le vom r est très-développé dans tous les animaux de ce groupe; il consiste dans une lame carénée, fort longue, qui prend son origine en arrière sous le sphénoïde antérieur, longe le cartilage du rostre dont il forme pour ainsi dire la doublure, et se termine en avant entre les maxillaires et les intermaxillaires. Le temporal, ou plutôt la portion écailleuse de cet os, occupe comme toujours 1 1 partie inférieure el latérale du crâne; il forme, comme dans les autres ordres, la fosse temporale qu'il limite en bas par son prolongement zygomatique, qui s'unit souvent en haut directement avec le frontal, en dessous avec le jugal. Le temporal présente toujours en arrière une surface glénoïde plane, pour s'ar- ticuler avec la mandibule; il laisse en dedans un espace pour le rocher, s'unit en avant avec l'aile du sphénoïde, en haut en avant avec le pariétal, en arrière? el au-dessus avec l'occipital. Nous trouvons un os mastoïdien distinct dans les miçroptérons. Partout ailleurs que dans ce adphioïde, l'occipital descend plus bas derrière le rocher que le temporal. Ici, comme ailleurs, le rocher justifie parfaitement son nom ; a l'étal fossile, on le prendrait pour un morceau de silex. Le rocher est ordinairement un os arrondi, un peu plus long que large, mon* liant les mêmes tuiliers «pie les rochers des mammifères terrestres et conservant souvent en place, même après une macération prolongée, l'osselet de l'étriei . Dei i i ère le trou ovale oo upé par la base 'le l'éti ier, on voit die/ tous la saillie qui , 01 8 SQUELETTE DES CETACES. respond au limaçon, et derrière le limaçon sont situés les canaux semi-circulaires. Le rocher est articulé par suture harmonique avec le tympanal dans les eéto- dontes, et soudé à cette même caisse dans les mysticètes. Dans le microptéron, comme dans le ziplrius indiens, le rocher ne s'unit pas avec la caisse du tympan, mais glisse par un talon assez large dans le mastoïdien avec lequel il s'articule. L'union entre le rocher, le tympanal et le mastoïdien est si intime dans les ziphius, qu'en secouant la caisse, on fait mouvoir le rocher et le mastoïdien en même temps (I). Le rocher et le tympanal occupent sur le côté, à la base du crâne, un espace dont les bords sont formés en dedans et en arrière par l'occipital, en dehors et en avant par le temporal. Dans les cétodontes, ces os ne tiennent au crâne que par des parties molles et tombent facilement pendant la macération ; chez les baleines, le rocher est muni de deux fortes apophyses : l'une se dirige en dehors et en arrière au-dessus de la suture qui unit le temporal à l'occipital dans une espèce de gout- tière, et cette apophyse s'adapte parfaitement à ces os dont elle prend la forme; c'est par suture écailleuse qu'elle s'unit. L'autre apophyse, plus courte, mais plus massive, se dirige en dedans et en avant pour s'articuler avec cette partie du temporal. Dans une mégaptera delà Nouvelle-Zélande cette apophyse a pris un tel dévelop- pement, que le docteur Gray a jugé bon de créer, à cause de cela, une espèce nou- velle pour la science (2). On trouve souvent le rocher et le tympanal séparés parmi les ossements fossiles, selets de I sont au nombre de trois, en laissanl de i ôté le lenticulaire ils sont parfaitement distincts ; le marteau est le plus volumineux et se soude à la caisse dans les mysticètes; la tète est très-grande et présente une double surface articulaire; l'enclume est moins grande et porte deux apophyses; les deux surfaces articulaires du marteau correspondent avec celle de l'enclume; l'etrier n'est pas toujours perforé et s'applique si bien à la fenêtre ovale qu'il est souvent dans une immobilité complète et ne se détache même que fort dillicilement. H ne présente jamais la délicatesse de l'etrier des autres mammifères et il esl toujours plus long que large. V intermaxillaire est très-développé chez tous les (.etaces : il s'étend d'avant en arrière le long du bord interne du maxillaire jusqu'autour des fosses nasales. Souvent, si pas toujours, il dépasse en avant les maxillaires. Quand il ne touche pas sur (aligne médiane celui du côté opposé, il forme le bord d'un long canal au fond duquel est logé le fort cartilage de Tethmoïde, qui continue en ivant le corps des vertèbres. — Ces os sont rarement symétriques, au moins dans les cétodontes, comme tous les os qui concourent à la formation des narines Les maxillaire» sont les os les plus volumineux de tout le squelette. Ils sont ordinairement étroits CD avant et élargis à leur base, cl celle portion élargie est tantôt dirigée d'arrière en avant, tantôt de dedans en dehors, tantôt d'avant en arrière. Chez les mysticètes, le maxillaire se prolonge en arrière au devant du frontal laissanl celui-ci à découvert; chez les cétodontes, le maxillaire recouvre le frontal et s'étend jusqu'à l'occipital. I -os maxillaires se réunissent au palais sur la ligne médiane, mais laissent, dan- l.i plupart desefpèces, un intervalle entre eux, sur une étendue plus «m moins grande, qui laisse percer le vomer et, quelquefois en avant, même l'infer- s. 10 SQUELETTE DES CÉTACÉS. maxillaire. On voit quelquefois le vomer au palais en deux endroits différents Le maxillaire concourt toujours, au moins en arrière et sur le côté, à la forma- tion du cadre des fosses nasales chez les cétodontes; chez les mysticètes les inter- maxillaires les en excluent. Les os maxillaires sont percés à leur base en haut d'un certain nombre de trous assez grands, qui correspondent au trou sous-orbi taire des autres ordres. Ces os n'ont point de sinus, pas plus que le frontal et les sphénoïdes. Les maxillaires logent les intermaxillaires entre eux, et avec eux et le vomer ils forment tout le rostre. Les platanistes ont des maxillaires qui s'élèvent au devant des narines et forment une voûte au-dessus de la base du rostre, qui affecte la forme d'un casque. Chez les hyperoodons, les maxillaires s'élèvent de même à la base du rostre, ayant l'air de servir à la protection des orifices des fosses nasales. Les palatins sont parfaitement distincts dans tous les Cétacés; ils prolongent le palais derrière les maxillaires, et derrière eux on voit les pterigoïdiens qui for- ment les bords des fosses nasales postérieures. Dans les baleines, ces os semblent simplement border ces orifices. Ils ont une part moins grande dans la formation du palais chez les cétodontes. Les pterigoïdiens sont toujours fort reconnaissables par la place qu'ils occupent : ils forment vraiment l'entonnoir des arrière-narines, et s'étendent parfois en avant jusqu'à l'orbite. Ce qu'ils offrent de plus remarquable, c'est qu'ils montrent un large sinus très-variable selon les genres, et qui est en communication directe avec la cavité de la trompe d'Eustache. Les pterigoïdiens forment en avant les parois d'une large trompe, qui établit \\x\o. communication directe entre l'oreille moyenne et les fosses nasales. C'est par cette voie que le son arrive directement à l'oreille des Cétacés. Le maxillaire inférieur est précédé du cartilage de Meckel, autour duquel il se développe et qui naît du premier arc branchial. Ce cartilage touche à celui du côté opposé, quand même les mandibules ne sont pas symphisées, et le lissu osseux apparaît directement en dehors du cartilage de Meckel. C'est un os autogenèse. Ce n'est doue pas un os, comme on l'a pensé, qui se développe paT plusieurs points d'ossification; il n'a qu'un seul noyau osseux. SQl III III DES CÉTACÉS il Le mu ni lu in iuf< rieur est double dans les mysticètes, simple e( uni par une sym- physe plus on moins longue dans les cétodontes. Les deux os sonl toujours complè- tement séparées et ne se touchent même pas au bout dans aucun mysticète. Les cétodontes ontgénéralemenl le maxillaire comprimé, en arrii re surtout, et fort élevé, avec une surface articulaire verticale, c'est-à-dire « 1< » n t le c rj le el le bord postérieur forment du angle droit avecle liorJ inférieur; il est arrondi, au contraire, dans les mysticètes, non comprimé, peu élevé, à surface articulaire plutôt supé- rieure que postérieure, el avec une apophyse i oronoïde placée assez loin en avant. Il y a toujours plusieurs trous mentonnière qui se succèdent dans les baleines; il n'y en a qu'un ou quelques-uns, en avant seulemenl chez les cétodontes. L'orifice postérieur du canal dentaire est toujours très-large el Bituéà côté du condyle dans les baleines ; dans les cétodontes, il est toujours situé beaucoup plus on ai i ii i et ouvert sur toute la hauteur. Indépendamment «les trous mentonnière, les mysticètes ont au maxillaire infé- rieur comme au supérieur une série de trous qui correspondent aux alvéoles des dents el qui rappellent la gouttière dentaire. L'oj hyoïde présente toujours la même composition: un corps au milieu, qui est, ou applati el étendu comme un bouclier, ou arrondi et courbé comme un os loir; ordinaire. Ce corps porte en arrière deux appendices qui se soudent de bonne heure, et qui restent toujours libres par l'autre boul ; ce sonl 1rs grandes cornes, l.n avant, deux autres appendices plus longs et plus forts, ne se soudent jamais au corps de l'hyoïde, et vont B'arliculer « la base du crâne en dehors de la caisse auditive ; ce sont les petites cornes, pour me sen ir des déno- minations reçues en anatomie descriptive. i . i orps el les i ornes, Burtoul les grandes, sont remarquables par leur applatis- semenl dans tous les ziphioïdi s. ■*■■■■■_ Les fanons représentent-ils les dents, anatomiquemenl parlant ' Quelques naturalistes paraissent partager encore cet avis puisqu'il j en a qui figurent ces organes à côté des dents des autres mammifères. — Cependant ces organes i t à noire a\is, rien de commun avec elles sous iu< nu rappoi t. Les fanons sonl des papilles cornées qu'on trouve à l'étal rudi- nient, me Hir le palais d'un grand nombre de mammifères, et qui prennent un développement extraordinain dans les mysticètes. 12 SQUELETTE DES CÉTACÉS. Deuts. Tous les Cétacés ont des dents, sinon à l'âge adulte, du moins à l'âge embryonnaire. — Geoffroy Saint-IIilaire a signalé leur présence dans un embryon de ôalœna mysticetus, Eschricbt dans la megaptera longimana et dans la ùalsenoptera rostrata. Ces dents des baleines ont les mêmes caractères que les dents des delphinidesen général, c'est-à-dire, que ce sont d'abord de simples godets ou des cônes placés sur la pulpe, dans l'épaisseur même des gencives. Ces dents sont toujours implantées dans des alvéoles, mais comme elles sont souvent serrées les unes contre les autres, les alvéoles ne sont pas toujours très- distinctes. Ces animaux possèdent les trois sortes de dents : quelques-uns conservent leurs incisives, tandis que d'autres, et c'est le plus grand nombre, les perdent; mais les incisives, comme les canines et les molaires, affectent une même forme. Les squalodons ont seuls parmi les Cétacés des incisives, des canines, des prémo- laires et des molaires de formes différentes ; les dernières ont même deux racines, ce qui ne se voit dans aucun autre Cétacé. A l'exception des ziphioïdes, les dents sont généralement en même nombre en dessus et en dessous, mais ce nombre est très-variable d'une espèce à l'autre. — Certains cétodontes en ont jusqu'à deux cent cinquante. Vinia semble avoir le nombre le plus élevé ; on en compte jusqu'à soixante-six et soixante-huit de chaque côté et à chaque mâchoire. Le delphinus longirostris de la mer Pacifique en a de cinquante-cinq à soixante de chaque côté. Les dauphins en général en ont de dix à trente; les ziphioïdes, à l'exception des physeter, n'en ont qu'une ou deux paires, et cela seulement au maxillaire infé- rieur. 11 y a des Cétacés qui perdent, à l'âge adulte, leurs molaires, comme d'autres leurs incisives et leurs canines , et on voit leurs alvéoles même parfois se combler. Les trois sortes de dents ont en général la même forme, mais cette forme n'est pas toujours conique : Vinia geoffrcnsis a des dents globuleuses à couronne fine- ment striée et une pointe au milieu ou un peu sur le côté; le Ponloporia Blainvillii H un collier à la base de sa couronne; le phocœna commuais a une couronne com- SQ1 BLETTE DBS CETACES 13 primée, et, dans le jeune âge, ces couronnes sont Latéralement imbriquées. A l'âg< adulte, et quand la couronne esl usée, ces dents ont une forme de massue; le aqua- todon a des dents molaires comprimées et a pointes étalées. Les dents des Cétacés sont toutes à une seule racine, sauf L'exception que nous as on-- déjà signalée dans les squalodons. I,i- dents ne diltcrent e;uère d'un Bexe a l'autre, si ce n'est dans les narvals, le micropteron et dans quelques ziphioîdes, eomme le cachalot 1 1 1. Les dents varient beaucoup en nombre, mais ce nombre n'augmente pas avec l'Age; il y a des Cétacés comme les hyperoodon qui n'ont qu'une ou deux paires de dents au bout du maxillaire inférieur ; d'autres, comme les micropteron, qui n'en ont qu'une paire nu milieu des maxillaires; les vrais ziphius n'ont également qu'une paire an bout au maxillaire. Dans le jeune âge; ces dents sont souvent rapprochées et se recouvrent même quelquefois les unes les autres, tandis qu'à l'âge adulte, elles sont toujours espacées. Les dent- de Cétacés ne croissent pas indéfiniment ; une fois formées, la racine s'épaissit et souvent, a un âge peu avancé, elles sont poussées, comme nous venons de le voir, de leurs alvéoles. Le monodon n'a qu'une seule dent en forme de défense au maxillaire supé- rieur; c'est la dent du côté jjauchc ; celle qui lui correspond est cachée dans L'os maxillaire. C'est le seul exemple d'asymétrie que l'on connaisse; ce n'est que la dent de fjauehe qui se développe, l'autre reste cachée. À Copenhague on possède, en outre, une dent qui forme des loin- île spire, comme le moule interne de certaines coquilles gastéropodes. Sur trente ou qua- rante tètes que le professeur Reinhardl a eu l'occasion d'examiner, il a toujours vu la défense à gauche. On possède quelques 1 létes avec deux dents également déve- loppées. Musée de Hambourg — Musée de Vrolik, à Amsterdam — Musée <]•■ ■ On prétend que le mal'' de c* belote vingt-sepl dente et le femelle *ingt-troU. L'on -ail du reele que, ■■■ •■ MiAmeecétacée il oxiete une grende différence entre lesdeui texei que le mâle eet beeu ppUu k raml qœ la femelle. 14 SQUELETTE DES CÉTACÉS. Christiania, Norwège — Musée de Vienne, Autriche — Musée de Copenhague). Ces dents sont toujours tournées dans le même sens de droite à gauche (I). Les Cétodontes conservent leurs dents pendant toute la vie, sans montrer jamais des dents de remplacement. — Il n'existe pas chez eux de véritables dents de lait. Quelques Cétacés ont bien des dents frappées d'arrêt de développement, comme les mysticètes ont des dents qui s'atrophient de bonne heure, mais ni les unes ni les autres ne méritent le nom de dents de lait. On ne peut baser la division des cétodontes sur les différences des dents, par la raison que ces organes se modifient, moins d'après le régime, que d'après des besoins particuliers ; malgré l'énorme canine, développée en défense dans les narvals, ces Cétacés ne peuvent être séparés des béluga, qui ont plusieurs dents aux deux mâchoires; ils sont rapprochés les uns des autres par l'ensemble de leur organisation, comme par leur genre de vie. Le narval est l'animal le plus polaire de tous les mammifères connus, et en quelques instants il peut être séparé de l'air par une forte couche de glace. Leur longue canine leur sert de brise-glace pour donner au besoin de l'air à leur famille. Une classification des Cétacés, basée uniquement sur les dents, serait peu natu- relle. Colonne vertébrale. La colonne vertébrale présente, dans les Cétacés , un aspect qui leur est propre, tant par sa courbure unique que par la disposition du corps des vertèbres et de leurs apophyses. — Ce sont les seuls mammifères qui n'aient pas de région sacrée distincte des régions lombaire et caudale. Toute colonne vertébrale de Cétacé, qu'on la regarde de profil ou de face, s'élargit vers le milieu du corps par le développement de ses apophyses épineuses et transverses. Le corps des vertèbres, toujours mince dans la région cervicale, s'épaissit insensiblement dans les régions dorsale et surtout lombaire, où il acquiert la plus grande épaisseur; jusque dans les premières caudales le corps continue encore à se développer, dans son diamètre antéro-poslérieur comme dans son dia- mètre vertical. (1) Reindhardl,noglcBenHrrkningcrom narlivalrnsSlikltand. Af naturhist. Vidcnsk.mcddclrlsrr for 1862. D'après Sir Evcrard Home elles restent cachées toutes les deux chez la femelle, et à droite seulement chez le mâle. SQ1 II ETTE DES CÉTACÉS. 18 Les dernières vertèbres qui Boni logées dans la nageoire caudale, affectent souvent la forme de disques, et leur volume diminue insensiblement ; li b dernièi es ne ressemblent plus ;;m«i c a des vertèbres. En général les corps vertébraux sont plus larges que hauts dans la région cer- vicale, .ui>-i liants que larges dans les régions dorsale el lombaire, el plus hauts que larges dans la région caudale el surtout dans les vertèbres moyennes de cette région. Les corps des vertèbres, à l'exception des deux premières, ont leurs deux races antérieure et postérieure planes; la dernière cervicale et les premières dorsales sont cependant, dans quelques cas, légèrement convexes en avant et concaves i n arrière. La Face inférieure de chaque vertèbre a sou contour régulièrement arrondi . saul dans les dernières vertèbres dorsales et les vertèbres lombaires qui sont ordinai- rement carénées. La lare supérieure, celle qui concourt à la formation du canal ver- hdiial. <•>! -oini'iii applatie ou même un peu concave el en gouttière. Les vertèbres dorsales présentent sur le bord antérieur de leurs corps une sur- face articulaire pour la tête des côtes, mais seulement dans les cétodontes. Cette mu lare articulaire manque chez ions les mysticètes. Le corps des vertèbres augmente, en général, de grosseur aussi bien d'arrière en avant que de haut en lias depuis la troisième cervicale jusqu'aux premières lombaires. Ainsi que nous l'avons dit, les épiphyses des vertèbres sonl séparées fort longtemps des centres ou corps vertébraux, a tel point que plusieurs natura- listes ont cru qu'elles restaient distinctes pendant toute la vie. Elles se soudent ( déjà complète. Il peut même y avoir une difféi ence ana- logue entre la face antérieure et la face postérieure d'une même vertèbre. Le canal vertébral varie beaucoup en hauteur comme en largeur selon lesdivi ra régions auxquelles appartiennent les vertèbres; il s'étend d'abord, en largeur, depuis lef premières jusqu'aux dernières cervicales, puis il gagne en hauteur 16 SQUELETTE DES CÉTACÉS. dans les premières dorsales. Dans ces dernières, il n'a plus que la moitié de la hauteur et de la largeur qu'il présente d'abord, et, dans la dernière moitié des caudales, on ne voit même plus de canal proprement dit. Ainsi il est d'abord plus large que haut, puis plus haut que large, et il conserve sa supériorité en hauteur jusqu'à la fin. ^-^Z^\ Le canal vertébral seul peut donc faire jr X reconnaître la région à laquelle la vertèbre // //' \\\ \\ appartient. // ! \ \\\ Les dernières cervicales, comme les pre- // f\ \ \\ mières dorsales, ont le canal vertébral le plus il / / \ \ ri spacieux; comme les cétacés n'ont que des ' \\V // \\ // membres antérieurs, la portion de la moelle r__^i_. ( i ) I I /// qui fournit les nerfs de ces membres est la plus XL — «-^ — l/r épaisse. Les trous de conjugaisons sont ex- \.e canalvertèbralin Micropleron Sowerbiensis dans les diverses . A . . . . . r , , , régions de la colonne vertébrale: a. Septième cervicale ;*. Pre- Iremement lai'geS (JailS tOUS lCS LetaœS. mière dorsale; c. Cinquième dorsale ; d. Dixième dorsale; e. Dixiè- me îomba.re; (. Qaatrième caudale. L es vertèbres des Cétacés sont articulées de manière à laisser un certain jeu entre elles sans danger pour la moelle épinière; l'animal flottant aies mouvements plus réguliers et moins saccadésque l'animal ter- restre, et il fait naturellement des efforts beaucoup moins considérables; il ne lui faut que des muscles comparativement faibles pour mettre les leviers en mouve- ment. Les mandibules des cachalots ou des baleines, que huit ou dix hommes peu- vent à peine porter, n'ont que des muscles très-faibles pour les soulever. Les apophyses épineuses, transverses et articulaires ont cela de particulier que les premières s'allongent et s'élargissent depuis la première dorsale jusqu'aux der- nières lombaires en s'inclinant toujours en arrière; que les apophyses transverses s'élargissent et s'allongent brusquement dans la région lombaire; que les apo- physes articulaires n'existent guère qu'à la région cervicale et aux premières dor- sales. Les apophyses accessoires, si caractéristiques des vertèbres des cétacés, consistent généralement en deux lames formant sur le bord antérieur des apophyses épineuses une coulisse pour l'apophyse épineuse de la vertèbre qui précède; on les trouve surtout dans la région dorsale et lombaire ainsi que dans les premières caudales. SQUELETTE DES Cl FACES 17 C'est dans la famille des ziphioïdes tjm^ nous voyons les apophyses épineuses 1rs plus développées ; c'est dans quelques myslicètes que 1rs apophyses transverses acquièrent le plus de longueur. Les os en Y ou en chewnns sont placés derrière la première caudale; ils portent généralement sur deux vertèbres. Los premiers sont souvent un peu plus petits que les autres, puis ils augmentent en volume pour diminuer de nouveau à partir de la cinquième ou de la sixième caudale; chaque os en V appartient à la vertèbre qui le précède. Nous voyons aussi quelquefois les premiers os en V prendre un grand dévelop- pement, se modifier dans leur forme et revêtir un aspect tout particulier; nous en voyons dans certains squelettes d'orques qui dépassent la longueur du corps de la vertèbre et prennent la forme d'un bamac échancré en avant et en arrière. Les drrnii'i • <>- en \ ne sont souvent représentés que par deux noyaux osseux juxtaposés. Le nombre de ces os varie d'une famille à l'autre. Nous en comptons onze à douze au minimum , ce qui se voit dans les Ziphiofdet et les Mas, et au maximum jusqu'à trente. Les lagénorbynques sont dans ce dernier cas. Ce nom- lire correspond alors au grand nombre de vertèbres dont se compose la colonne vertébrale de ces cétodontes. Nous nommons la vertèbre qui précède le premier os on Y la première vertèbre caudale, bien que d'autres auteurs la regardent comme la dernière lombaire. L'une et l'autre de ces déterminations sont d'ailleurs arbitraires, puisque dans ici tains mammifères terrestres il y a des vertèbres, entre le sacrum et les vertèbres caudales, qui sont caudales sans porter de ces os. La première qui suit le sacrum doit être la première caudale quand il existe un vrai bassin. Lu général les artères intercostales passent par le trou de conjugaison pour entrer directement dans le canal vertébral; mais, dans la région lombaire, ell< - r< a contrent les apophyses transverses, les contournent et les traversent plus loin dans la région caudale ; dans les dernières vertèbres elles B'élèvenl vertical) ment dans le corps de ces os, qui sont abus perforés de bas en haut de chaque <ùie. < in voit ces canaux se former, d'abord par la fusion des surfaces articulaires anté- rieures avec 1rs postérieures, puis par la disparition de la gouttière qui sépare le canal précédent de celui qui traverse la base de L'apophyse transverse; c!esl sui dernières vertèbres à os en chevrons .que cette transformation s'opère. lg SQUELETTE DES CETACES. Le nombre des vertèbres varie dans les diverses familles, mais il ne change point avec l'âge, comme on l'a cru pendant longtemps; la forme de cesosestdéjà recon- naissable dans le cartilage. La famille des ziphioides est celle qui en compte le moins ; il y a des espèces qui n'en ont que quarante-quatre en tout. Les lagénorbynques sont, comme nous l'avons déjà vu, les cétacés cbez lesquels on en compte le plus ; ils en ont jusqu'à quatre-vingt-dix et même Eschricbt en a compté quatre-vingt-quatorze. Les myslicètes ont un nombre variable de quarante-huit à soixante-six ; la OaUena mysticelus en a cinquante-quatre, la megaptera ùoops cinquante-trois, la ôalcnoplera rostrata quarante-huit. Nous avons vu toutefois un squelette à Bergen de cette espèce qui n'avait que quarante-quatre ou quarante-cinq vertèbres, et un autre qui en avait quarante-neuL Nous répétons de nouveau ici que, si la soudure des épiphyses est un effet de 1 âge, il n'en est pas de même de la fusion des vertèbres cervicales ; on voit déjà dans le cartilage du fœtus tous les caractères propres des os de l'adulte, et c'est pour ce motif qu'Eschricht recommandait surtout l'étude des fœtus. L'atlas est toujours formé d'un arc inférieur et d'un arc supérieur. Ce dernier porte ordinairement une apophyse épineuse plus ou moins développée. Il existe en outre, de chaque côté, une apophyse transverse. La surface articu- laire antérieure est toujours double et fort grande ; elle circonscrit le grand trou vertébral qui a ordinairement la forme d'un biscuit; souvent il est un peu plu* large en haut qu'en bas. On ne voit jamais en dedans de l'arc inférieur une surface articulaire pour l'apo- pbyse odontoide. J.a surface postérieure s'articule par la plus grande partie de son étendue avec l'axis, et il n'y a qu'une seule surface articulaire comme aux autres vertèbres. L'échancrure qui livre en avant passage à l'artère vertébrale est tantôt une sim- ple gouttière, tantôt un véritable trou dans lequel le vaisseau est parfaitement protégé. L'apophyse odontoide, quand les premières vertèbres sont libres, est toujours logée dans la partie inférieure du trou vertébral. L'axis est de toutes les vertèbres celle qui acquiert le plus grand développement <;[ qui fournit les caractères les plus importants. SQUELETTE DES CETACES 19 L'apopbyse odontoïdeesf moins développée que dans les mammifères terrestres, el consiste dans nn mamelon qui s'élève en avant et an peu m haut au milieu de la surface articulaire. Le canal oeural est comparativement fort petit. La face supérieure du corps de la vertèbre forme un plan incline qui descend d'arrière en avant et se termine par le mamelon de l'apophyse odontoïde. Celte vertèbre a une faillie apophyse épineuse supérieure ; mais, par contre, ses apophyses transverses sont ordinairement très-développées, et l'on voit l'apophyse transverse supérieure s'unir par le bout à l'apophyse transverse inférieure, de manière à former an milieu d'elles un large orifice. On a toutefois exagéré, «lait- ces derniers temps, l'importance des modifications des apophyses transverses de l'axis el des vertèbres suivantes. Le genre benedenia est tout simplement établi sur un jeune animal, qui diffère sous ce rapport légè- rement avec l'âge adulte. Si l'on prenait ces caractères an sérieux, les deux moi- nes du corps se rapporteraient parfois à <\v> genres différents. On semble perdre de vue que ces grands animaux présentent très-rarement les deux moitiés du corps semblables et qu'il doit y avoir, par conséquent, des différences assez considérables d'un individu a l'autre. Les antres vertèbres cervicales ont en général les apophyses épineuses supérieu- res peu développées , mais elles ont des apophyses transverses, supérieures et inférieures, qui parfois se soudent comme dans l'axis et forment un large canal de chaque côté. Souvent les apophyses transverses supérieures persistent seules, et les inférieures disparaissent. Les dernières cervicales se rapprochent sous ce rapport, i munie s,, us tant d'au- tres, des premières dorsales. < »n voil raremi ni dans deux individus de la même espèce ces apoptn ses égale- ment développées, et l'on ne les voit même passemblables des deux côtés du corps , souvent les anneaux sont plus avancés et plus complets à droite qu'à gauche. M. Flower fut mention d'un squelette dont la sixième Vertèbre cervicale présente un anneau complet d'un cote et incomplet de l'autre. Les Mil, lues dorsales ont leur arc neural incline en avant et elles ont toutes une apophyse transverse dirigée d'abord de bas en haut et d'arrière en avant, puis insensiblement de haut en bas et d'avant i a arrière, poui - articule! ave les i 61 20 SQUELETTE DES CÉTACÉS. Les dernières vertèbres de cette région ne portent plus, en général, qu'une apophyse transverse, partant du milieu du corps de la vertèbre et au bout de laquelle on ne voit plus que vaguement une surface articulaire proprement dite. Dans quelques cétacés, comme les byperoodons et les microptérons, on voit même vers le milieu de la région dorsale, à la septième vertèbre, que ce n'est pas l'apophyse transverse qui fournit en avant la surface articulaire des côtes, puisqur cette apophyse se montre au-dessous de l'autre et forme avec elle un canal véri- table (I). La plupart des vertèbres de cétodontes portent sur le bord postérieur et non sur le bord antérieur du corps la facette articulaire de la tète des côtes, qui manque dans les mysticèles. Chaque côte ne s'articule, par la tète, qu'avec une seule ver- tèbre (2). Les vertèbres lombaires se distinguent toujours par le grand développement de leurs apophyses transverses, qui prennent souvent une forme quadrilatère comme les apophyses épineuses; on les distingue aussi au grand volume de leurs corps. Souvent ces vertèbres ont la face inférieure carénée, et l'on voit dans quelques-unes les traces de l'artère intercostale qui s'élève obliquement vers le trou de conjugaison. Les vertèbres caudales ont toutes les apophyses de plus en plus petites, et elles finissent par disparaître dans les dernières qui sont logées dans la nageoire cau- dale (5). Les dernières n'ont plus aucun mouvement propre. La dernière vertèbre est souvent reconnaissable par sa surface articulaire unique et par sa forme triangulaire. Côte*. — Les côtes sont en nombre variable et diffèrent de forme selon la région et selon les espèces. (i) Sur un foetus à teri le globlceps de Loavain, on voit distinctement l'apophyse Iransverse des premières vertèbres dorsales naître de l'arc neural, et, dans les vertèbres suivantes, on voit ceth apophyse naître directement du corps sans passer del'une dans l'autre. Les apophyses trànsverses des premières dorsales n'ont pas la même signification que les apophyses trànsverses des dernières dorsales ri des lombaires. Z) Par cette mu race artii ulaire un peut (li>tinf, r iier la vertèbre dorsale d'un phoque, qui en a deux, d< celle d'un cétodontequi n'en a qu'une et enfin d'un mysticètequi n'en a pas. :i) C'est h tort, que Pander et D'Alton, dans leurs figures de cétacés, ne représentent pas de vertèbres dans toute la longueur de la nageoire caudale; il yen a jusqu'à l'êchancrure. 5QI BLETTE DBS CÉTACÉS il Leur nombre varie de neuf à quinze. Les premières sont toujours les plus larges et les pins courtes. Dans ions les cétodontes, les premières s'articulent par leur tubérosité avec les apophyses transverses et par leur tète avec le corps de la vertèbre qui la pirct'ile. Cette surface articulaire correspond toujours à l'apophyse transverse inférieure de la septième cervicale, comme si la portion cervicale de la pre- mière côte lui appartenait. Les dernières s'articulent., sans tète et sans col, aux apophyse- transverses. Dans les mysticèteSj l'articulation se fait uniquement parla tubérosité ; quand même il y a une tète plus ou moins distincte, elle n'aboutit pas jusqu'au corps de la vertèbre. Les côtes ont, par là, des mouvements beaucoup plus étendus. Dans les baleines, la première côte seule s'articule avec le sternum et sans intermédiaire de portion sternale. Dans les cétodontes plusieurs côtes s'articulent avec le sternum par l'intermé- diaire d'une portion sternale qui est cartilagineuse dans les ziphioïdes, osseuse ; mu- plus poreuse que les autres, dans le reste des cétodontes. Le nombre des côtes est assez constant ; toutefois, on voit des individus avoir une eôte et même deux de plus ou de moins que le nombre propre à l'espèce, et l'on observe même que ce nombre diffère quelquefois de droite à gauche I . Les côtes les plus longues sont celles qui limitent le tiers antérieur de la r.i\ ii< thoraciqne. Ceso- -uni, en général, plus aplatis dans les cétodontes, plus gros et plusarrondis dans les baleines. lue anomalie qui se présente assez souvent, c'est la bifurcation de la pre- mièrecôte, ou, si on aime mieux, la présence d'une côte supplémentaire complet* 00 incomplète au devant de la première. Nous avons vn une côte supplémentaire,, correspondanl a la septième cervicale dans un marsouin et dan- un dauphin commun (2); plusieurs mysticètes non- oui ! i spophy se transverse de la première lombaire se développe quelquefois par un | td'ossifi qui reste isolé du corps de l'os et constitue une sorte de côte surnuméraire pour la région loml (i) Un exemplaire de /ten r-MraU. m oonu; '. I evtUagiocaiit ttfttl linlil.l. SQUELETTE l>i:s CÉTACÉS Le nombre Je pièces qui entrent dans la compo^iiion «lu -t. i- num peut varier de une à cinq; c'est dans le micropleron que nous trouvons ce dernier nombre. Comme chaque pièce de sternum commence chez les céto- dontes par un double point d'ossification, on voit tantôt nue éebancrure tantôt un trou au milieu de ces pièces, mais ordinai- rement ces modifications s'effacent avec l'âge. Les pièces de droite et de gauche sont souvent fort peu symétriques: le micropteron, le itphiue et d'autres ziphioïdes nous en offrent de curieux exemples. Il n'\ a qu'une seule cote s'articulent directement avec le sternum, comme DOUS l'avons déjà dit, dans les mysticètes, tandis que, dans les cétodontes, il v en a toujours plusieurs. Le sternum varie souvent de forme d'a- près l'âge : ainsi, il est éehancré en avant chez les jeunes megaptera, troué chez les adolescents, et forme un \ rai bouclier chez les adultes. BMsta. — C'est par erreur que l'on a d'a- bord cru a l'existence d'un os médian dans le bassin des cétacés; les os de cette partie du squelette sont toujours pairs et placés parallèlement de chaque côté de la région pubienne sans se souder sur la ligne médiane. 1! y en a deux dans les cétodontes qui correspondent à Y Ischion ; leur volume varie sensiblement selon les sexes. Dans les megaptera, comme dans les baleines véritables, on trouve de chaque côté deux os, et dans la baleine franche, le profes- seur Reinhardt et Eschricht >nt même signalé trois dont deux représentent di - os de membres, un fémur assez développé et un tibia à l'état rodimi ntatre. Les balé- noptères n'ont que le fémur a leur bassin; M. Plower a signalé dernièrement ce si i ond os a l'état rudimentaire dans la ùaUenopU ru communia. Menant antérieurs. Les membres antérieurs, les seuls qui soient apparents et bien développés, présentent une grande uniformité dans leur composition les v •■ ri priMOUnt, 24 SQUELETTE DES CÉTACÉS. variations qu'on y remarque ne portent que sur leur longueur et leur forme, ou bien même sur le nombre des os du carpe et celui des phalanges. On sait que les cétacés sont les seuls mammifères dans lesquels le nombre des phalanges pour chaque doigt soit supérieur à trois. Omoplate. — L'omoplate est toujours fort élargie d'avant en arrière, et son épine est rarement bien développée. Cet os présente ordinairement deux apophyses qui semblent partir de son bord antérieur; la supérieure représente Xacromion, l'infé- rieure, le coracoïde. Ces deux apophyses varient beaucoup dans les divers groupes. Quelquefois l'une ou l'autre manque, ou bien elles font même parfois complètement défaut. La mégaptère du Cap et la baleine des antipodes sont dans ce cas. Dans les autres cé- tacés, elles sont, au contraire, toutes les deux très-développées, par exemple dans les Inias, les Bélugas, les Monodons et en général dans tous les animaux du même ordre qui ont les membres courts et larges. C'est quand les membres atteignent leur plus grande longueur que les apophyses présentent le moins de développement. Les mégaptères en sont la preuve. L'omoplate nous fournit donc des indications utiles pour la distinction des genres et des espèces. Humérus. — L'humérus est toujours fort court et très-massif; quelquefois il est a peine plus long que large. La tète de cet os reste distincte, et ses deux sur- faces d'articulations avec l'avant-bras le font toujours aisément reconnaître. Il est constamment plus court que le radius et le cubitus. L'humérus présente en dessus sa tète articulaire pourvu d'une grosse lubérosité, et en dessous une courbure convexe décomposable en deux surfaces plus ou moins planes corespondant au radius et au cubitus. La tubérosité est souvent presque aussi grande que la tête articulaire; c'est elle qui fournit les principaux points d'attache aux muscles de l'épaule: on y voit aboutir le sous-scapulairc, le petit rond, le sus-épineux et l'omoplato-hyoulien. Cette tubérosité est située du côté interne de l'humérus, contrairement à ce que l'on voit dans beaucoup de sque- lettes montés sans soins. Elle est plus forte dans les cétodontes que dans les myslicètes. Le bord antérieur ou inférieur de l'humérus est souvent droit, tandis que son bord postéiieur ou supérieur est souvent concave. SQUELETTE DES CÉTAI i S L'humérus se rétrécil ordinairemenl vers son milieu o( s'élargit ensuite vers les deux surfaces articulaires. Comme il n'y a pas de mouvement de l'avant-bras sur le I .f.i— . l'articulation est une synartbrose. Itw rt fcg— . — Le radius et le cubitus sont ordinairement aplatis dans toute leur longueur, et, comme nous l'avons déjà dit, ils sont plus longs que l'humérus. Le radiui est presque toujours plus large en dessous qu'en dessus, et la Burface articulaire supérieure rappelle plus ou moins la tète de cet os. Le radius a Bouvenl une largeur double de celle du cubitus. Le cubitus porte une apophyse olécrànienne située dans le même plan que le corps de l'os. L'olécràne est très-volumineux dans quelques cétodon tes ziphioïdes il est radimentaire ou presque nul dans quelques Delphinides comme l'Inia, le Narval et le Béluga. La face inférieure do radius correspond au radial et à l'intermédial ; la face inférieure du cubitus, au cubital et au même intermédial. Chez les baleines, ces os de l'avant-bras sont séparés du carpe par un large cartilage, et il n'y a pas de routait immédiat avec les os carpiens. («rite. Les os du carpe sont tres-variables quant à leur nombre et quant à leur volume; on compte habituellement trois os pour la première rangée et deux pour la seconde. Les Orques sont, de tous les Cétacés, ceux qui s'éloignent le plus du t\ pe ordinaire par l'étal radimentaire de leurs os carpiens. Le procarpe, c'est-à-dire la première rangée des os carpiens, comprend commu- nément trois de ces os parfaitement distincts les uns des autres, savoir : le radial, le cubital e\ {'intermédial qui correspondent, le premier au scaphoide, le second au scmiluuairr, le troisième au pyramidal. Le mésocarpe ou la seconde rangée en a communément deux : le deuxième earpale ou trapémfde, le troisième carpaL ou le grand os. Le premier et le quatrième manquent ordinairement. Il y a peu de céta- cés ayant, comme VHyperoodon, quatre os à la seconde rangée. Tous ces os ont des surfaces rugueuses, et leur texture est excessivement spon- gieuse ; comme ils n'ont pasde surface articulaire distincte et que leur Forme est peu arrêtée, on les distingue aisément de tous les autres os du squelette. Ils ont com- munément leurs côtés m (ci ne et externe aplatis et leur bord très-ii régulier I . (1) Gegenbanr, Untera, tur »erg1 Anat. dei Wirbelthiere Van Bambeke. sur le iquelelta de l'eilri mité antérieure de Hem. conronn parl'acad. roj <'■< I B*, 1. XVIII 26 SQUELETTE DES CÉTACÉS. Métacarpe. Il existe généralement, sinon toujours, cinq métacarpiens, que le nombre de doigts soit de cinq ou même de quatre. Les Cétacés ont au minimum quatre doigts; ce nombre est celui que l'on trouve le plus communément. Les vraies baleines en ont cinq. Le pouce disparait le premier et souvent il n'en reste que le métacarpien seul. Phalanges. C'est l'index qui possède le plus grand nombre de phalanges, du moins chez les cétodontes, où vient le médian et ensuite l'annulaire. On en compte, par exemple chez le grindewall treize à l'index, neuf au médian, trois au pouce, deux à l'annulaire et une seule au petit doigt. Chez les mysticètes, c'est le mé- dian qui parait en avoir le plus; nous en voyons, dans la baleine de Groenland, quatre au médian, trois à l'index et à l'annulaire et deux au petit doigt. Le pouce est représenté par le métacarpien seul. Le petit doigt ainsi que le pouce n'ont souvent qu'une seule phalange, encore est-elle presque toujours très-peu développée; l'index en a ordinairement cinq ou six, le médian quatre ou cinq et l'annulaire deux ou trois. Contrairement à ce que l'on voit dans les autres mammifères, le nombre de phalanges varie dans chaque doigt. La longueur extraordinaire des nageoires n'indique cependant pas toujours qu il existe un plus grand nombre de phalanges. Les mégaptères, par exemple, qui ont les nageoires excessivement développées n'ont pas plus de phalanges que les Cétacés en général. Quand ces phalanges sont longues comme dans les mégaptères, elles se rétré- cissent au milieu et prennent la forme d'un clepsidre. Elles sont plus longues sur un de leurs bords que sur l'autre, de manière qu'elles semblent obliquement tron- quées. Souvent, quand la phalange n'est que partiellement ossiflée dans sa longueur, le bord libre est concave, tandis que l'autre bord est convexe, et on voit alors des phalanges prendre la forme d'un croissant. On en trouve un curieux exemple dans les orques, qui ont toutes les phalanges fort larges et courtes. Ces os sont ordinairement sépares les uns des autres par de larges espaces carti- lagineux, et ces cartilages sont toujours plus gros que les phalanges elles-mêmes; ce qui donne un aspect noueux aux doigts. SQUELETTE DES CÉTACÉS Les caractères des phalanges se reconnaissent déjà dans le cartilage qui précèdi les os. Comme les épiphyses des vertèbres ne se soudent pas en même temps dans [< g divers ions dn corps, de même fcssi les épiphyses des os des membres ne se réunissent pas toutes à la lois. Les épiphyses supérieures du radius et du cubitus sont soudées avant les épipln ses inférieures, tandis qu'à l'humérus, c'est l'épiphl se inférieure qui se soude avant la supérieure. Lorsque toutes les épiphyses des os des membres ont déjà opéré leur réunion aux diaphyses, celles des vertèbres dor- sales et lombaires sont quelquefois encore séparées. DES MYSTICÈTES OU CETACKS \ FANONS Jusqu'à présent, on no connaît qu'une seule espèce de cétacé à fanons qui entre ilans la Méditerranée, et c'est celle qu'Aristote a nommée my sticetiu. La bouche de cet animal est garnie en dedans de poils semblables à des soies de co- chon, dit avec raison le philosophe naturaliste. Pline donne à ce même animal le nom de musrulus. Le premier naturaliste qui ait embrassé l'ensemble du règne animal, Linné, admet six espèces de baleines; mais comme le grand naturaliste avait dû se rap- porter aux observations souvent incomplètes des zoologistes et des voyageurs de son temps, il n'y a que deux de ces espèces qui soient véritablement reconnais- sablés, celle qui entre dans la Méditerranée et celle qui \ il au Spitzberg et au Gi oenland. I n des élevés de Linné, o. l'abricius, ayant eu L'occasion d'observer cea ani- maux en vie pendant son séjour au Groenland, a parfaitemenl connu les espèces de cea p ir iges; mais, trop confiant dans L'autorité du maître, il a adopté lea noms donnés \< ir ce dernier et a ainsi contribué à embrouiller la tn oonj nue. Le boont de F.ibrieiu- <-i le megaptera (keporkak), le rostrata est la ùalsenoptera rostrata ou minot dea auteurs modernes, et non pas le rostrata de Linné; c'est à tort qui l on i pris le boopi de Fabricius pour un jeune animal. 30 SQUELETTE DES CÉTACÉS. Cuvier a fort bien compris ces animaux, si l'on considère le peu de matériaux qu'il a eus à sa disposition : il admet trois sous-genres, les baleines propres, les finnfisch ou giùùars et les rorquals; mais c'est à peine, ajoute-t-il, si l'existence du deuxième sous-genre est suffisamment constatée (I). Ce sont les trois divisions génériques que tous les cétologues admettent aujour- d'hui. Quant aux espèces, Cuvier est parvenu à en distinguer cinq : le mysticète du Groenland, d'après la tête du British Muséum, la baleine du Cap et le rorqual du Cap, que Lalande avait rapportés, le rorqual du Nord et le rorqual de la Méditerranée. Cuvier ne savait pas que les os à l'état de cartilage présentent déjà tous leurs caractères propres, et que les vertèbres ne se soudent pas plus entre elles qu'elles n'augmentent en nombre avec l'âge. C'est le grand mérite d'Eschricht d'avoir démontré ces faits. De tous les naturalistes, c'est Eschricht qui a le plus contribué à éclaircir l'his- toire de ces grands mammifères, et le savant professeur de Copenhague a tiré un grand parti des nombreux matériaux qu'il a eus entre les mains. Le premier, il a annoncé que le squelette de l'adulte existe en miniature à l'état de cartilage dans le fœtus. Il est à regretter qu'il n'ait pu achever l'ouvrage dont il avait commencé la publication à Paris. Le docteur Gray a tâché de coordonner les nombreux matériaux qui sont aujour- d'hui réunis dans les divers musées, et il a établi plusieurs espèces et un grand nombre de genres dans les trois divisions proposées par Cuvier. Parmi les savants qui ont puissamment contribué à élucider l'histoire des mys- licètes, nous devons citer surtout M. Rcinhardt, professeur à Copenhague, et M. Flower, directeur du beau Musée du collège royal des chirurgiens à Londres. M. Lilljeborg a également contribué à l'avancement de celte partie des sciences naturelles par diverses publications importantes. Nous pouvons résumer ainsi les caractères des cétacés à fanons ou mysticètes : Ils ont des fanons au palais et n'ont de dents qu'au premier âge embryonnaire. Leurs narines sont à orifice double. (1) Cuvier, en établissant trois sous-genres dans les baleines, failli tort une différence entre fînnfiscli elrorqual, et c'est par erreur qu'il donne comme caractère au sous-genre Ae&gibbars, une nageoire sur le dos ri pas de plis sons la gorge ; la gorge dis gibbars, est cannelée de plis comme celle des rorquals, et au lieu d'une nageoire les gibbars ont une bosse sur le dos. SQ1 ELI rTE DES CÉTACÉS 31 l.ntrs mandibules oumaxiltaires inférieurs sont fortement courbés, bombés h leur surfaa externe, complètement séparés F un de (autre en avant, montrant un sillon à la ptaa fossiles depuis le mioeone ; les baleines sans nageoire dorsale ont paru après les autres el paraissent avoir été partout moins nom- breuses. Les mysticètes sont répartis en trois genres ; balœna, megaptera el baUenoptera. Le premier n'a pas de nageoire dorsale ; le seconda une bosse au lieu de nageoire le troisième a une nageoire dorsale comme les dauphins. uni, BAI l M MYST1I l fBS Du ( à bosse, MEGAPTERA ■ nag i i \i i NOPTI RA GENRE BAL^ENA Ce genre comprend les cétacés que l'on désigne communément sous le nom de baleines franches ; on peut les caractériser ainsi : Le dos est uni et ne porte ni nageoire ni loupe de graisse; il n'existe de plis ni sous la gorge ni sous le ventre. La tète forme le quart ou le tiers de la longueur totale du corps ; la lèvre inférieure s'élève verticalement à une grande hauteur pour couvrir les fanons; le rostre est fortement argué, et les fanons sont très-longs ; ceux du milieu ont plus de la moitié de la longueur du rostre, et ils laissent en avant, sur la ligne médiane, un espace entre eux. Les mandibules sont très-allongées et grêles en avant, montrant à l'extrémité libre un large sillon ; l'apophyse coronoïde est peu déve- loppée ; les vertèbres cervicales sont toutes soudées ; l'omoplate est peu développée d'avant en arrière et porte communément une large apophyse coracoïde ainsi qu'un acromion ; les côtes n'ont jamais une double surface articulaire ; les premières n'ont ni col ni tête; celtes du milieu ont un col rudimentaire, mais la tête n'atteint pas le corps de la vertèbre ; les dernières s'articulent directement par la tète seule aux apo- physes transverses : le sternum, toujours large, a la forme de bouclier et est formé d'une seule pièce ; les nageoires pectorales sont courtes, tronquées et fort étendues en largeur. La nourriture des baleines véritables consiste en mollusques et en crustacés de petite taille. Ed général, les baleines ne vivent pas par bandes comme les cétodontes ; elles se réunissent par couple et on en capture autant de l'un que de l'autre sexe. Tou- tefois, comme les femelles se rapprochent plus régulièrement des côtes, on prend, dans certains parages, plus facilement les femelles que les mâles. C'est ce que l'on voit au cap dp Bon ne-Espérance comme à la Nouvelle-Zélande , SQUELETTE [>ES CETACES. Î3 les lamelles entrent dans les baies, disent les baleiniers, tandis que les mâles se tiennent à distance. An Spitzbeig, on voit le contraire : sur cent-vingt-quatre baleines, Scoresb] a compté soixante-dix mâles, ce qui provient sans doute de i e que la poche se lail an Nord plus au large que dans d'autres parages. I est une erreur généralement répandue que le narval est L'ennemi de la baleine ; i es animaux vivent au contraire en lionne intelligence avec elle. Les pêcheurs, en entrant dans les saux des baleines, se rejouissent de leur présence, dit Snoresby. C'est l'Orque qui est l'ennemi de ces grands cétacés, A combien se réduit le nombre d'espèces admises par les baleiniers, les mar- chands de fanons et les naturalises ? lin prenant en considération l'expérience des premiers, les connaissances des seconds et l'étude des derniers, il y aurait en tout i un], peut-être six espèces vivantes bien établies, trois dans l'hémisphère boréal. deux ou trois dans L'hémisphère austral. Les baleines vérifcbles n'appartiennent qu'aux régions polaires et tempérées des deux hémisphères ; elles ne passent jamais la ligne équatoriale. lu nord on trouve la baleine mysticité, a l'ouest comme a l'est du Groenland, au Spitzberg et au détruit de Behring, depuis le |B" degré jusqu'au 7S 1 ' ; une seconde espèce, la baleine des basques, vit dans les régions tempérées de L'Atlantique, Be répand dans toute la Largeur decette mer et habite depuis le '.0' jusqu'au 65' degjé ; une (roipième espèce de l'hémisphère boréal habite le pacifique depuis le 15* jusqu'au 60* degré; c'est elle qui est l'objet principal de la pèche actuelle, au sud des Lies Méoutiennes: c'est [&baUenaJaponica. Dans l'hémisphère austral, la baleine du cap, bahvna australis passe du Brésil au cap de Bonne-Espérance, s'étendani depuis le 25' degré jusqu'au ()0°. La secopde espèce de l'hémisphère austral est La baUena antipodarum, que les pécheurs anglais ont poursuivie avec tant d ardeur dans ces derniers temps, et qui parait périodiquement sur la côte est de la Nouvelle- Zélande. Il parait que cette espèce se répand depuis le 50 e jusqu au 55' degré. Enfin entre le cap du Bonne-Espérance et la Nouvelle-Hollande habite une baleine connue des baleiniers sous le nom commun de black-whale, mais dont les carai tères ne sont pas connus des zoologistes. — On n'en trouve des i>- dans aucun mu- tée, — Cette baleine forme probablement une espèce particulière qui complète |es zones de L'hémisphère austral. Outre ces espèces qui sont, nous l'avouons, bien loin d'être toutes définitiVf 34 SQUELETTE DES CÉTACÉS. ment établies, le docteur Gray en mentionne encore quatre autres dont il sera fait mention plus loin; ces espèces sont : la ùalœna temminckii , du cap de Bonne- Kspérance, la ôalœna marginata, des côtes de l'Australie, la balœna nodosa, le Serug- Whale de Dudley de la côte de l'Amérique du Nord, et la baUena cisarctica , le blaek- whale des baleiniers de la côte est des États-Unis d'Amérique. A l'exception de la baleine du Groenland, les espèces que nous admettons oc- cupent à peu près la même latitude dans les deux hémisphères, et si l'on figure sur une carie les régions qu'elles habitent, l'on obtient un plan semblable à celui du commandant Maury, représentant les zones de calme à côté des zones des vents. 11 existe de vraies baleines fossiles, mais plusieurs ossements ont été à diverses reprises considérés à tort comme tels. Nous avons reconnu de vraies baleines dans le crag à Anvers, quoique le plus grand nombre d'ossements de cétacés qu'on y trouve provienne de baleines à nageoire dorsale. Y a-t-il lieu d'établir des genres parmi les baleines véritables ? Trouve-t-on une différence organique suffisante pour justifier l'établissement de coupes génériques? Il existe des affinités plus grandes entre les baleines des régions tempérées, même des deux hémisphères, qu'entre celles-ci et la baleine du Groenland, mais ces diffé- rences ne portent guère que sur la proportion relative de la tète, les caractères des fanons et la courbure du rostre, et nous ne les croyons pas suffisantes pour réta- blissement de genres. Nous avons fait faire la coupe de la région cervicale de la baleine australe, et c'est à peine si l'ou trouve une différence avec la coupe de mysticetus de Groenland, publiée par M. Flower; il en est de même de la cavité crânienne et par conséquent du cerveau qu'elle loge. Les megaptera et les buhcnop- tera diffèrent notablement sous ces deux rapports des balaena. BAL.KNA AUSTRALIS (Pi.. I et II.) Les premières notions positives sur cette baleine, que les pêcheurs hollandais confondaient avec leurnordkaper, sont dues à de Lalande, qui a rapporté du Cap eE ix|',». un squelette de femelle adulte et un squelette d'un jeune, qui sont conservi - h.us les dera an muséum de Paris. C'est sur ces pièces que Cuvier a établi la ba- leine du Cap. [Te grand zoologiste do muséum avait reçu par Laurillard un dessin de la tête de la baleine du Groenland du British Muséum, qui lui a servi de point de comparaison. Baleine du cap, Cuvier, Recherches sur les ossements fossiles, vol. V. — Batœna atutralis, Desmouline, Met. class., art. Baleine. — Bahena australis, Temm., fauna Japon., t. 2x et 28. — Balsena myeticetui antaretica, Schlegel, ibhand; 1844, 57. EnbaUena s4Mra7t« ? Flower, unies t i elui de la baleine h rentre plissé {megaplera , et le second s'est trouvé an très-jeune individu appartenant . omme le plut grand, s la baleine franche. J en avais encore préparé deui autres, ajoute-t-il ; mais i qu'ils étaient presque terminés, le vent les jeta k la mer. Précit Eubalema australis? Notés m Uu ikeletont noi 1861, et i re nom àt Hunterius ZVmmnicJrri, par le docteur Cray, Catai • i- M i< SQUELETTE DES CÉTACÉS. ainsi dire des baleines moins bien épanouies que la baleine du Groenland, c'est-à- dire, qu'elles sont moins éloignées que les baleines franches de l'état embryon- naire. Comme dans les vraies baleines, les intermaxillaires contribuent pour une large part à la formation du rostre, et ils forment seuls toute son extrémité antérieure; ils passent en arrière jusqu'au frontal, enveloppant les os propres du nez. Les inter- maxillaires s'écartent fortement l'un de l'autre au devant de ces os du nez pour former les narines, autrement dit les évents. Les maxillaires sont formés d'une partie longiludinale, au milieu de laquelle on voit au palais en arrière le vomer; puis d'une partie transversale qui se dirige en dehors et d'avant en arrière le long du frontal. — Cette branche latérale est moins longue et moins dirigée en arrière que dans les baleines du Nord. — Ici encore la disposition est plus fœtale que dans les baleines du Groenland. Les os du nez ont une forme rhomboïdale et constituent, comme dans les autres mammifères en général, la voûte des fosses nasales; ils sont régulièrement enclavés entre les frontaux et les intermaxillaires. M. Flower fait remarquer la largeur excessive et la brièveté de ces os dans le squelette de Leyde; il en donne la figure à côté des os nasaux des autres baleines. Le vomer est très-développé, s'étend en arrière jusqu'au-dessous du sphénoïde antérieur, et se termine en avant non loin du bout du rostre, en formant une vraie gouttière dans toute sa longueur. Le palatin est très-large , situé fort loin en arrière , et s'étend en avant entre le maxillaire et le vomer. Le ptérigoïdien ne se montre à la base du crâne que comme un cercle entourant le bord postérieur du palatin. Le frontal est remarquable par son grand développement en largeur; il ne forme qu'une bande entre le pariétal et le maxillaire, s'élargissantun peu en se dirigeant en arrière pour former la voûte de l'orbite. I.c lacrymal sous la forme d'une lame mince, un peu plus gros au bout externe qu'au bout interne, est situé au devant de l'orbite dans l'espace laissé entre le frontal et l'extrémité postérieure du maxillaire. Cet os manque dans la tète adulle •lu musée de Leyde et dans la tète du jeune. Le jugal dans toutes les baleines est très-court, comparativement fort pelit, el SOI El Kl il: DES CÉTACÉS. 39 forme une faible partie des parois latérales du crâne. — Il est soude de bonne heure à l'occipital. L'occipital est celui îles os qui prend le plus de développement ; il forme toute la partie supérieure de la boite crânienne; c'est comme un bouclier qui protège la surface des hémisphères. La portion du temporal qui correspond à la partie squainmeuse et glénoïdale ea( aussi très-volumineuse; elle s'étend fort loin en dehors et en arriére, pour former la surface articulaire qui reçoit la tète de la mandibule. Là caisse tympanique est unie au rocher comme dans toutes les vraies baleines et, a l'aide de deux fortes apophyses, l'une qui se dirige de dedans en dehors, l'autre d'arrière en avant et un peu en dedans, le rocher est solidement fixé à la base du crâne. Le marteau est uni au bord de la caisse; c'est le plus volumineux des trois Osselets de l'ouïe ; l'enclume s'unit au ['recèdent par une double surface articulaire. I. etricr > -t as.-e/ Ion;;, et dans lejcuue âge au moins il est perce. Il existe plusieurs caisses tympan iques de l'hémisphère austral au Muséum d'his- toire naturelle de Paris, qui diffèrent notablement entre elles, niais sur l'origine desquelles 00 ne possède malheureusement pas de renseignements précis. Le corps de l'os hyoïde est allongé, arrondi, légèrement échanerc d'arrière en avant sur la ligne médiane avec deux cornes assez grêles qui s'attachent au tem- poral. Il manque dans la squelette du jeune animal du musée de Leyde. — Nous le trouvons dans le jeune et dans l'adulte du musée de Taris. Les vertèbres sont au nombre de cinquante-huit ou cinquante-neuf, réparties de la manière suivante: sept cervicales, quinze dorsales, dix lombaires et vingt-sept < tudales. Nous considérons comme première caudale la vertèbre qui précède le premier os en chevron. On compte dans le squelette du jeune animal du musée de Leyde cinquante-sept ou cinquante-huit vertèbres. M. \\ 11 v, ick 11 a reconnu dans une femelle adulte capturée à l'aise li.iy que cin- quante-deux vertèbres, mais il est probable que les dernières son! restées log< dan- la nageoire i audale. L'atlas, l'axis ci Us autres vertèbres de la région carvicale sont unis ensemble par leur ( orps, et toutes les apophyses épineuses sonl Boudées en one< réte unique. Kj SQUELETTE DES CÉTACÉS. La septième est seule distincte des autres par le corps sans cependant en être complètement séparée. Les cinq premières sont seules soudées dans le squelette du musée de Leyde. Les apophyses transverses supérieures des trois premières vertèbres sont unies entre elles dans le squelette du muséum de Paris; les suivantes sont soudées égale- ment, tout en montrant distinctement par l'espace qui les sépare, tout ce qui se rattache à chacune d'elles. La dernière de ces apophyses est la plus développée, et s'avance en avant jusqu'à l'axis. Les apophyses transverses inférieures diffèrent beaucoup de celles de la ùalu-na antipodarum; dans la balœna australis on ne voit aucune trace de leur présence aux quatre dernières vertèbres. Nous avons fait faire la coupe de la région cervicale que nous possédons à Lou- vain et la ressemblance avec la coupe du mysticetus donnée par M. Flover est fort grande, comme nous l'avons dit plus haut. Il n'y a de différence que dans la sépa- ration de l'arc neural en haut chez le mysticetus (I), dans la réunion complète de l'atlas avec l'axis dans l'australis et dans les traces de séparation du corps de la septième vertèbre; dans l'un comme dans l'autre cas, la face postérieure du corps de la septième vertèbre est concave ce qui correspond à la surface convexe de la première dorsale. L'atlas présente en avant, comme celui de mysticetus entre les deux condvles, à l'entrée du canal vertébral, une cavité peu profonde qui corres- pond au ligament de l'apophyse odontoide de l'axis. Il y a quinze vertèbres dorsales; le corps de chaque vertèbre augmente en épais- seur et en hauteur à mesure que l'on s'éloigne de la région cervicale, et cette aug- mentation continue jusqu'au commencement de la région caudale. Le corps des vertèbres croît encore en hauteur quand leur diamètre antéro- postérieur diminue. De la cinquième lombaire aux premières caudales le diamètre vertical est le plus fort. Les apophyses épineuses supérieures sont dirigées d'arrière en avant dans les cinq premières dorsales, d'avant en arrière au contraire dans les autres, et elles s'inclinent de plus en plus à mesure que l'on approche de la région lombaire. Cette apophyse esta peu près verticale dans la sixième dorsale. ,\ Dans le mysticetus de J.ouvain celle séparti.on nV*iste même pa*. SQUELETTE I>i:s CÉTAI l S il l.«-s vertèbres de la région dorsale sont au nombre de quinze, comme le montre le squelette du jeune animal du muséum qui a toutes les cotes encore en place. Nous trouvons ce même nombre dans le squelette du jeune animal du musée de l.eydc. Les apophvses transverscs naissent des premières vert, lues dorsales au milieu de l'arc ncural ; mais, dans les cinq dernières, elles s'elevent plutôt du milieu du corps lui-même, surtout les dernières. On voit dans le squelette du jeune animal du muséum, que les apophyses trans- verses des cinq dernières dorsales naissent comme chez l'adulte du corps de la vertèbre, tandis que les autres proviennent distinctement de l'are neural : ces apo- physes, tout en donnant également insertion aux côtes, oe sont cependant pas de même origine; les dernières cotes sont comme les première- sans col et sans tète. Cette distinction entre l'origine des apophyses est d'autant plus facile a faire dans ce jeune squelette, que l'are neural est encore complètement sépare dans le? diverses régions du corps. Les apophyses épineuses de la jeune Haleine sont comparativement larges d'avant en arrière et ne sont point aussi inclinées qu'à l 'âge adulte. Les vertèbres de la région lombaire sont au nombre de dix et se distinguent toutes par le grand développement du corps et la longueur des apophyses transver- ses. « i - apophyses sont toutes situées, à l'exception des deux ou trois premières, qui descendent insensiblement plus bas, vers le milieu du corps. Dans la région dorsale elles partent de la base du cerceau et se dirigent obliquement de bas en haut et de dedans en dehors. Le corps de ces vertèbres se dislingue ('gaiement par la crête qu il porte en dessous sur la ligne médiane, crête qui devient de plus en plus forte, a mesure que l'on avance vers la queue. Le corps des vertèbres est, au contraire, parfaite- ment arrondi a la région dorsale. La jeune baleine nous montre une diffé- rence de direction dans les apophyses transverses entre la quatrième et la cin- quième lombaire : les premières se dirigent d'avant en arrière, le> suivantes d'arrière en avant. Ces apophyses diminuenl en longueur depuis la dernière dorsale. La ngion caudale a vingt-sept vertèbres dont les seize premières portent un os 6 42 SQUELETTE DES CÉTACÉS. en chevron. Il n'y a que neuf vertèbres à chevrons dans le squelette de Leyde; mais ce squelette n'est évidemment pas complet. La cinquième vertèbre de cette région est une des plus fortes pour le développe- ment du corps, et pour la grandeur de l'os en Y. Les apophyses transverses de cette vertèbre sont horizontales et n'ont plus que la moitié du diamètre du corps. L'apophyse épineuse, y compris l'arc neural, a presque la longueur du diamètre vertical du corps. Il y a onze vertèbres qui n'ont pas d'os en V, et à peu près autant, qui n'ont plus d'apophyses; ce sont ces vertèbres qui sont logées dans l'épaisseur de la nageoire caudale. Les vertèbres à chevron ont des surfaces articulaires en avant et en arrière, mais ce sont toujours les surfaces postérieures qui sont le plus développées. Les apophyses qui fournissent ces surfaces se rapprochent de plus en plus d'avant en arrière et se réunissent dans les quatorze dernières caudales en formant une gouttière autour de l'artère spinale. A commencer de la neuvième caudale, l'artère spinale au lieu de contourner l'apophyse transverse, la traverse directement de bas en haut, et le trou par où elle pénètre parait sur le côté depuis la neuvième vertèbre jusqu'à la quatorzième. Les côtes sont au nombre de quinze. Il ne peut y avoir de doute au sujet de ce nombre puisque nous voyons au muséum de Paris toutes les pièces en place dans le jeune squelette. Depuis la première jusqu'à la septième, elles croissent rapide- ment en longueur puis diminuent insensiblement jusqu'à la dernière. Les cinq dernières côtes sont incomplètes, en ce sens, qu'elles n'ont pas de portion cervicale; les autres possèdent au contraire ce prolongement; mais dans aucune d'elles il n'atteint la longueur de l'apophyse transverse, de manière que les côtes ne peuvent s'articuler, comme on le voit du reste dans les autres mysticètes, avec le corps des vertèbres. Le col et la tète manquent du reste également aux premières côtes. Dans le jeune âge tous ces os ont à peu près le même diamètre dans toute leur largeur, tandis qu'à L'âge adulte les premières et surtout la première s'élargissent considérablement. Dans la femelle adulte rapportée par de Lalande, la première côte de droite montre un large trou près du bord antérieur. Dans la baleine australe du musée de Leyde, la première côte est biceps et s'articule avec les deux premières SQI II II II hl S i II .\t ES U dorsales. H esi plus probable, comme le fait remarquer M. Flower, que cette première côte B'articule avec [a dernière cervicale et la première dorsale. C'est ce que l'on voit du reste chaque lois que la première côte est double. Cette bifurcation de ta première côte a déterminé M. le docteur Gray à l'aire delà baleine conservée au musée de Leyde le type d'une espèce distincte, qa il a plus tord érigé en genre, sous le nom de llunterius Temminckh. Celte première côte, qui n'est pas plus large en bas qu'en liant dans le squelette du jeune animal du muséum de Taris esl an contraire très large es bas, chez l'animal adulte, el embrasse presque toute la bauteur du sternum. La seconde côte se lait remarquer également, dans le Bquelette de Leyde, par son épaisseur e( sa largeur à bod extrémité inférieure. Nous ne connaissons pas, dit H. Lilljehorg, en parlant de cette première côte, on seul genre qui ail cet os aussi épais a sa partie inférieure. Le sternum n'es! formé que d'une seule pièce comme dans toutes les baleines. il esl plus large en avanl qu'en arrière, el ne s'articule qu'avec la première paire décotes, commele Bquelette du jeune animal, rapporté par de Lalande, le montre distinctement. ( uvier avail reconnu qu'il n'y a de chaque côté qu'une seule lace articulaire au sternum. Nous n'avons qu'un seul os du sternum, oôlong, plus large m avant, et i/ui parU de chaque côté une face articulaire pour une côte, a dit Cuvier, et il a eu soin de figurer le sternum seul. Ce squelette de Lalande a été un. nie m 1822, sous la direction de Cuvier, comme l'indique encore aujourd'hui son étiquette; on comprend à peine comment le grand naturaliste a pu Be laisser induire en cireur, ayant sous les \<'u\ le Bquelette <^^ jeune animal donl les os sont encore aujourd'hui réunis par leurs ligaments natu- rels. C'est è\ idemmenl par erreur que le préparateur a uni Irois paires de côtes au Bternum 1 1 ). Du Bar, en donnant sa description n dessin réduit de cet animal. — La tête du squelette a été figurée dans l'Encyclopédie de Chenu. Le docteur Gray a figuré nue caisse tympanique de droite 1 1 . B. Dieffenbach, dans son voyage à la Nouvelle Zelamle, voyage qu'il a a< compli comme naturaliste de la compagnie de la Nouvelle-Zélande, nous fait connaître les laits les plus importants de l'histoire de cet animal. Cette baleine j es! désignée sous le nom de Black whale. Ils virent en arrivant, dit-il, de grandes carcasses de haleines coulée» à fond. La cote était couverte de déhris de ces animaux, têtes, vertèbres, omoplates et na- geoires. — Il parle aussi de cadavres flottants de cachalots dans ces mêmes pa- rag( tonnes d'huile, tandis qu'avant elle en donnait l- et même in. Dieffenbach parle d'une femelle de 60 pieds de long. — Le Baleineau a terme a l i pieds. A. six semaines il aurail -1 pieds, d'après les baleiniers. Cette espèce pré- sente Jim fanons. La peau est d'un noire velouté, sauf au ventre ou l'on voit une ind Wbalei 1866, p ICH 48 SQUELETTE DES CÉTACÉS. tache blanche. On en a vu aussi dont la peau était marquetée et même on a vu des albinos. On distingue les sexes à distance. Le top-knot est plus élevé chez le mâle, et cette partie est toujours au-dessus de l'eau. Au commencement du mois de mai on les voit venir du nord, ditDieffenbach, et elles passent par Cook's street, longeant les îles du nord (Northern Islands). A la fin d'octobre elles sont à l'est et puis retournent au nord. La chasse est la plus productive au commencement de la saison dans le Cook's street. Au mois de juin elles font leur apparition aux Chatam Islands et leur nombre augmente dans la même mesure qu'à la Nouvelle-Zélande. La capture dure du mois de mai jusqu'au mois d'octobre. Quand les baleines arrivent, les femelles s'approchent de la côte, tandis que les mâles restent au large. — Elles approchent seules ou avec leur baleineau de l'année ou des années précédentes. Ces baleineaux sont connus sous le nom de Scrags. — Les femelles entrent dans les baies et approchent des côtes pour mettre bas. — Les mâles restent à une certaine distance et sont plus difficiles à atteindre que les femelles; aussi presque toutes les baleines capturées sont des femelles ou des jeunes. Elles approchent des côtes et des baies à marée haute et abandonnent ces lieux à marée basse. On les voit cependant dans des bas-fonds. Elles ne mettent bas qu'un jeune à la fois, et la baleine qui est accompagnée de deux baleineaux est regardée par les pêcheurs comme un animal qui a adopté un orphelin. Le black whale du Cap est le même que le black whalc de la Nouvelle-Zélande, dit-il (I). On en a vu au mois de juillet qui sont pleines, et on les a vu également s'accoupler pendant cette saison. Tendant six mois les baleines croissent dans les wlialing-grounds, et les baleiniers prétendent que ce sont des bas-fonds. Ces whafing-grounds s'étendent des îles Chatam, à l'est, et au nord de la Nouvelle-Zélande jusqu'aux iles Norfolk. Leur migration pourrait bien correspondre avec l'apparition de leur pâture, et (1) Les baleiniers hollandais ont cru également retrouver leur nord caper dans la baleine du Cap. sut i i il 1 1: nrs ci;ï \rj s. i9 leur approche des cotes coïncide évidemment avec l'époque de la parhirition. Comme au Cap, au mois île juin, elles sont accompagnées de leur baleineau. On dirait qu'à la fin de la période de gestation ces animaux choisissent le voisi- nage d'une bonne pâture. S'il est vrai que dans ce même laps de temps, du mois de mai au mois d'octo- bre, les baleiniers ont vu ces animaux s'accoupler et qu'à côté des femelles pleines on en voit arriver qui sont accompagnées de leurs jeunes, la durée de la gestation serait d'un an à peu près, et les jeunes accompagneraient leur mère pendant un an au moins. — Cela s'accorde assez bien avec ce que l'on a observé sur d'autres mystiertes. On ne connaît pas la manière dont les jeune- tettent; et Dieffenbach assure que les baleiniers ne croient même pas que ces animaux allaitent leurs petits. C'e-i probablement a cette espèce que l'on doil rapporter les baleines que le ca- pitaine |ti\ BÎguale a l'ouesl da cap Horn et au nord de Coquimbo. — A en juger par analogie, il faut croire qu'elles passent leur quartier d'hiver dans ces parages de la côte ouest d'Amérique. SQUELETTE. Lesquelette unique de cette baleine est monté à la cour du Muséum de Paris. Il a conservé Bes fanons en place. La tête ne se distingue de celle de la BaUena atutralis que par quelques légères différences : ainsi, les os incisifs ou intermaxillaires ne remontent pas aussi baul derrière les os nasaux; la crête qui pari du bord antérieur de l'occipital présente une courbure plus forte en avant et en arrière, de manière que la fosse tempor de esl plus sinueuse; la bande formée par le frontal derrière les os nasaux est plus large, ainsi que la partie du maxillaire qui le précède dan- cette région. Le fron- tal en formant la voûte de l'orbite esl plus fortement courbé el pins massif; le pa- riél il situé immédiatement au-dessous de l'occipital esl notablement plus large, el la bu tare qu'il forme avec le bord postérieur du frontal esl pins Binueuse. Tout l'os temporal parait notablement plus massif. Le jugal, qui complète le cercle de l'orbite, comme dan- tous les mysticètes I 50 SQUELETTE DES CETACES. formé, à droite et à gauche, de deux os parfaitement distincts, qui pour le reste ne nous offrent rien de particulier. Il est probable que c'est une disposition indi- viduelle. Au palais en arrière on voit distinctement le vomer au devant des pala- tins, qui sont tous les deux tronqués obliquement surjle bord antérieur : les palatins sont assez étroits en avant, un peu plus longs que larges, et cachent presque entiè- rement les ptérigoïdiens. — Ceux-ci ne sont guère visibles au palais qu'en arrière, et surtout en dehors. Le rostre nous avait paru d'abord moins courbé dans cette baleine, mais la différence provient plutôt de ce qu'il est difficile de se placer au même point de vue. La mandibule présente exactement la même courbure dans les deux baleines, mais, dans l'espèce que nous décrivons ici, la surface articulaire est plus étendue, et toute l'extrémité postérieure est plus solide. Les trous mentonniers sont moins nombreux, et, en même temps, plus grands dans Yaustralis que dans celle-ci. La caisse tympanique est très-facile à reconnaître pour une caisse de vraie ba- leine. — Nous avons eu l'occasion d'en comparer plusieurs, et elles sont toutes assez semblables. La caisse a son bord inférieur légèrement courbé et tout ce côté de l'os est assez fortement comprimé. — La face interne est très-bombée, et son bord libre, qui forme l'entrée de la cavité tympanique ou de l'oreille moyenne est fort irrégulier. Des replis s'étendent sur toute la longueur. La face externe est aplatie dans pres- que toute sa hauteur; — La partie postérieure qui loge la membrane du tympan est assez étroite, tandis que l'autre orifice, correspondant à la trompe d'Lustache, est fort grande et assez large. Nous avons fait figurer la caisse tympanique d'un jeune animal, qui montre déjà tous les caractères de la baleine adulte. Cette caisse est encore adhérente au rocher et les apophyses sont complètes. Dans la colonne vertébrale nous comptons îles différences qui ne sont pas sans importance et comme celte colonne est complète, jusqu'aux dernières caudales, ces différences présentent un intérêt véritable. Il existe en tout cinmiante-trois vertèbres, sept cervicales, quinze dorsales, trente et une lombo-caudales. Les sept vertèbres de la région cervicale sont complètement soudées, du moins par le corps, et les apophyses épineuses des cinq premières forment une seule crête snl Bl IM! D*S CÉTACÉS. M unir, les den dernières forment ne eréteà pari. Ton tes ces vertébrée oui âne apo- physe transverse supérieure distincte; après celle de l'atlas e( de l'axis, c'esl celle '.> , un n'en a pas pris, el en 1859-60 une seule. Tous ces renseignements sont lires de la belle monographie d'Eschricht et du profe eurJ. Iteinlian.lt sur cette espèce. SOI I l I I II DES CÉTACÉS. /' Camper. Observations anttomiqaes... Pari-, 1820. ir. - . i • \ count of the BaJaena mysticetus. Werner society, voL 1,1811. ir. - Jim., An acceunt ofarctic régions; s vol. in-8. Edinburgh, isîo. /i. / / ht et J. Reinhardl, Om Nordhvalen, iu-4, Kiobenhavn, 1861. m /. /' . I i of Szandinnvii as bvaldjur, i t. Reinhardt tmd LiUjel H cent mémoire on tbe cetacea, Raj Bociety, in-fol. tond o, I8C6. I'. Camper est le premier qui ail donné le dessin d'une léte de baleine I 1 1. de l'aveu de Cuvier même, ce dessin esl forl bon l . Cuvier a connu la même baleine par la tête qui esl conservée au Brilisb muséum el que Laurillard a étudiée el dessinée sur place. On ne savait de quelle mer elle provenait, mais Cuvier n'hésitai! pas à la dire différente de celle du Cap, que le muséum de Pai is possédait. La tête était plus bombée, disait-il, et, par cons iquent, inons devaient encore être plus longs que dans la baleine du Cap. Cuvier a figuré cette tète dans ses recherches Bur les ossements fossib d'une léte de Megapteraei de Balœnoptera . . i li el Ratzebourg 5), puis Chr. Pander el E. d'Alton ont décrit et figuré la tète '!<' baleine de Groenland qui se trouve au musée de Berlin 1 . Eschrichl el le professeur Reinhardl ont publié ensuite leur beau livre <~>m nordhvalen (5), qui esl une vraie monographie «le cette espèce remarquable. ! sonne n'a eu autant de matériaux sous les yeux que ces savants naturali tes de Copenhague, el il eût été forl difficile d'en tirer an meilleur parti au profil de la science. Les -;i\;ini> professeurs de < Copenhague se sonl associés pour faire cette publica- tion, après avoir travaillé séparément pendant plusieurs années; ils ont mi profil tout ce que les baleiniers, les voyageurs et les naturalistes ont fait connaître; ils ont consulté avec fruit les précieux registres des stations danoises, poui la pêche delà baleine Burlacote ul>lc au bout de deux ans. quand il quitte la mère. La gestation est probablement de quatorze à quinze mois. La taille ne varie guère d'après le sexe, connue quelques auteurs l'ont cru. l'n moyenne, taisant la paît îles erreurs que l'on peut commettre, nous croyons avec M. Flouer que la longueur totale, dans l'un comme dans l'autre sexe, nedépasse pas quinze mètres. 1. 1 femelle qui est à Londres mesure I4",65. Le mâle \ ace. \u Spitzberg el Bur 1 1 cote du Groenland, où pli cette pèche étail Bi Qorissante, 58 SQUELETTE DES CÉTACÉS. elle est complètement abandonnée, et c'est tout au plus si les Groènlandais voient approcher encore une ou deux baleines par an. Comme nous l'avons dit plus haut, M. Malmgren , dans un voyage qu'il vient de faire au Spitzberg, n'en a pas rencontré une seule. Le professeur Reinhardt nous a appris, d'après des documents authentiques, que les haleines apparaissent régulièrement en décembre, janvier et février près de Sukkertoppen (05° 5' côte ouest du Groenland), et que leur nombre est toujours plus considérable pendant les hivers rigoureux que pendant les hivers ordinaires. On ne les voit guère au sud du 64 e degré, et celles que l'on a observées quelque- fois à cette latitude étaient toutes de jeunes animaux (I). Un peu plus au nord elles paraissaient plus tôt et quittaient plus tôt aussi. Entre le 05 e et le 66 e degré se trouve Sukkertoppen , et c'est là que l'on voit l'établissement de la pèche le plus méridional de la côte. Entre le 72 e et le 75 e degré, les baleines font déjà leur apparition au mois d'oc- tobre, et on en voit encore au mois de juin. C'est à Uppernavik que se trouve le dernier établissement danois. Sir John Ross a vu plusieurs baleines en \ 81 8 entre le 75 e et le 76 e degré, à la fin du mois de juin et au milieu du mois d'août. Exceptionnellement on en a vu paraître un peu plus tôt et quitter un peu plus tard, dit le professeur Reinhardt. Sur la côte d'Amérique, en suivant le courant des glaçons, on a vu des baleines descendre beaucoup plus bas, longer la côte de Labrador et même se montrer dans les parages de Terre-Neuve. C'est la même baleine de la côte ouest du Groenland, qui visite les parages du Spilzherg. Il y a un bon nombre d'observations qui le prouvent. En 1805, une haleine, harponnée dans le détroit de Davys par le capitaine Franks, parvint a s sauver; mais, dans la même année, elle fut prise par le fils, près de Spilzberg, qui trouva le harpon de son père encore logé dans les chairs. Paul Egede rapporte le fait d'une baleine trouvée morte dans le détroit de Davys (17H7), et qui portait dans ses lianes un harpon qu'il reconnut pour être un harpon de son frère. - — Au retour de leur expédition, il apprit que ce harpon avait été (1) Le 2 décembre 1805, on a capturé un jeune animal près de Frederikshaab, au 62' degré; en 1831, un autre a paru près de Tiksaluknœs ;61°52j, et l'année suivante on en a vu encore à la même place, le 23 juillet (Eschricht et Ueinhardt). i II. ri II DES CEI LCBS 59 lance .ni Spitzlierp , deux jour- a\ant qu'elle no tut rem-onlr Ian< le détroit «le Daw-. Cette nême baleine de Groenland et de Spitokerg visite-i-elle d'autres par ag e s ? N'e-i-ee pa- aussi elle qui pénètre dans le Pacifique par le détroit de Behring, et que !■ - baleiniers anglais et américains désignent son-; le nom de BouvAi \d? Nous trouvons une observation importante faite par le capitaine danois Sôdring, qui a capturé pendant les mois de juin el de juillet, dans la hum- de Behring , vis-à- vis de Petropavlovsk, deux baleines qui ne sont pas, dit-il, des haleines aus- trales, et que les baleiniers anglais e( américains appellent Bowhead. Il a vu ces Bowhead sur un point la limite méridionale où cette espèce se rencontre , à côté des autres baleines, et il a pu s'assurer, par la comparaison, de la grande difierance qui Les sépare. Ce Bowhead est, pensons-nous, une baleine très-voisine, si pas identique, avee le Myslicetusj el voici les faits que nous trouvons à l'appui de cette opinion. A dé- faut de débris <>n de squelettes de ces animaux , non- devons recourir au témoi- gnage des naturalistes el 'les voyageurs. Le professeur Reinhardt a reconnu dans le dessin d'un fragment de crâne de baleine, rapporte de la mer d'Okhotsk par Middendorf, plutôt un Mysticetus que toute autre espèce. \, cette observation viennent s'en joindre d'autres qui, quoique d'une nature différente, ne doivent, à notre avis, pas être négligées : sur la «oie de Corée, on trouve, tous les ans, une grande quantité de baleines, écrivaient à la fin du siècle dernier des marins qui avaient fait naufrage; et, dans le corps de ces baleines, il- avaient reconnu les croc- et les harpons des Hollandais el des Français, qui vont ordinairement à cette pêche ans extrémités del'Europe, vers le nord-est. - Et comme le font remarquer Eschricht el le professeur Reinhardt, ces observa- tions Boni faites a une époque ou aucun baleinier européen ne se rendait encore dan- li mer Pacifique I . (\) « La Corée s'est bornée in coté du nord-est ']"'• v* r ,,ni ' *•**• m,T - "" "" ,r,, " v '' '"" s l, " i * m un> grande quantité de baleinée dont partie porti eni ore les harpon* des Françaie et dei Hollandais, qui vont ordinairement .1 cette pécha, aux extrémités de 1 Europe, »ew le nord-est. ' • - 1 ainsi 'i'" prime Hendrick Hamel van Gorknm, qui avait (ail naufrage dans oea psi I neil de »< s ' i. IV, Amsterdam, 1718, pag. Si. Noord en l Tartarye. Ed. S, é • i3 60 SQUELETTE DES CÉTACÉS. B. Klerk de Rotterdam, qui a été prisonnier en Corée pendant treize ans, a vu tirer un harpon hollandais du corps d'une haleine, et comme il avait été lui-même, étant jeune, à la pèche de la haleine au Groenland, il ne pouvait se méprendre sur l'origine de ces engins. — D'autres compatriotes de Klerk ont trouvé uu harpon hollandais dans le corps d'une haleine morte, qui est venue à la côte, sous leurs yeux. Ces harpons sont faciles à distinguer, disent-ils, des harpons des Coréens et des Javanais, puisqu'ils sont trois fois plus grands que les leurs. — Les indigènes leur donnaient, du reste, l'assurance que très-souvent ils trouvaient des harpons sem- blables dans les haleines qui venaient échouer chez eux. Zorgdrager fait également mention d'un harpon marqué W. B., tiré du corps d'une haleine près de la côte du Japon, et qui provenait d'une expédition faite par Wilhelm Bastianse au Spitzherg. Nous trouvons encore d'autres faits du même genre mentionnés par Eschricht et Reinhardt, mais nous croyons inutile d'en citer davantage. Nousferons seulement remarquer la manière dont Lacépède s'exprime d'après Duhamel [i) au sujet des baleines que l'on a vues pendant longtemps périodiquement près des côtes de la Corée, entre le Japon et la Chine, le dos chargé de harpons lancés près des rivages du Spitzberg ou du Groenland. Il est au moins une saison de l'année, dit-il, où la mer est assez dégagée de glaces pour livrer un passage qui conduisede l'océan Atlantique septentrional dans le grand océan Boréal, au travers de l'océan glacial Arclique (2). Comme on a pu constater par la présence des harpons, dans les haleines échap- pées, que les mêmes animaux fréquentent le détroit de Davys et les parages du Spitzberg, nous n'avons pas cru que le même fait, se présentant chez des haleines fréquentant le Spitzherg et le détroit de Behring, eût moins d'importance. Comme contre- épreuve, nou? citerons quelques autres faits : on a pris, au Spitz- berg, des haleines avec des harpons en silex, que l'on a tout lieu de croire provenir M) Duhamel, Traité des Pêches; Pèche delà baleine. [2 Lacépède, Histoire naturelle des Cétacés, in-4", Paris, l'un XII. SC rE DES CÉTACÉS. 61 de 1' Amérique rosse, où ces instruments primitifs s< rnblaient encore en usage, il n'\ .1 pas longtemps, s'ils ne le sont plus aujourd'hui. Scoresby cite plusieurs exemples de fers de lances en pierre retirés du lard de baleines capturées au Spitzberg, el que l'on suppose avec raison provenir de l'Amérique russe : ... and whales with stone lances slicking in their fat « kind of weapon used 6y no nation nota known) having been caught ùoili in thé seaof Spitz6er~ gni, and in Davis' «trait, dit l'intrépide baleinier anglais, dans son ouvrage clas- sique sur la baleine du Groenland. Il n'est pas inutile de citer un autre fait raconté par Scoresby, <|ui a \ u également un fii- de lance en pierre, de 5 pouces de longueur, de 2 pouces de largeur el de 2/lo dï'paiï-srur, retiré du lard d'une baleine capturée sur la côte duSpitzberg, le 19 juillet isiT) I) et d'un harpon en os trouvé, en ls|_ ( , par un baleinier deHull, ■ 1 ms le dos d'une baleine, égalemenl au Spitzberg (I). Nous n'entendons aucnnemenl donner à ces faits plus d'importance qu'ils n'en méritent, mais nous ne croyons pas devoir les négliger. Il reste maintenant à savoir si le passage des baleines «lu Spitzberg au détroit de Behring esl un passage régulier; si ce sont des stations véritables pareilles à celle que l'on observe sur la côte de Groenland, ou bien si ces haleines, blessées par iie, d'un côté, le détroit de Davys, et, de l'autre côté, le détroit de Behring. Eschrichl 1 1 le professeur Reinhardt ne croient pas que l'on esl en droit de con- clure de ces faits que la baleine du Groenland visite régulièrement ces régions . d'autant plus, ajoutent ces savants autorisés, que les baleiniers ne rapportent «les CÔleS du .lapon et de Corée <|lie des fanons d'une haleine in-!iale. Il est a lemar- quer que, au Groenland et au Spitzberg, aucun fail ne prouve qu'une haleine blessée suive un autre chemin que sa roule ordinaire, el non- sommes loul dis- posés a croire qu'il en esl de même pour les baleim - qui passent par le détroit de Behring. Quant aux Canons qui sont tous de haleine australe, c'est-à-dire diffé- i Scoreaby, toc. cit., pa I 62 SQUELETTE DES CETACES. rents de ceux de Mysticetus, ii est probable que l'on ne fait régulièrement la chasse qu'à l'espèce du Japon. Ces baleines mysticetus que l'on observe sur les deux cotes du Kamtschatka et même plus au sud, retournent-elles régulièrement, en été, par le détroit de Beh- ring dans la mer Arctique? — C'est ce que l'on ne saurait dire aujourd'hui; mais, s'il faut en juger par ce qui a lieu dans le nord de l'Atlantique, on ne saurait en douter. — La baleine franche atteint au sud, dans l'Atlantique, la limite nord de la Bala?na biscayensis; de la même manière, dans le Pacifique, elle atteint la limite géographique de la baleine du Japon. — Celle-ci ne dépasse pas, au nord, le cercle formé par les îles Aléoutiennes. On est donc naturellement conduit à admettre, que la baleine dont il est question habite toute l'étendue de la mer Polaire, au nord de l'Amérique comme au nord de l'Europe et de l'Asie , et que , passé le détroit de Behring , elle suit surtout le courant d'eau froide le long de la côte de l'Asie , comme , en sortant du détroit de Davis, elle suit quelquefois le courant d'eau froide le long de la côte du Labrador. Ces baleines, se rendant d'un côté au détroit de Davis, de l'autre côté au détroit de Behring, appartiennent-elles à une seule et même espèce, ou y aurait-il, dans les régions arctiques, deux sortes de baleines franches? Si nous avions\à exprimer notre sentiment, nous dirions que nous partageons plutôt ce dernier avis, et que nous trouvons de l'appui dans les observations d'un homme, qui s'est acquis, à juste titre, une réputation parmi les baleiniers. Nous voulons parler de Zorgdrager.— Zorgdrager, en effet, distingue au nord, parmi les baleines franches du Spitzbcrg, une baleine de l'ouest, qu'il appelle Westysvisch, et une autre du sud, Zuydysvisch. D'un autre côté, M. Meyer de Hambourg, qui a fait une étude longue et appro- fondie des fanons, croit également qu'au nord des îles Aléoutiennes et dans la mer d'Okhotsk, il y a un Mysticetus, mais d'une taille plus petite que le Mysticetus ordinaire. Il est vrai, quelques baleiniers comme Bennett, par exemple, regardent la ha- leine rie la côte nord-ouest d'Amérique comme identique avec l'espèce ordinaire du Groenland (\). (1 Whaling, Voyage, 11, p. 229. DELETTE DES CÉTACÉS 63 Il Be peut fort bien que le Bowktad des baleiniers d'aujourd'hui ne soi! autre chose q u< - le Zuydysvuck de Zorgdrager. Cest pendant leur station d'été, au milieu desglaces, qne le Ifysticetus parait mettre bas ; et, su mois de janvier et de février suivants, on voit les femelles re- venir dans les mêmes parages qu'elles ont quittés l'année précédente, accom- pagnées de leuT nourrisson. Il est a espérer qu'avant la destruction complète de ces animaux, les grands musées parviendront è se procurer les Bquelettes qui permettront de décider le degré d'affinité qui existe entre ces divers cétacés marins. OMsemriitM connus. — pendant longtemps <>n n'a connu de cette baleine que la tète qui est au British muséum et que Cuviera figurée dans se- recherches sur monts fossiles. t le musée de Copenhague qui a été le premier en possession d'un squelette il»- baleine de Groenland, grâce à l'activité d'Eschricht et du professeur R< inhardt. |ji parlant de squelettes de Cétacés el de phoques «I u Nord, Eschricht m'écrivit a la date du 8 décembre 1842: « Des squelettes de Mysticetus je ne parlerai pas, puisqu'il n'a réussi encore à personne d'en obtenir un seul, malgré tout ce qu'on .1 - icrifié pour parvenir au but. » L'année suivante le major Fastings envoya au musée royal d'histoire naturelle de Copenhague le premier squelette d'une jeune femelle qui venait de naître. Llle avait été bar] née le c> mai f s 1 r> pri s de Godhavn. Quatre années plus tard, 1846, Bolboll, gouverneur du Groenland, i avoya le premier squelette adulte de cet animal extraordinaire; il provenait d'un mâle, i i celui qui est à Bruxelles aujourd'hui et qu'Eschricht a figuré. Le second squelette, également d'un mâle, a été envoyé dans l'hiver de 1859- 1860 par le docteur liink et M. Elbergau musée de Copenhague, ou il est monte. I n troisième squelette provenant d'une jeune femelle de -22 pied- i ( té envoyé pai M. Obriken 1857. Puis llolludl a encore envoyé un fœtus femelle de s pieds I/-J de longueur, dans la liqueur. — En 1857-4858, nn jeune animal a été porté au musée, m' crivait I bi luiclit le t'.i novembre 1860, et m'a Ben i beaucoup, ajcutait-il. Indépendamment de ces sq u ele tt es, le musée de Copenhague i encore reçu de Bolboll, en is:. ;, une tête complète. 64 SQUELETTE DES CÉTACÉS. C'est le dernier envoi qui a été fait par cet énergique et infatigable naturaliste, et il était à supposer que la grande source pour les animaux du Groenland était pour toujours tarie, lorsqu'cn novembre 1860, Eschricht reçut, presque sans s'y attendre, d'un de ses correspondants du Groenland, un nouveau squelette complet de baleine mâle. Il en avait demandé coûte que coûte, m'écrivait-il, et cemot coiitegue coûte avait produit le résultat qu'autrefois l'amitié seule effectuait. Eschricbt pou- vant disposer d'un squelette en faveur d'un musée étranger, préféra se défaire du premier qui était monté depuis plusieurs années au musée de Copenhague, et conserva le dernier venu quoiqu'il fût un peu moins grand. C'est le squelette qui figure aujourd'hui au musée royal de Bruxelles. D'après les mesures d'Eschricbt, la tête du squelette quiest à Bruxelles a \ 8 4/2', sur 47 1/2', et celle du squelette qui est resté à Copenhague, -17' 8" sur 44' 5" (I). C'est le squelette de l'unique baleine qui a été capturée au Groenland pendant l'hiver de \ 859-4860. En -1865, après la mort d'Eschricbt, le musée royal de Copenhague reçut le squelette d'une femelle adulte, et grâce au professeur Reinhardt le Collège royal des chirurgiens de Londres en fit l'acquisition pour son musée. Ce beau sque- lette est monté aujourd'bui par les soins de son savant directeur M. Flower, et fait un des plus beaux ornements de cette célèbre collection. Au mois de novembre 1867, un dernier squelette arriva de Groenland à l'adresse du professeur Reinhardt, et par sa bienveillante intervention le musée de l'Uni- versité catholique de Louvain en fit l'acquisition. Ce squelette provient, comme celui de Londres, d'une femelle capturée près de Ilolsteinborg sur la côte ouest du Groenland. — Les fanons mesuraient 1 1 pieds danois. On cite encore un squelette au musée national de Stockholm et un autre d'un ani- mal qui a atteint la moitié de sa croissance, au musée d'anatomic d'Edimbourg. Ce sont les seuls squelettes connus, mais les os séparés ne sont pas très- rares. On possède des têtes de haleine de Groenland dans divers musées; indépen- damment de celle du British Muséum, dont nous avons parlé plus haut, il en existe une au Johanneum à Hambourg, une autre forl grande à Kiel, une à (1) La lête du squelette 'I' 1 Louvain mesure 19 pieds danois. s.jl KI.KTTi: l'I •> i I I.VCKS. Francfort-siir-Mein, une à Berlin, uno jeune à Leyde, une Ebrl jeune à Groningue (Pays-Bas), une autre à Haarlem, et enfin un crâne complet d'un foetus à Louvain, Ce crâne a été retiré, à Louvain même, d'une tête envoyée du Groenland avec toute- ses parties molles conservées au sel. I). tontes les pièces de squelette les os maxillaires inférieurs sont les os les plus répandus. — On en possède deux couples au muséum d'histoire naturelle de Paris et une couple à la Sorbonne, qui a été achetée par Blain ville. On en voit d'autres à l.i maison de ville de Haarlem, deux énormes au musée de Berlin. Autrefois il y en avait en Hollande dans toutes les prairies; en Frise, et dans la province de Groningue surtout, on les fichait en terre, et le hétail allait se frotter contre elles. Souvent on les peignait avec des bandes, quelquefois en spirale, et quand les mâchoires manquaient,* on en plaçait en bois que l'on peignait de la même ma- nière. — On en voit encore en grand nombre à l'embouchure de la Weser où l'on en faisait des palissades. C'est de là que l'on tirait surtout les équipages pour li ]"'( he de la haleine. Nmi- avons vu un dessin de Castelnau, lait au Brésil, représentant de même des palissades laites de mandibules de haleines ou de baleinoptères. Il existe trois omoplates de haleines adultes dans les galeries dn muséum de Paris, et a en juger par le développement de leurs apophyses surtout, ces os pro- \ i i ■ 1 1 1 h • 1 1 ( tous les trois du Mysticetus. l'ne de ces omoplates est remarquable par la courbure de son apophyse acro- mion. Il est à remarquer que dans les baleines australes, dont la balœna biscayensis se rapproche évidemment plus que du Mysticetus, ces apophyses de l'omoplate Boni moins développées (pie dans la baleine tranche du Groenland. — Dans la ba- isons antipodarum elles manquent même complètement. Rudolphi parle, dans son Mémoire sur la UaLenoplera laticeps, d'un bassin rapporté par Chamisso de la cote du Kamlschatka, et que le célèbre voyageurs donné au musée de Berlin. Il sérail de la plus liante importance de pouvoir com- parer ci bassin avec celui du Mysticetus, el mon ami Peters, le savanl directeur du musée zçologiq le Berlin, m'a promis de faire les recherches nécessaires pour le découvrir. Il a été déposé au musée d'anatomie, qui malheureuse nt est encore séparé du le zoologie. 66 SQUELETTE DES CÉTACÉS. Il existe divers fœtus dans des musées d'Europe, les uns encore complets, les autres plus ou moins mutilés. 11 y en a, entre autres, au musée Teylerien de Haarlem, au musée de Stockholm, au musée de Hull, au musée du collège royal des chirurgiens à Londres, à Liver- pool, au musée de Derby, et au musée de Groningue (Pays-Bas). P. Camper en a disséqué trois, dont quelques parties sont encore conservées au muséum de Gro- ningue. A Paris se trouvent les os séparés du fœtus qui a été disséqué par E. Geoffroy- Saint-Hilaire. — Les os sont encore conservés dans un cadre qui est exposé dans les galeries d'anatomie comparée (1). Il y a une peau montée d'un fœtus de 29 pouces dans la collection de Knox, à Edimbourg (Anat., mus. îiniv., Édimb.), ainsi que le squelette. SQUELETTE. Tête. La tète occupe à peu près le tiers de la longueur du corps, du moins à l'âge adulte ; elle est proportionnellement plus petite dans les jeunes individus. Le rostre s'accroit à mesure que l'animal avance en âge, comme dans les autres mam- mifères à face allongée. Scoresby assure qu'il y a des différences assez grandes entre les individus, quant au volume de la tête; mais toutes les tètes adultes, conservées dans les collections, ont à peu près la même dimension. Pour se faire une bonne idée des rapports des os de la face, el surtout des parois du crâne, il est indispensable d'en faire la coupe el de faire ensuite la comparaison entre le jeune animal et l'animal adulte. C'est ce qui nous a été permis de faire. La tète adulte, figurée par Eschricht et le professeur Reinbardt, comparée à celle (i ! l'.n passant en ri ■ \ ue les restes de Cétacés consen es dans 1rs magasins du muséum d'histoire natu- relle, nous avons trouvé, M. P. Gervais el moi, le tronc du même fœtus donl la peau esl montée dans les galeries de zoologie. Ce i oi ps i si i omplel sauf la tête qui a été disséquée el les nageoin s qui sont restées dans la peau.— Nous avons retrouvé aussi les vertèbres envoyées de Drontheim par M. Noël de la Morinière dont Cuvier parle dans ses liirh.rchi x sur les Ossementi fossiles, t. V, p. S68; ces os provien- nent réellement de Mysticetus. {Voir Cuvier, Recherch. Ossem. foss., t. V, p. 30S. ; SQIKI.ETTE l»KS CETA1 I 5. 67 de fœtus qui" noi» possédons a Louvain, nous montre quelques différences qui semblent résulter surtout Je la eoelescence plus nu moins complète «les os de la tète que «.os naturalistes ont étudiée. Noos trouvons, en effet, dans leur dessin, le Basai enclavé comme bu coin dans le frontal, ce qui u a pas lieu dans la tète de Louvain; il y a un espace plus grand entre le frontale! la portion antérieure de l'occipital; le pariétal b's pas été bien distingué, el l'on ae voit pas le canal olfactif entre le frontal et le présphénoïde, canal qne, dn reste, M. Flower s l'ait connaître depuis. La paroi antérieure de la boite crânienne est formée, en dessous, par le présphé- noidal jusqu'au canal olfactif; an-dessus «le ce canal, qui établit parfaitement la limite, on voit d'abord le frontal qui va recouvrir, en avanl sur la Ligne médiane, le. nasal ; puis, au-dessus du frontal, on distingue le pariétal qui montre, en avant, un espace entre Lui el le précédent; enfin, au-dessus du pariétal, apparaît L'occi- pital qui recouvre ton! le pariétal jusqu'à son bord antérieur. En dessous de la cavité crânienne on aperçoit, mais faiblement, derrière le présphénoïde, le corps du basisphénoïde, puis Le basilaire. nue L'on veuille bien tenir compte, en comparant la planche publiée par Es- cortent et le professeur Reinbardt, e! «elle que nous publions ici, que dans aotre dessin, le cartilage ethmoïdal est resté en place dans toute la longueur «lu rostre tandis qu'il esl complètement enlevé dans la tête de Copenhague. En dessous 1<' g tstéropode, est tournée en dedans, el se divise en une moitié postérieure couverte par la membrane du tympan, à laquelle aboutit le conduil auditif externe; el une moitié antérieure, un peu plus grande que L'autre, entièremenl ouverte, communiquanl en avanl <'t en dedans avec la trompe d'Eustacbe. <>n pourrai) nommer cette partie antérieure de l'orifice, eustachienne, el l'autre moitié postérieure, tympanique. Nous avons vu un grand nombre deces os de Mysticetus, dont il y en a au moins huit au Muséum de Paris, cl ils offrent tous entre eux une très-grande ressem- blance. Nous en avons plusieurs à Louvain, et ou en trouve du reste dans la plu- pari des musées. Les osselets de l'ouïe du fœtus et de l'adulte sonl tellement semblables pour la forme comme pour le volume et la dureté, que l'on ne sauraitguère les distinguer* Le marteau a une forme particulière: allongé d'un côté, très-élargi au con- (r dre du côté opposé, il ressemble plus ou moins à la coquille de certaines Pyrules. Cette ressemblance est d'autant plus grande, que l'os semble enroulé sur lui— même, en formant une espèce de péristome. Il est situé au devant - en V, et ipprochent.dès la quatrième caudalel'une de l'autre, pour former, à laseptiè un véritable canal livrant | i l'arti re spinal. Ce canal persiste jusqu'à la der- tudale. L'artère spinale, provenant directement de l'aorte, passe jusqu'à la quatrième caudale au devant de l'apophyse transverse avant de pénétrer dans le canal verté- Ih.i1; mais, à commencer de la cinquième caudale, celte artère passe directement àtraversla basede l'apophyse transverse, el le trou qui lui livre passage se rap- proche de pins en plus du Irou formé par les deux apophyses articulaires des <>s en V. \li fin, à la neuvième caudale, on ne voit plus entre eux qu'une gouttière qui disparaît à Bon lour, et l'artère spinale pénètre en dessous, s'élève verticale- ment de chaque côté du corps de la vertèbre, i i tri au-dessus du point où elle a fail son entrée. De là résulte que les dernières caudales sont traversées des deux côtés par une goultii re perpendiculaire à l'axe du coi ps. i anal vertébral. Ce canal nous indique !i différem ur de la moelle 78 SQUELETTE TES CÉTACÉS. épinière. Dans la région cervicale, comme dans toute la région dorsale, il varie très-peu : sur t5 centimètres de hauteur, il a à peu près 18 centimètres de lar- geur et s'élargit un peu dans les premières dorsales; à la première lombaire, il diffère encore très-peu; mais à la sixième vertèbre de cette région, il n'a plus que \\ centimètres sur \o de largeur, puis il se rétrécit rapidement à la dernière lom- baire, où il n'a plus que -8 centimètres et demi de haut, sur 7 de large, et forme encore une ogive; chez les suivantes, l'ogive se change en plein cintre, et à la sixième caudale il n'a plus que 5 centimètres de hauteur sur 5 centimètres et demi de largeur, tandis qu'à la neuvième caudale, sur I centimètre et demi de hau- teur, il a à peu près 1 et demi centimètre de largeur. Le corps des vertèbres s'accroît insensiblement à commencer delà première dorsale ou des dernières cervicales, en diamètre autéro-postérieur aussi bien qu'en diamètre vertical et transversal. Lesépiphyses indiquent parfaitement les différences qui distinguent les vertè- bres dans chaque région du corps, et quand elles sont toutes détachées, on n'a qu'à les grouper selon leur dimension pour retrouver tout de suite les vertèbres dont elles proviennent. Voici quelques mesures : La première cervicale mesure d'avant en arrière (diamètre antéro postérieur). . 0"',095 La première dorsale 0'\075 La première lombaire 0'",i7!i La première caudale 0*,265 La première cervicale mesure en largeur (diamètre transverse) a ,$1 La première dorsale 0",31 La première lombaire 0",28 La première caudale 0"',:i8 La première cervicale mesure en hauteur (l'espace entre les deux surfaces articulaires). 0"\t 15 La première dorsale ra ,22 La première lombaire 0"',S:> La première caudale 0™,38 Les os en V ou hœmapophyses sont au nombre de dix; le premier seul est formé de deux pièces qui restent séparées. — Ces os appartiennent à la vertèbre qui les précède, de manière que la vertèbre qui porte en arrière le premier os en \ est pour nous la première caudale. — Il y a des uaturalistes qui la prennent pour la dernière lombaire. — Cesossonl formés de deux pièces soudées sur la ligne mé- diane, a l'exception des premiers. — Les seconds elles troisièmes sont les plus forls. SQ1 III III. DES CÉTACÉS — Les derniers Boni encore très-grands. - rous ces os présentent une double surface articulaire pour les deux vei tèbres entre lesquelles ils Boni situés. Les deux dernières vertèbres lombaires onl en arrière el en dessous deux émi- ■i < ' ii • es semblables aux caudales. Les os en \ -<>nt au nombre <1 ize dans le squelette du collège royal 'les chirurgiens, el I»' premier, comme les trois derniers, ne son I pas sou dés sur la ligne médiane. Eschrichl el le professeur Reinhardt en comptent dix dans deux de leurs gr inds squelettes, et quatorze è l'étal cartilagineux dans un fœtus. Région cervicale. La région cervicale est comparativement assez longue, el si touti - ses vertèbres sont plus <>u moins soudées ensemble, on les distingue cepen- dant parfaitement les unes des autres, en dessus comme en dessous, par les apo physes comme par le corps. En dessus, l'arc de la troisii me vertébrées! caché sous la seconde, de manière que le i bre d'arcs \isil>le- n'es! que «le sis. Le corps des deux premières vertèbres occupe presque une longueur égale à celle des cinq dernières. \ commencer de la quatrième, le corps devient plus épais de vertèbre en vertèbre, et celte épaisseur continue à augmenter dans la on dorsale. La séparation du corps devient en même temps plus nette. Les apophyses transverses supérieures u dixième vertèbre. I dernières vertèbres, qui sonl logées dans l'épaisseur de la queue, vues de face, ont une forme c urée, et sonl traversées directement, de bas en haut, pai «2 SQUELETTE DES CÉTACÉS. artères spinales. Los vertèbres précédentes ont plutôt la forme d'un pain, et ne sont anguleuses ni de face ni de profil. Cotes. — Le nombre des côtes est de treize dans le squelette de Louvain. — Le squelette du musée de Bruxelles en a quatorze à gauche, treize à droite. — Celui de Londres n'en a que douze, et à en juger par l'état général de conservation, elles sont complètes. 11 est toutefois à remarquer que dans le squelette de Bruxelles les apophyses transverses delà quatorzième vertèbre présentent une surface élargie qui ferait supposer qu'il existe, là encore, une côte rudimentaire. M. Flower fait la même observation pour la treizième dorsale dans le squelette de Londres, qui n'a que douze paires. Nous avons dit plus haut que cela tient à ce que, comme dans d'autres cétacés, la dernière côte s'articule, en même temps, avec l'apophyse transverse de la dernière dorsale et de la première lombaire. Llles diffèrent toutes de forme. Etendues par terre, la première touche le sol dans toute sa longueur; la seconde se relève vers le quart supérieur; la troisième se relève encore davantage; puis les autres se relèvent de moins en moins jusqu'à Pavant-dernière. Les deux premières s'articulent par leur tubérosité et n'ont aucune apparence de col ou de tète. — Les suivantes ont un col; mais il e9t loin d'égaler la lon- gueur de l'apoj hyse transverse, de manière qu'aucune d'elles n'arrive par la tête au corps des vertèbres. Les deux dernières s'articulent par la tête, directement aux apophyses transverses. La seconde et la troisième côte s'élargissent en haut depuis l'angle qu'elles foi ment jusqu'à la tubérosité articulaire, affectant quelque ressemblance avec une mandibule de cheval. Les premières côtes, mais surtout la première, forment un angle bien prononce, et constituent dans la région dorsale en avant une large gouttière costo-vertébrale. A cet angle correspond une apophyse qui s'éloigne de plus en plus de la tubé- rosité articulaire, pour s'en rapprocher de nouveau aux dernières côtes et s'effacer ensuite. La première côte s'avance en suivant L'apophyse transverse de la première dor- sale, et s'articule presque autant, si pas plus, à L'apophyse transverse de l'axis qu'à la première dorsale. C'est, du reste, ce qui a lieu également dans les Baleinop- tères. 50.1 BLETTE DES CÉTACÉS Les côtes antérieures son! forl larges, surtout vers leur extrémité inférieure; les dernières sont les plus étroites; les plus longues se trouvent de la septii me ■< la neui ième. Dans lous les Mysticètes il n'\ a que la première côte qui s'articule avec le ster- num. C'esl ce que l'on voil forl bien dans le fœtus, e( c'esl ce que Hunier, Camper et d'au 1res avaient déjà observé. Comme nos prédécesseurs, Eschricht, Reinhardtel Flower, l'onl reconnu, les côtes sont au nombre de treize; c'esl le nombre normal dans le Mysticetus, et la quatorzième côte, que l'on trouve à gauche «lans le squelette de Bruxelles, est une côte supplémentaire, qui, du reste, esl forl courte. sternum. Le sternum présente une forme forl régulière; élargi en avant, il I m trie une échancrure sur son bord antérieur, el se rétrécil insensiblement d'avanl en arrière, affectant la forme d'un bouclier. —Sur le bord, à droite et à gauche, ;i peo pn - vers le milieu, on distingue une forte échancrure; c'esl la surface arti- culaire de la première paire de côtes. Ii surface inférieure esl bombée, la supérieure notablemenl creusée vers !<■ milieu. S > longueur esl de *>"> centimètres; sa largeur Ces mesures ont été prises avec une extrême obligeance, par M. Emile Dallemagne. BALEINES. sa Nous reproduisons ici, à la fin de l'article sur la Balœna mysticetus, la tète d'un fœtus de cette espèce qui est conservée à Louvain et la tète d'un fœtus de la Balœna antipodarum; cette dernière, dont les principales parties sont conservées dans les galeries d'anatomie comparée du muséum d'histoire naturelle de Paris, a été des- sinée par Werner. — Il est inutile de faire remarquer, que, s'il existe déjà à cet Tête d'un fœtus lie Balœna autipodarum. Tête d'un fœtus de Balœna mysticetus. âge des différences tort grandes entre ces baleines qui habitent, l'une l'hémi- sphère boréal, l'autre l'hémisphère austral, les caractères distinctifs les plus remarquables ne paraissent cependant que plus tard dans le cours de leur évo- lution, surtout quand elles approchent du terme de leur développement complet. 12 90 SQUELETTE DES CÉTACÉS. On voit, dans l'une de ces tètes surtout, les bulbes des poils qui tombent de bonne heure et dans toutes les deux le bonnet qui occupe à peu près la même place au bout du rostre. BALjENA BISCAYENS1S Pt. VII. Eschricht, Sur une nouvelle méthode de l'étude des cétacés, Comptes rendus.... 13 juillet 1858. Eschricht, Développement du questionnaire relatif aux cétacés, Act. Soc. Linnéenne de Bordeaux, tom. XVII, 1859. Eschricht, Sur les baleines franches du golfe de Biscaye, Comptes rendus.... 1860, p. 924. P. J. Van Beneden, Bull. acad. roy. de Belgique, 1801, 40:». J. E. Gray, Proceed. Zoolog. Soc. 1864. W, IL Flotoer, Proceed. Zoolog. Soc. 1864, 391. J.E.Gray, Catalogue of Seals and Whales, London, 1866. L. 1). Cope, Contribution to the history ofthe cetacea.... (Proceed. ofthe Academy ofNatur. Se. ofPlnla- delphiafor I86ii ; . Philadelphie, 1866. Cette baleine a té désignée sous le nom de nordkaper (1 ) par les baleiniers hollan- dais, de sarde parles Français, de stàtèak parles Islandais et les Norvégiens, d'east- coast whale par les baleiniers qui visitaient autrefois la mer de Baffin et les cotes de Groenland. Tous les auteurs s'accordent à dire que les Basques ont fait la pèche de la baleine dans le golfe de Gascogne et dans la Manche, dès le neuvième ou dixième siècle, i Ce nom de nordeapt r au Noordkaper a été donné par erreur ii des animaux bien différents les un» des autres.— D'après Bai, on désigne sous ce nom, mu les côtes d'Ecosse, l'Orque; ailleurs le Tursio; mais le plus souvent ce sont des Balénoptères. BALEINES. 91 et que cette race agile et vaillante, adroite à tous les exercices de corps, cou- rageuse jusqu'à la témérité, a appris aux Hollandais à harponner ces animaux. Les Basques sont censés avoir introduit le harpon vers 1 550. Ils ont conservé pen- dant assez longtemps le monopole de cette pèche, et nous voyons les Hollandais, lors de leurs premières expéditions dans les mers arctiques, prendre des harpon- neurs basques à leur solde. Ces harponneurs n'étaient engagés que pour la durée de l'expédition. Après les hostilités qui éclatèrent au sujet de la pèche entre les baleiniers an- glais et hollandais (1 6 1 2 à I G 1 4), il y eut, dans les parages du Spitzherg, un partage des haies et des eaux les plus propres à la capture des haleines, et après que les Anglais, les Hollandais, les Hamhourgeois et les Danois se furent partagés les bonnes places, nous voyons encore deux baleiniers basques venir réclamer la leur. Les Basques n'avaient donc plus le pas sur les autres, et peu de temps après, ils cédèrent complètement la place à ceux qu'ils avaient initiés dans l'art de manier le harpon. Le baleinier basque a disparu avec la baleine qui porte son nom. Depuis longtemps il n'existe plus guère de baleines dans le golfe de Gascogne qui puissent faire l'objet d'une pèche régulière, et c'est tout au plus si, de temps à autre, on y voit apparaître encore une baleine ou une balénoptère isolée. Cuvier en avait conclu que cette baleine, que l'on capturait autrefois dans la Manche, s'était retirée insensiblement vers le nord, devant les attaques incessantes de l'homme, et qu'elle avait fini par se réfugier au milieu des glaces du Spitzherg et du Groenland. Le grand naturaliste en était d'autant plus convaincu, que son opinion était indirectement corroborée par le témoignage de Scoresby qui avait pris part à la capture de 522 baleines et qui n'avait observé, dans ses nombreux voyages au nord, qu'une seule et unique espèce de baleine; le nordeaper des pé- cheurs hollandais ne s'était trouvé nulle part sur son passage. On le comprend aisément; le nordeaper avait déjà disparu de ces parages à l'époque où Scoresby faisait ses voyages, comme le mysticetusa presque disparu lui-même de ces régions, où, dans le courant du siècle dernier, on en prenait encore par centaines. Les baleiniers basques ont mis plusieurs siècles à détruire le nordeaper dans les ré- gions tempérées de l'Atlantique; les successeurs des Basques n'ont mis qu'un 92 SQUELETTE DES CÉTACÉS. siècle à détruire le mysticetus dans les parages du Spitzberg, et à peu près autant pour le faire disparaître de la mer de Baffin et du détroit de Davis. Otte opinion de Cuvier, sur le changement de station de la haleine de la Manche a été partagée par la plupart des naturalistes; aux yeux de presque tous, le nord- caper était devenue une espèce nominale qu'il fallait rayer de l'inventaire général. Fen notre ami Eschricht n'était pas de cet avis; il avait confiance dans le récit des anciens baleiniers; s'étant assuré que la haleine franche, qui habite les glaces polaires, ne sort guère, à aucune époque de l'année, du cercle polaire, il en concluait naturellement que la haleine chassée par les Basques dans la Manche devait être un autre animal. Eschricht découvrit, dans un précieux manuscrit islandais du douzième siècle, le Kongskug-sio, on le miroir royal (I), quelques renseignements du plus haut intérêt sur cette question. — La pêche de la baleine occupait beaucoup les Islandais de cette époque, et les pêcheurs distinguaient parfaitement deux sortes de baleines : l'une au nord qu'ils appelaient nordwall (baleine du nord), et l'autre au sud qu'ils désignaient sous le nom de slatùag ; la première se montrait au nord pendant l'hiver, l'autre n'apparaissait qu'au printemps, et cette dernière seule avait la peau couverte de coquillages (Lepades). Celte baleine qui se couvrait de lepades ou balanes est évidemment l'animal auquel les baleiniers hollandais ont donné plus tard le nom de nordeaper. On trouve également quelques renseignements, qui ne sont pas sans importance, dans certains ouvrages du seizième et du dix-septième siècle. Ainsi, Rondelet a eu connaissance de cette baleine, quoiqu'elle n'ait pas fré- quenté la Méditerranée. En parlant de la Balsena vulgo dicta sive de musculo, il donne comme caractères distinctifs: rostroest ùrevi, ftstula caret, corio dura nigro inlegi- tur. Sine pilis, cui Lepades ci ostrea hœrentia aliquando reperiunturfô). — On sait que les balénoptères ne se couvrent jamais de ces /,e/W<'.v, el (pie la seule espèce de ba- leine à fanons, qui entre dans la Méditerranée, appartient à ce genre. Nous pou- (1) Ce manuscril es) signalé dans le muséum Wormianum 1888), et Lesson en fait mention dans soi Histoire uat ut . 1 1 1 des cél < pa • 31 . (2) Rondelet, De piscibuslib. XVI, p. 471,. looi. BALEINES. 93 vons donc conclure de ce passage que Rondelet a eu connaissance du nordcaper, car il n'est pas probable qu'il ait connu des baleines australes. Du Hamel admet deux espèces de baleines, la baleine franche et la sarde, qu'il considère comme le vrai nordcaper. La sarde est plus petite, a moins de lard et est plus alerte. — On la voit à Terre-Neuve, où elle se nourrit de capellans (I ). La connaissance de deux sortes de baleines au nord de l'Atlantique parait du reste assez générale parmi les baleiniers du XVII e et du XVIII e siècle. Après la découverte du Spitzberg (16 H), Tbomas Edge fut chargé de la première expédi- tion anglaise pour la pêche de la baleine au nord, et dans ses instructions il est fait mention de deux sortes de baleines, l'une tlie bcardcdwhale, qui est le myslicefus, et l'autre la sarda, avec des fanons de six pieds, qui est sans doute la biseayensis. Les baleiniers groënlandais distinguaient de mémo deux sortes de baleines, l'une sous le nom de easf-coastivhale, qui visite la côte d'Amérique et Terre-Neuve, l'autre ivest-coast whale, qui ne se montre que sur la côte de Groenland. Les deux sortes de baleines étaient également connues des marchands, qui reconnaissaient à la longueur des fanons l'espèce qu'ils désignaient sous le nom de seven-feet-bone et l'autre qu'ils appelaient grcenland ivhalc ; la première à fanons courts, l'autre à fanons longs. Dans un manuscrit conservé à Pau, et qui a pour objet la découverte de Terre- Neuve, se trouve un passage qui mérite d'être signalé. — Ce manuscrit a été com- muniqué par le professeur Geffroy à Eschricht et au professeur Reinhardt. Il y est fait mention de baleiniers basques à la recherche des repaires des baleines, qui hantaient leurs côtes au milieu de l'hiver. D'après ce récit ces baleiniers voyaient de plus en plus de baleines à mesure qu'ils avançaient vers l'ouest, et ils arrivèrent ainsi jusqu'au banc de Terre-Neuve. — Là ils trouvèrent des baleines différentes de celles qui hantaient leurs parages, et ils leur donnèrent le nom desardaco ba- leac, baleines de troupe (2). Le nombre de ces animaux ayant diminué sur les côtes d'Europe, les baleiniers (1) Du Hamel, T mile des pêches, sect. X, t. IV. .' ('.os Sardaco Baleac sont sans doute des mysticetus du Groenland, bien différentes des sVnv/.'v, que les Basques avaient poursuivis jusque daus ces parages. Les mysticetus descendent quelquefois, en effel, jusqu'il Terre-Neuve. 94 SQUELETTE DES CETACES. sont allés les poursuivre sur les côtes d'Amérique, et à la fin du XVI e siècle des vaisseaux de diverses nations prenaient part à la capture de ce riche butin. — Plus de 500 vaisseaux se rendaient dans ces parages vers cette époque, et il n'y avait pas moins de 15 vaisseaux anglais, autant de portugais, 150 français, 100 espagnols et 20 ou 50 vaisseaux du golfe de Gascogne qui se livraient à cette pêche, dit Antony rarkhurst(l578) (I). Pontoppidan parle également de baleines, à fanons de cinq à sept pieds, différen- tes des baleines de Groenland, par la largeur comme par la qualité de ces organes, et que l'on prend dans les parages de Terre-Neuve. Mais à l'époque où Pontoppidan écrivait, cette pèche devait être à peu près abandonnée, puisque, pendant une période de dix-sept ans, on n'avait pris que deux baleines, dont un vieux mâle. Chemnilz fait également mention d'un fait qui mérite d'être signalé. — Un ba- leinier, après avoir fait la pêche du cachalot au Brésil, se rendit au nord afin de compléter son chargement. Entre Terre-Neuve et l'Islande, il captura un nord- caper. — Il fait remarquer qu'il n'y a pas de chasse plus difficile. Le nordcaper est très-remuant et fait des sauts irréguliers (krumme Sprungen). — Il porte sur sa tète noire des coquillages et l'animal capturé en portait suffisamment pour remplir un sac. Chemnitz est d'avis que ces coquillages sont les mêmes que ceux décrits par Walchs sous le nom de Balanus et que Rumphius a rangés parmi les Oursins. On peut reconnaître ce nordcaper, dit Chemnitz, non-seu- lement à la structure du corps, mais surtout à ses mouvements désordonnés et aux balaues qui lui couvrent la tête. Il est donc généralement admis qu'une baleine, à fanons courts dans la bouche et a coquillages sur la tête, était l'objet d'une pèche régulière sur les côtes d'Eu- rope et, plus tard, sur les côtes d'Amérique (2). Aussi ne doit-on pas être surpris de voir Zorgdrager admettre une baleine des glaces (ysvisch) et une baleine du cap nord nordcaper. Le temps nous apprendra si Zorgdrager a eu également raison (Ij En 1858 mi comptait encore aux Étals-Unis 736 baleiniers; on n'en compte plus que 34S en 18(17, cl en 1868.— Celte décroissance est constante depuis 1817. Los trésors que ces pêcheurs tirent du fond île la mer, dépassenten importance la valeur des mines d'or de la Califoi me, dit avec beaucoup de raison le commandant Maury. (2) Score bj reconnaît que la baleine des régions tempérées se couvre de lepas diadema, et jamais celle des régions arctiques. BALEINES. 95 de distinguer son ysvisch en baleine du sud, que l'on prend entre le Spitzberg et la Nouvelle-Zemble, et celle de l'ouest que l'on prend depuis le Spitzberg jusqu'au détroit de Davis. Nos connaissances en cétologie étaient bien incomplètes à l'époque où Lacépède écrivit son histoire naturelle des Cétacés ; et cependant, à côté de la baleine franche du Groenland, le savant successeur de Buffon admettait une espèce distincte sous le nom de nordcaper, et dont il produisait un dessin qui n'est pas sans mérite. Une troisième espèce dont parle Lacépède est évidemment la Megaptera boops, que Cuvier n'a pas connue non plus, mais la quatrième nous paraît nominale. Cuvier, en écrivant ses recherches sur les ossements fossiles, se livre à l'étude des baleines et des dauphins; avec beaucoup de raison, il n'admet que les espèces dont l'authenticité est bien établie, soit sur des squelettes, soit sur des ossements séparés. Malheureusement le muséum de Paris, comme la plupart des collections du reste, était fort pauvre en cétacés, à l'époque où le grand natura- liste se livra à ces travaux. Le muséum d'histoire naturelle de Paris possédait un squelette de baleine du Cap rapporté par Delalande et un squelette de mégap- tère désigné sous le nom de Rorqual du Cap. — Le British muséum pos- sédait une tête de baleine du Groenland. Quelques squelettes de Rorquals étaient également connus. L'animal, qui aurait dû être représenté avant tout dans l'un ou l'autre musée par une pièce quelconque, puisqu'il avait été l'objet d'une pèche régulière sur les côtes d'Espagne et de France, faisait défaut partout. Les squelettes que nous venons de signaler étaient à peu près les seuls matériaux dont le naturaliste pouvait disposer il y a quarante-cinq ans. ..« Quant à la baleine de glace, au vrai nordcaper, au nordcaper du capJ\ T ord, dit Cuvier, le seul dessin, le seul document muni de quelque authenticité que l'on ait cru pouvoir y rapporter, consiste^ dans les figures faites au Groenland par Bachstiom, envoyées par sir Joseph Banks à M. le comte de Lacépède, et que celui-ci a fait graver dans son histoire naturelle des cétacés (PI. II et III). Il suffit 96 SQUELETTE DES CÉTACÉS. de comparer cette figure de Bachstrom avec celle de Scoresby, pour être convaincu qu elles ne représentent qu'une seule et même espèce. » Nous ne partageons pas cet avis de Cuvier. — Ce dessin de Bachstrom , fait en 1779, d'après un individu que l'on prétend provenir des mers du Groenland, représente un animal différent du mysticetus, et, en le comparant au dessin du docteur Monedero, que nous repro- duisons dans notre atlas, nous ne doutons pas que ce ne soit le même animal, c'est- à-dire, le véritable nordcaper. La courbure de la lèvre au-dessous du globe de l'œil, aussi bien que la grosseur et la forme de la tète., nous paraissent caractéris- tiques dans ce dessin. Dans son histoire naturelle des cétacés, Fr. Cuvier n'admet que la baleine franche dans le genre Balaena, et il ne trouve, dit-il, aucune raison d'admettre le nordcaper comme espèce distincte. .. « Il ne restera en dernière analyse, dit-il, pour fonder l'existence de cette espèce, que ce nom de nordcaper, appliqué par les pêcheurs à un cétacé à fanons, et auquel ont été rattachés des notions di- verses, qui semblent autant appartenir à un rorqual qu'à une baleine proprement dite. » Fr. Cuvier avait raison : très-souvent on a confondu, sous le nom de nord- caper, de véritables balénoptères et peut-être aussi des megaptères; mais de ce qu'on a souvent confondu des espèces distinctes, il ne résulte pas que le nordcaper ne soit pas une baleine à caractères constants et particuliers. Comme on le comprend aisément, la grande autorité de Cuvier entraîna la généralité des naturalistes, et le nordcaper fut rayé du catalogue général des zoo- logistes. — Cette baleine était devenue, aux yeux de tous, une espèce nominale. Le professeur Eschricht de Copenhague, ainsi que quelques autres naturalistes, avaient plus de confiance que Cuvier dans le récit des anciens baleiniers et, en étu- diant la répartition géographique de la baleine franche, Eschricht avait acquis la conviction que cette dernière espèce ne quitte jamais les glaces polaires, et ne peut par conséquent pas être la même baleine que les Basques avaient chassée pendant des siècles dans le golfe de Gascogne et dans la Manche. — De son côté, le professeur Reinhardt apportait des preuves plus décisives encore. En faisant le relevé des documents authentiques recueillis dans les colonies danoises du Groenland, le savant professeur de Copenhague fit voir à l'évidence, que la baleine de cette contrée visite exactement les mêmes parages qu'autrefois, etqueson apparition dans les diverses stations a lieu absolument à la même date. BALEINES. 97 — 11 n'y a rien de changé depuis plus d'un siècle dans les mœurs de cet intéres- sant animal. Toutes ces preuves n'auraient peut-être pas suffi pour faire revenir les natura- listes à l'opinion des baleiniers des siècles précédents, quand heureusement, le 17 janvier 185-1, une baleine, une vraie baleine accompagnée d'un baleineau, fit son apparition dans le golfe de Gascogne. L'animal se montra à diverses reprises devant Saint-Sébastien ; il resta en vue pendant plusieurs jours, et les habitants de la côte se décidèrent heureusement à lui faire la chasse; le balei- neau fût capturé, mais la mère échappa. Le docteur Monedero, qui était sur les lieux, en fit un bon dessin en couleur, et le cadavre fut dépecé pour en conserver les os. — Le dessin fut ensui'c lithographie, et, grâce au docteur Bazin de Bordeaux et au professeur Geffroy, qui comprenaient l'un et l'autre l'importance de celte capture pour la cétologie, un exemplaire de la lithographie fut remise entre les mains d'Eschricht. Eschricht reconnut à l'instant que le cétacé de Saint-Sébastien était une vraie baleine, et non pas une balénoptère, mais une baleine toute différente de l'espèce du Groenland. Peut-être est-ce un descendant des nordeaper, se dit-il, el Je nordeaper ne serait donc pas éteint. Eschricht m'écrivit le 1 f> octobre \ 857 : « Personne n'a donc été frappé encore par l'accident de Saint-Sébastien. Ah ! que c'est bien ! C'est donc moi, je l'espère, qui en prouverai toute l'importance pour l'histoire de la pêche de la baleine. Mais il me faut pour cela aller à Pampelune ; j'espère trouver le squelette qui vaut » Mon savant ami fit peu de temps après ses préparatifs de voyage. Une pouvait pas abandonner à un autre le soin d'étudier les caractères de cette curieuse baleine; il quitta Copenhague le 18 juin 1858, s'arrêta à Louvain pendant quelques jours, annonça à l'Académie des sciences à Paris le motif de son passage , arriva à Saint-Sébastien , puis à Pampelune, où son arrivée était officiellement annoncée et où les os du squelette se trouvaient déposés. — Le squelette n'était pas monté. — Eschricht reconnut à l'instantque la jeune baleine différait complètement de la baleine du Groenland, et, il n'y eut plus de doute pour lui, l'animal qui venait si inopinément faire son apparition dans le golfe de Gascogne, appartenait à ce groupe île baleines que les Basques harponnaient dans la Manche, et dont l'espèce n'était heureusement pas détruite, comme il v avait tout lieu de le craindre, i SQUELETTE DES CÉTACÉS. Eschricht fit l'acquisition du squelette par voie d'échange pour le Musée de Copenhague, et n'éprouva quelque repos que quand le navire qui le porta fut entré dans le port de Copenhague. Une de ses grandes préoccupations en partant pour Saint-Sébastien, c'était l'es- poir de trouver quelque Balane tombé de la peau de cet animal ou de quelque autre individu harponne près delà côte. — Ses recherches à Saint-Sébastien, ainsi qu'à Pampelune, ne lui apprirent rien à ce sujet. Depuis la mort d'Eschricht, nous avons été informés, grâce à l'obligeance du docteur Fischer, que cette baleine a été observée par les gardiens du phare, lors de son passage dans la baie de Biarritz, et qu'ils ont parfaitement reconnu la présence de ces crustacés sur la peau de l'animal. Eschricht comptait publier la description de ce squelette dans le nouvel ou- vrage dont il avait commencé l'impression à Paris, lorsque la mort vint le sur- prendre. « Je joindrai à la seconde livraison, pour les baleines franches [Leioôalsena}, mes recherches sur la baleine de Biscaye et sur lajaponica, dont j'ai reçu un fœtus très-maltraité », me disait-il dans une lettre datée du 25 juin \ 80 1 . Le professeur Iteinhardt s'est engagé à publier la description de ce squelette unique, qui se trouve au musée de l'université de Copenhague. — Nous avions compté sur cette publication, mais des travaux divers ont empêché le savant pro- fesseur de Copenhague de terminer son travail. Là capture du baleineau dans le golfe de thcAustralis. Le savant professeur de Philadelphie a eu l'extrême obligeance de nous envoyer un os d'oreille complet de sa baleine nouvelle pour la comparer à celle du balei- neau de Saint-Sébastien, et sa ressemblance avec les baleines australes est frappante. Nous donnerons plus loin la description de cette pièce intéressante que nous fai- sons figurer dans notre Atlas, en attendant que le professeur de Philadelphie pu- blie la description complète du squelette. Il parait qu'anciennement cette espèce a été aux États-Unis l'objet d'une pèche régulière au cap Cod pendant l'été, comme elle l'était en hiver dans la Manche en Europe, puis entre Terre-Neuve et l'Islande. L'île de Nantueket (Massachusets) compte un grand nombre de baleiniers, et c'est peut-être la présence de cette baleine sur leurs côtes qui a formé, dans le temps, les premiers baleiniers américains. Comme en Europe, des individus font encore de temps en temps une apparition dans les mêmes parages où autrefois ils étaient assez abondants (I). Le pro- fesseur Cope en a eu trois squelettes à sa disposition. Les" baleiniers américains les désignent sous le nom de Black Whale, dit le professeur Cope. Il y a tout lieu d'espérer que d'ici à peu de temps, nous saurons par la compa- raison des squelettes quel est le degré d'affinité qui unit entre elles les baleines des régions tempérées. Avant de finir celle revue historique, nous signalerons quelques ossements qui pourraient bien provenir de cette même espèce. Nous ne devons rien négliger pour réunir les débris d'un animal qui est sur le point de s'éteindre, et qui mérite, sous des rapports fort divers, toute l'attention du naturaliste. A diverses reprises (in a trouve sur la plage et quelquefois dans l'intérieur des i Thcj were formerly abundant aboul the nioulh ofthe Delawan Cope BALEINES. 101 terres, des ossements de baleine qui ne se rapportent pas à la baleine franche du Groenland, et tout tend à supposer, que plusieurs d'entre eux appartiennent à l'espèce qui nous occupe. — Malheureusement il arrive souvent que ces pièces conservées dans les musées ne portent aucune indication d'origine. Parmi ces ossements nous comptons une région cervicale figurée par Lacépède et que ce savant attribuait à la Balénoptère qui a échoué, à la fin du siècle dernier, à l'île Sainte-Marguerite (Var). — Les vertèbres du cou sont toutes réunies et elles ne peuvent par conséquent pas provenir d'une balénoptère. — Cuvier a figuré cette même région cervicale, et il a parfaitement reconnu qu'elle n'appartenait pas à la balénoptère de l'île Sainte-Marguerite; qu'elle devait plutôt être comparée aux vertèbres cervicales de la baleine du Cap, dont elle est cependant distincte, disait- il avec beaucoup de raison. Elle n'a aucunement l'air d'avoir été enterrée. Un autre os remarquable appartient au musée Britannique : c'est aussi une région cervicale et qui a été déterrée à Lyme-Regis en \ 860. Le9 surfaces articulaires de l'atlas indiquent une tète plus petite que celle du mysticetus, ce qui s'accorde avec le volume de la tète du squelette de Pampelune, qui n'a que le quart de la longueur totale de l'animal. Ces deux régions cervicales offrent entre elles de notables différences; nous ne connaissons l'origine que de la dernière et, à en juger par certains caractères, il n'est pas impossible que la première ne provienne d'un mysticetus du Groenland. Escbricbt nous a parlé d'un squelette entier qui était ensablé quelque part sur la côte du Danemark; mais il avait peu d'espoir de l'obtenir, à cause des grandes dépenses que ce déterrement aurait occasionnées. — Escbricbt rapportait ce squelette à une baleine et, probablement nous disait-il, à la Oiscayensis. Une partie de tête trouvée à Paris dans la rue Dauphine et qui se trouve aujour- d'hui au musée Teyler à Harlem ainsi qu'une vertèbre trouvée en septembre 1859 dans la même rue, pourraient bien se rapporter à la même espèce (1). On a également trouvé un squelette en Ecosse et MM. Sundevall, Lovèn et Retzius ont signalé des ossements sur les bords de la Baltique, qu'il serait fort important de comparer avec la baleine qui nous occupe (2). [1] l.a Baleine de Lamanon dont Cuvier a fait mention dans ses Recherches. (2 Ofversigl af Kongl. Vetensk, Aka. 150 118 SQUELETTE DES CÉTACÉS. fondes de l'île Sainte-Hélène, les îles Malouines, peut-être les îles de la Sonde (I) et la côte de la Plata. Dieffenbach et d'autres voyageurs signalent également des mégaptères à l'est de la Nouvelle-Zélande, et sur la côte du Chili. Enfin on a reconnu encore ces mysti- cètes sur la côte du Japon, au sud de la mer d'Okhotsck en compagnie du Bé- luga (2) ainsi que sur les côtes de la Californie (5). Sous le nom de IL boops, Pal- las (4) parle d'un mysticète qui a été vu par Steller au détroit do Behring, et qui paraît être le Ooops de Fabricius. Parmi les trois espèces de cétacés à fanons, que M iddendorf signale dans ces parages, figure également l& Megaptera boops sous le nom de Balœnoptera longimana. Il en est venu échouer sept dans le courant de l'été au sud de la mer d'Okhotsck, dont il a pu on voir deux. — Il a vu les plis sous la gorge, et la longueur extraordinaire des nageoires pectorales. On a trouvé des restes de ces animaux à l'état fossile en Europe et en Amérique, et il y a des squelettes plus ou moins bien conservés qui ont été déterrés à une assez grande distance des côtes actuelles et à des centaines de pieds au-dessus du niveau actuel de la mer (5). Parmi des ossements recueillis en Virginie dans le mio- cène, le professeur Cope a cru reconnaître des os d'oreille de megaptera. Nous ne croyons pas qu'il y ait lieu d'établir des distinctions génériques parmi les megaptera, et l'espèce du Cap, que Cuvier réunissait avec les balénoptères, sous le nom de Rorqual du Cap, ne présente certes aucune disposition qui justifie la création du genre Poescopia. Nous avons étudié comparativement le squelette de l'espèce du Groenland avec le squelette du muséum de Paris (6), qui a été rapporté par Delalande en \ 820 en même temps que les deux squelettes de baleine, et (1) Une tête, envoyée de Java au Musée de Leyde, et qui a été attribuée d'abord a un animal de ce genre, n é.té reconnue, par M. Flower, pour une Balénoptère. Depuis peu, une autre baleine de 45 pieds de longueur, et qui paraît bien être une megaptera, a échoué près de Pekalongan (nier de Java . Natuurl. ï yilsrbr., voor Nederland. Indie, 18G4, p. 423 et 445. (2) Schrenk, Reisi a und Forschungen im Amur-Lande; Petersburg, 1858. 3) Most ab un dan l offtlie bold eoast of cape Sainl Lucas, California; lien net, Wbaling Voyage, II, p. 2." 2. Middendorf fail également mention du Béluga dans les parages de la mer d'Okbotsck : Sibirische Reise, Wirbelthiere, pag. I -'-'. 4] Zool. Rues. Asiat. 891. (6) Une lithographie dessinée par Seharf, représentant la tête seule, porte pour inscription : View of an c.normous head of un unknown animal, found in New Orléans, 180 miles from the sea and 75 feet from Ihe earlh's surface. (6) Bulll lin (le l'Académie royale de lielgiipie, 2" série, t. XVIII, n" 12. MEGAPTERES. 119 nous avons tout au plus reconnu quelques différences spécifiques dans ces deux cétacés. Il existe diverses espèces, mais comme on ne possède guère que les squelettes envoyés de Groenland par Bolbôll, ainsi que le squelette de quelques individus écboués accidentellement en Europe et aux États-Unis d'Amérique, celui du Cap, rapporté par Delalande, et celui de la Plata,qui est au Musée de Buenos-Ayres, il faudra bien du temps encore avant de pouvoir se prononcer définitivement sur leur nombre. Pour le moment nous croyons pouvoir admettre comme certain : \° La megaptera boops deFabricius ou la balsenoptera longimana de Rudolpbi, qui est propre au nord de l'Atlantique et qui a une de ses stations fixe au détroit de Davis. 2° La megaptera Lalandii qui appartient à l'Atlantique méridional et que l'on ob- serve au cap de Bonne-Espérance comme sur les côtes de Buenos-Ayres. Comme probable : 5° La megaptera Novse Zelandiœ, qui habite le sud du Pacifique, mais dont on ne connaît que l'os de l'oreille. On la trouve à l'est de la Nouvelle-Zélande et sur la côte du Chili. 4° La megaptera Imzira, du nord du Pacifique, dont on ne possède aucun débris, mais que l'on a signalé aux îles Aléoutiennes, et jusque sur les côtes de la Cali- fornie (-1). [\) Nous possédons à Louvain des Coronula de la côte de Californie, qui appartiennent évidemment à une espèce différente de la Coronula diadema de la Megaptera boops. MEGAPTERA BOOPS PI. X et XI, Fig. 1-8. 0. Fabricius, Fauna groenlandica, in-8°; Hafniae et Lipsiae, 1780. Pander et Dalton, Die Skelete der Cetaceen, in-fol. Bonn, 1827. Rudolphi, Mémoires de l'Académie de Berlin, 1829. Brandt et Ratzeburg, Getr. Darstell. und Beschreib. d. Thiere... in-4° Berlin, 1829. D. F. Eschricht, Die nordiscb.enWalltb.iere, in-fol. Leipzig, 1849. Gray, Catalogue of Seals andWhales. London,1866. Van Beneden, Le Rorqual du cap de Bonne-Espérance et le Keporkak des Groënlandais: Bullet. acad. roy. de Belgique, 2 e série, t. XVIII, n" 12. Ni Linné ni Cuvier n'ont connu cette espèce et le muséum de Paris, malgré ses richesses en tout genre, ne possédait à l'époque où le grand naturaliste du Mu- séum publiait ses recherches sur les ossements fossiles, aucun os connu de cet intéressant animal. Je n'ai rien observé dans les collections qui se rapportât au Gibbar, dit Cuvier. En visitant les galeries, surtout les magasins et les squelettes non montés, nous avons trouvé quelques os, qui proviennent évidemment de megaptera, entre autres, une omoplate d'une fort grande dimension. Après David Cranz (1761-1762), 0. Fabricius (1768) a étudié cette espèce ion l'appelle Keporhal, au Groenland) avec beaucoup de soin, pendant son séjour sur la côte du Groenland, et il l'a désignée sous le nom spécifique ùeBalœna Boops, la croyant identique avec la Balaena Boops de Linné (1). Dans le courant de ce siècle, le gouverneur danois au Groenland, Ilolboll, en a i) La Balaena Boops de Linné esl une Balaenoptera voisine sinon identique avec la Balaenoptera mus- culus. MÉGAPTÉRES. i2 l fait une étude plus complète encore et il en a envoyé à Copenhague des squelettes de tout âge, des fœtus de toutes les dimensions, ainsi que divers organes, y com- pris même le cerveau, dans un état de parfaite conservation. Cette espèce a été connue depuis longtemps des baleiniers sans que les natura- listes en eussent la moindre connaissance ; elle était cependant commune aux îles Bermudes et surtout dans le détroit de Davis. Une baleine échouée à l'embou- chure de l'Elbe et décrite sous le nom de Balsenoptera longimana par Rudolphi, a été reconnue plus tard pour être précisément le Keporkak des Groëulandais si commun à l'entrée de la mer de Baffin. C'est Eschricht qui a le grand mérite d'avoir élucidé l'histoire de cet animal. M. Schlegel a reconnu le premier, si je ne me trompe, les rapports qui existent entre cette espèce et le Rorqual du Cap décrit par Cuvier. Syn. : Balœna boops, Fabr. Balœna nodosa, Klein et Bonaterre. Balœna longimana, Rud. Megaptera longimana, Gray. Kyphobalœna Keporkak, Eschricht. Humpback, Pflockfisch, Knotenfisch, Knobbelfisch des baleiniers. Keporkak des Groënlandais. Baleine à bosse. Ce mysticète atteint, d'après Holboll, cinquante à cinquante-quatre pieds, et d'après 0. Fabricius, il atteindrait jusqu'à soixante pieds, comme la baleine du Groenland. Il en a quatorze en venant au monde, dit Eschricht, et trente en quit- tant la mère. Sa nourriture consiste au Groenland principalement en mallotus arcticus, ammo- dytes lobianus et limacina arctica, etc.; Holboll ajoute encore le gadus agilis et divers crustacés à sa pâture ordinaire (i). Cet animal n'est pas farouche, et les Groënlandais le tuent sans le harponner. I) Eschricht Nord. Walllh., p. 150. 16 122 SQUELETTE DES CETACES. D'après Eschricht, le keporkak se rend au nord pendant les mois d'août et de septembre, occupant depuis le soixante-deuxième jusqu'au soixante-sixième degré et quitte ensuite ces régions froides pour revenir vers le mois d'août et de mai. Il n'entre pas dans les eaux occupées par la baleine du Groenland. Dans le détroit de Davis le Keporkak s'établit régulièrement vers la fin d'avril dit Holboll, et arrive en été par bandes sur la côte du Groenland ; en automne on le voit près de Frederikshaab (62°), puis jusqu'à Pissukùit (64° 20'), et il quitte en no- vembre. En hiver on ne voit que des individus isolés. Depuis le mois de mars jus- qu'à la fin de mai on voit aux îles Bermudes, des femelles avec leur baleineau. En octobre 4 855 une baleine appartenant probablement à cette espèce, a remonté le fleuve Saiut-Laurent jusque près de Montréal (4). Schrenk le signale avec Middendorf, comme nous l'avons vu plus haut, dans la mer d'Okbotsk, en compagnie du Béluga (2). Il vient accidentellement dans la mer du Nord et pénètre même dans la Bal- tique (5). M. Sophus Hallas (4) nous a appris tout récemment que l'on voit apparaître ces cétacés vers le milieu du mois de juin sur les côtes de l'Islande, et il en a observé dans les mêmes eaux jusqu'à son départ, le -14 septembre. Il en a vu deux au mois de juin, un au mois de juillet, deux au mois d'août et un en septembre. M. G. 0. Sars a reconnu cet animal aux îles Lofoten ainsi que les balœnoptera roslrata et laticeps (S). Un individu est venu écbouer il y a quelques années, sur (1) Journ. phil. d'Edimbourg; juillet 1824. (2 ... That the riglit whale of lîehring's Strait and the whales of Bafïin's Bay are probably the samc animais; and ifso, the conclusion is almost inévitable, that there is at times, al least, an open water communication through the polar régions, bctwecn the Atlantic and Pacific Océans. M. F. Maury, Expia- nations and Sailing Directions; Washington, 1858, vol. 1, pag. 320. (3) La baleine qui échoua le 9 avril 1851, prés de l'île Ramusaar, a l'est de Réval, et qui a été envoyée à Saint-Pétersbourg, est un jeune mâle de trente et un pieds trois quarts de long. Ilubner, C. W. Th. iib. d. am 9 April 1851 bei Reval aufç/ebr. Wallthier (BAL£J(A longimana, mas.) mit Abbild. Heval, 1852. Ilubner cite ensuite un autre animal qui aurait échoué au mois de mars 1545 prés de Greifswalde, un autre en- core en mai 157s, sur la côte de Courlande [fcurlandischen Kiisle), et un troisième, de soixante pieds de long, qui est venu se perdre près de Stetlin, eu 1628. Heusche, Ueber einem auf der kurischen Neh- rung bei NiJdsn fuml, mn Knochen, in-4° Schrift. J. l'hys. Oek. lies, zu Koniyxberij. Jahre 1, H. II. (4) Sophus Ballas, Optegneller ... (Vidensk.medd. fradem naturhist. Foren. farl8G7), Copenhague. 1868. (8 G. 0. Sars, Beskrivelse af en ved Lofoten.... Balœnoptera musculus; 8*, Christiania, 1865. MÉGAPTÈRES. 123 la côte de Norvège près de Stavanger (I ) et un autre à l'embouchure de l'Elbe (2). 1 1 en est venu également à la côte en Ecosse (Frith of Forth, et en Angleterre Newcastle, Berwick, Dee) (5). En général ces animaux n'échouent pas quand ils visitent leurs stations habi- tuelles et les divers exemples que l'on connaît, d'individus égarés et morts sur nos côtes en Europe, indiquent précisément qu'ils n'appartiennent pas à la faune euro- péenne. On a trouvé, à Heljarp près de Laudskrona (Suède), des ossements qui appartien- nent au genre megaptera et peut-être au megaptera boops d'après Lilljeborg (4). Ces animaux ne sont pas venues se perdre en se rendant du sud au nord comme on l'a supposé, mais en se rendant du nord au sud. Les baleiniers qui vont à la pèche de la baleine franche, traversent les régions des keporkaks pour entrer dans l'Océan glacial où cette espèce ne pénètre pas (Eschricht). Le keporkak aime surtout les grandes profondeurs. On trouve sur la peau, des coronula diadema et une espèce particulière de Cyame, cyamus boopis d'après M. Lutken (5). — Sur les coronula diadema on trouve parfois des otion auritum. Sur l'individu de l'embouchure de l'Elbe et dont le squelette est au musée de Berlin se trouvaient des coronula avec des otions, qui ont été conservés par Bur- meister. Il existe des squelettes de cette espèce dans divers musées; grâce à Hol- (1) Au commencement d'avril, 1846, une femelle de 45 pieds sur le point de mettre bas, vint à la côte en Norvège, non loin de Stavanger; un fœtus mâle de 14 pieds de long sortait du corps par la queue. Il était strié en dessous. (Eschricht). — La même année un mysticète mâle de 62 pieds, qu'Eschricht regarde comme un Balénoptère, échoua non loin de là. (2) Rudolphi, Ueber Balœna longimana; 1829. (3) Transact. of the Newcastle Nat. llist. Soc, vol. I. (4) Retzius, Fauna Suecica, p. 50. Nillsson, Ofversigt. K. Wetensk. Akad. forh. 1860. p. 105. Lilljeborg On the Scandinavian Cetacea, p. 290; en note. (5) M. Lutken a bien voulu nous faire part du résultat de ses recherches sur les cyanies, avant la pu- blication d'un travail qu'il prépare sur ces crustacés parasites. 124 SQUELETTE DES CÉTACÉS. boll et Eschricht c'est le mysticète dont les ossements sont aujourd'hui le plus ré- pandus. — On en possède un squelette de quarante-cinq pieds à Copenhague, un de vingt-huit pieds à Leyde, un de quarante-six pieds à Bruxelles, un de trente-deux pieds à Louvain, un autre squelette complet et un crâne au British muséum, un autre encore à Lund (Suède), tous envoyés par Holbôll et Eschricht. — Le Musée de Berlin possède le squelette de l'animal échoué en novembre 4 824 à l'embouchure de l'Elbe; le Musée de Saint-Pétersbourg, celui de l'animal venu à la côte le 5 avril \ 85-1 à l'est de Reval ; le Musée de Liverpoot (Derby muséum) renferme un squelette de trente et un pieds d'une femelle échouée en 4865 dans l'estuaire du Dee; au muséum de Niagara-Falls (États-Unis), il existe un squelette de cinquante pieds provenant d'un animal trouvé mort en mer sur la côte du Maine. Le musée de Christiania possède une tête, celui de Paris une omoplate de grande dimen- sion (•!), celui de Munich également une omoplate. Les musées de Philadelphie et de Niagara-Falls possèdent, le premier des restes de megaptera americana de Gray, le second de megaptera asphyia. A Konigsberg on possède l'occipital de l'animal dont Aug. Muller a parlé en dernier lieu et qu'il rapporte à une balamoptera. Eschricht a eu à sa disposition pour l'étude du keporkak cinq squelettes com- plets, plusieurs crânes isolés, diverses parties molles et six fœtus de grandeur différente. Ces fœtus, deux mâles et quatre femelles, étaient longs de trente- cinq, de quarante-cinq et de soixante-quatorze pouces et demi. Le musée de Copenhague possède encore divers fœtus dans la liqueur. — Le musée du collège des chirurgiens à Londres en possède également un. Rudolphi a publié le dessin du squelette (2). Pander et d'Alton, celui de la tète, des membres, de la région cervicale, du sternum et de l'os hyoïde (5). Eschricht, celui du membre pectoral du fœtus (A) et de la tête (5). Brandt et llalzeburg ont également reproduit la tête du Musée de Berlin (6). I Elle mesure i",52 dans son plus grand diamètre, (2 Mi'in. acad. Berlin, 1829. .') Die Skelete der Cetaceen. i Nordische Walltbiere. (S) Oni nordhvalen. (il; Mnlii . ZcinliiL'ir . MÉGAPTÈRES. 125 SQUELETTE. La tête, ou pour mieux dire le rostre, a uoe forme distincte, surtout quand on la regarde de face : les maxillaires supérieurs sont légèrement élargis vers leur milieu et à leur base; le pariétal montre sa suture avec le frontal dans toute la lar- geur de cet os, en regardant la tête de face, ce qui permet de distinguer facile- ment les mégaptères des balénoptères. Les os maxillaires sont assez massifs vers le milieu de leur longueur surtout, et rendent le rostre beaucoup moins délicat que dans les autres baleines. — Autour des narines ces os s'élèvent au-dessus des os propres du nez, ne laissant entre eux, qu'un bord étroit des intermaxillaires et les os nasaux. — La portion dumaxillaire qui loûge le bord antérieur du frontal se dirige obliquement d'avant en arrière et non pas brusquement en dehors comme chez les balénoptères. Au palais les maxillaires sont faiblement écartés et laissent voir le vomer sur une égale largeur depuis les palatins. Les os propres du nez sont plus larges que dans les autres mysticètes surtout vers le tiers supérieur de leur longueur. Les os nasaux sont de forme triangulaire et sont bien moins développés que dans les baleines véritables; ils s'écartent l'un de l'autre en arrière, ce qui les distingue aisément des deux autres genres. Les os frontaux présentent un très-grand développement en largeur : après avoir formé la voûte orbitaire ils pénètrent en avant dansle creux du maxillaire supérieur comme un véritable coin. — Vus d'en haut ils ont la forme d'un éventail. L'occipital est assez étroit en avant et affecte par sa partie supérieure une forme triangulaire. Le lacrymal occupe sa place ordinaire etconsiste dans une lame élargie au milieu, un peu étroit aux deux bouts et plus épaisse vers le bord externe et le cercle de l'orbite. Le jugal complète en dessous la cavité de l'orbite; il est allongé, arrondi, recourbé pour former le cercle orbitaire ; il est attaché en avant à l'angle du maxillaire, en arrière à un autre angle formé par le temporal. 120 SQUELETTE OES CETACES. Le palatin est à peu près aussi large que long, et il est bordé en arrière par le ptérigoïdien dans toute sa largeur. Le ptérigoïdien forme un sinus assez profond pour la cavité de la trompe d'Eustacheet présente une échancrure profonde, par laquelle s'établit la commu- nication de l'oreille moyenne avec les fosses nasales. La distance est courte entre la caisse du tympan et l'échancrure dont nous venons de parler. Le maxillaire inférieur est assez massif, à peine plus gros à sa surface articulaire qu'à la pointe; son apophyse coronoïde est recourbée en dehors et médiocre- ment développée. — C'est vers le milieu de sa longueur que cet os est le plus fort. La caisse du tympan, au lieu d'être comprimée et anguleuse, est de forme ovale et régulièrement arrondie de tout côté. Les deux bords de l'ouverture de la caisse sont fort réguliers. Le rocher a deux apophyses dont la grande, logée entre le temporal et l'occipital, est à peine plus longue que la caisse elle-même. Comme dans les autres mysticètes ces deux apophyses attachent solidement la caisse à la base du crâne et l'on ne saurait la détacher sans la briser. Le marteau est très-volumineux et soudé au bord de la caisse. — L'enclume est petit et une de ses deux surfaces articulaires est peu développée. L'étrier est court et complètement immobile sur le rocher. Le nombre de vertèbres est de cinquante-deux ou cinquante-trois : elles sont réparties en sept cervicales, quatorzedorsales, neuf lombaires et vingt-deux caudales. Le squelette du musée de Bruxelles en a cinquante-trois comme le squelette de Copenhague. lUulolphi en attribue cinquante-quatre à son squelette, mais les deux dernières sont en bois. — Lilljeborg en compte cinquante-deux dans le squelette d'un jeune animal qui esta Lund et il suppose que la dernière manque. Le corps de ces vertèbres augmente, depuis les premières dorsales jusqu'à la troisième ou quatrième caudale, en diamètre antéro-postérieur comme en diamètre vertical. Les apophyses épineuses croissent en hauteur depuis la troisième cervicale jus- qu'à la première lombaire. L'arc neural disparait à la dixième ou onzième caudale. Les vertèbres de la région cervicale sont toutes complètement séparées les unes MEGAPTEKES. 127 des autres par le corps comme par les apophyses. Le docteur Gray fait la remarque que la seconde et la troisième vertèbre du cou, du squelette d'un jeune animal qui est à Liverpool, sont réunies par le corps et par l'arc neural. Le corps de l'axis a le double de l'épaisseur de l'atlas, et cette épaisseur est même plus grande que celle des troisième, quatrième et cinquième réunies. L'axis a ses deux apophyses transverses supérieure et inférieure à peu près égale- ment développées et non encore réunies dans le squelette que nous avons sous les yeux, comme dans la plupart de squelettes connus. Les troisième, quatrième et cinquième cervicales ont une apophyse transverse inférieure à peu près également développée; la sixième présente à la place de l'apo- physe un tubercule à peine visible; on ne voit plus rien à la septième. Les apophyses transverses supérieure sont assez développées et descendent pour incliner sensiblement en avant ou en arrière; celles des deux dernières se dirigent ainsi que celles de la première dorsale d'arrière en avant et de haut en bas. Nous comptons douze os en V; les cinquième, sixième et septième sont les plus forts. Les côtes sont au nombre de quatorze. La troisième surtout et la quatrième diffèrent des autres par une tète distincte, mais qui est bien loin d'atteindre le corps des ver- tèbres. i Les cinq premières côtes. La première côte est assez étroite en haut, mais elle s'élargit vers le milieu de sa longueur. A son extrémité inférieure elle est à peu près deux fois aussi large qu'en haut. C'est la troisième qui est la plus longue et la plus contournée en haut. Ce sont les cinq ou les six premières qui sont les plus fortes. Elles vont en aug- mentant de longueur de la première à la sixième et diminuent ensuite insensible- ment jusqu'à la dernière. Il y a des squelettes à treize côtes mais l'on peut supposer qu'il y en a une qui manque. Les squelettes de Louvain et de Bruxelles en ont quatorze. 128 SQUELETTE DES CÉTACÉS. Le sternum varie beaucoup avec l'âge; il a la forme d'un bouclier, et il esta peu près aussi large que long. Dans les jeunes individus, il est échancréen avant, comme dans le squelette que nous avons à Louvain ; plus tard il est perforé et plus tard encore il est tout plein. — Il affecte alors la forme d'une large pointe de flèche. Le sternum est plein dans le boops de Ber- lin, mais la partie arrondie doit être placée en avant. Rudolphi a fort bien reconnu qu'il n'y a qu'une seule côte qui s'articule avec le ster- num. Le bassin est formé de deux paires de piè- ces qu'Eschricht a reconnu chez les fœtus comme chez l'adulte, chez le mâle, comme chez la femelle; l'une de ces pièces est assez grande, allongée, pliée vers le milieu, formant un angle très-ouvert et se termi- nant en pointe plus ou moins arrondie aux deux bouts; c'est vers le milieu de cet os, que se trouve la seconde pièce, qui est relativement petite, cl qui n'est pas sans ressemblance avec une rotule. La première qui est placée dans l'axe du corps est l'ischion, l'autre le fémur. Rudolphi a vu retirer le bassin des chairs, et il a pu s'assurer que les os du bas- sin figurés par Cuvier, ne sont pas des os de ce nom et que le grand naturaliste a été induit en erreur par de Lalande. L'omoplate desmegaptera se distingue de l'omoplate des balama par le diamètre antéro-postérieur qui est plus grand que le diamètre vertical et par l'absence ou l'état rudimentaire de ses apopbyscs acromion et cora- coïde. — Nous avons trouvé une omoplate au muséum d'histoire naturelle, marquée 15. iv, 291, qui mesure, de la cavité articulaire au bord libre, quatre-vingt-dix-sept centimètres et d'un angle à l'autre en ligne droite, un mètre cinquante-deux centimètres. — La surface arti- culaire mesure, dans sa plus grande longueur, trente-six centimètres et en épais- seur vingt-quatre centimètres. Dans li- fœtus on voil à l'omoplate un rudiment d'apophyse coracoïde (Eschricht) MÉGAPTÈRES. 129 Souvent les omoplates ne sont pas tout à fait semblables sous le rapport des apo- physes surtout, à droite et à gauche. L'humérus est comparativement plus court et moins fort que dans les baleines; mais ce sont surtout les osdel'avant-bras qui se distinguent par leur longueur ; ils ont le double de l'os du bras. En même temps qu'ils sont plus longs, ils ont perdu, le radius surtout, en largeur, et l'apophyse olécranienne est moins développée, Le procarpe compte trois pièces à peu près également développées, le radial, l'intermédial et le cubital, et il en existe également une au mésocarpe; Eschricht figure deux mésocarpiens dans un bras de fœtus, mais nous ignorons si la figure qu'il en donne ne représente pas plutôt l'apparence que la réalité. Rudolphi n'a figuré que les trois os procarpiens (I). 11 n'y a que quatre doigls; le pouce manque. L'index a la même longeur à peu près que le petit doigt. Outre le métacarpien, l'index a deux phalanges, le petit doigt, trois. Le médian et l'annulaire ont la même longueur; aussi ont-ils tous 1rs deux, indépendamment du métacarpien, chacun sept phalanges. Le cartilage qui termine l'index est plus large que la phalange et il est tronqué au bout. Ces phalanges sont en général fort grandes, surtout celles qui sont à la base, et elles affectent généralement la forme d'un clepsydre, avec des bords libres coupés obliquement. Cette nageoire diffère fort peu, dans son ensemble comme dans ses détails, de celle du fœtus de trente-quatre pouces de longeur, dont Eschricht a donné un dessin dans son beau livre sur les baleines du nord. Il en est de même de la nageoire dor- sale, qui avant l'époque du sevrage, est déjà en tout semblable à celle de la mère. (I) La figure 4, pi. X et XI de l'atlas, représente le membre pectoral complet, et montre par erreur des os mésocarpiens qui n'existent qu'en apparence. — 11 n'y a en tout que quatre os dans le carpe. »7 130 SQUELETTE DES CÉTACÉS. MEGAFTERA LALAKDII Pl. IX. Cuvier, Recherches sur les ossements fossiles, tome V. Van Beneden, Bulletin de l'académie royale de Belgique, 2 e série, tome XVIII, n° 12. Delalande a rapporté le premier squelette de cet animal que Cuvier a décrit sous le nom de Rorqual du Cap. M. Sclilegel a le premier reconnu l'analogie qui existe entre ce cétacé et la balsena longimana de Rudolphi. Pendant plusieurs années on a même cru que ces ani- maux ne formaient qu'une seule et même espèce, qui se faisait remarquer par le grand développement de la nageoire pectorale etpar la présence d'une bosse sur le dos au lieu d'une nageoire. Syn. Rorqual du Cap, Cuvier, Oss. foss., V. t. 26, f. I, \ et 19. Rorqual us anlarclicus, Fréd. Cuv. Histoire naturelle des Cétacés, p. 547. Balsenoptera Auslralis, Lesson, Cétacés, p. 572. Bateinopterc Poeskop, Desmoulins, Dict. class. Art. Baleine, vol. Il, p. 164. Megaplera Poeskop, Gray, Erebus andTerror, on the Cetac. anim., p. 27. Poescopia Lalandii, Gray, Catal. of Seals and Whales, p. 126. Poescop ou Humpôack du cap. Le poeskop d'après Desmoulius et d'autres naturalistes a une bosse sur l'occiput et une nageoire dorsale au-dessus des pectorales. MÉCAPTÈRES. 131 L'animal serait assez rare au Cap de Bonne-Espérance d'après quelques auteurs, et des naturalistes, qui ont séjourné dans ce pays, assurent n'en avoir vu que deux ou trois par an. On en a pris sur la côte de Buenos-Ayres aux îles Malouines, et c'est peut-être le même animal que l'on a capturé dans la mer qui baigne les îles de la Sonde. Le 50 juin -1819 on en a vu entre la pointe du cap de Bonne-Espérance et Hout-Baie, à l'embouchure de la rivière de Slangtrop. On le trouve entre le 40" et 70" de latitude sud. Ce mysticèle aurait, comme la baleine du Cap, ses stations au cap de Bonne- Lspérance, aux îles Malouines et sur la côie de Buenos-Ayres. Il était assez com- mun vers le cap llorn, à l'époque du voyage de Forster, puisqu'il en vit plus de trente autour du navire, si toutefois il n'y a pas d'erreur dans la détermination de l'espèce (I). Un squelette complet de trente-cinq pieds de long, rapporté du cap dcBonne-Es- péranec par Delalande, et un squelette d'un baleineau du même animal, rapporlc par le même naturaliste voyageur, sont déposés au Muséum d'Histoire naturelle à Paris. On trouve un Axis, des vertèbres dorsales et lombaires, un humérus, un radius et un cubitus au musée de Brest. Au musée de Buenos-Ayres, existe un sque- lette complet sauf les nageoires; h Londres on voit au British muséum, des ver- tèbres cervicales. A Batavia on conserve, si nous ne nous trompons, le squelette de quarante-cinq pieds de long, d'un animal éeboué à Pekalongan en I8G5; au musée de Calcutta, on trouve une tète, une côte, une omoplate et plusieurs vertèbres. Il parait que c'est une erreur dans laquelle plusieurs naturalistes ont versé déjà , de confondre le rorqual du Cap avec la baleine du Cap; c'est ce qui est arrivé à Fréd. Cuvier, dans son histoire naturelle des cétacés, en prenant la description de la baleine du Cap de son frère, pour celle de la megaptera, et Rudolphi a commis la même erreur (2). (1) Quoy et Gaimard, L'ranie, pag. 8). (2) Schlege), Fauna japon ica, 21, note. 132 SQUELETTE DES CÉTACÉS. SQUELETTE. Les deux crânes de la Megaptera boops et de la Megaptera Lalandii présentent entre eux une très-grande ressemblance, du moins, autant que l'on peut en juger, quand on n'a pas le moyen de mettre les tètes en présence l'une de l'autre. D'après un croquis que nous avons fait à Paris et que nous avons comparé avec la tète que nous possédons à Louvain, les os nasaux sont toutefois un peu plus allongés dans le rorqual du Cap que dans celui du Nord. Les vertèbres sont au nombre de cinquante-trois; Cuvier dit cinquante-deux; elles sont réparties, comme dans le keporkak, en sept cervicales, quatorze dorsales, neuf lombaires et vingt-deux ou vingt-trois caudales. Les cervicales sont toutes libres. Le diamètre transverse de l'atlas est à peu près le même que le diamètre vertical. — L'axis est la vertèbre la plus épaisse du cou ; elle a presque le double de l'atlas et jusqu'à quatre fois l'épaisseur des troisième et quatrième cervicales. — Depuis la quatrième cervicale, le corps des vertèbres aug- mente sensiblement en épaisseur jusqu'à la vingt-neuvième ou jusqu'aux premières caudales. On peut dire que toutes les vertèbres, et particulièrement les lombaires, sont plus courtes d'avant en arrière dans l'espèce qui nous occupe, que dans celle du Groenland. Les lombaires et les premières caudales sont légèrement carénées en dessous ; à la sixième caudale on voit le corps des vertèbres percées d'un trou pour le passage des vaisseaux. C'est dans la région cervicale surtout que se trouvent les différences qui séparent le keporkak de la Megaptera Lalandii. L'apophyse transversc de l'atlas est moins allongée et moins élevée dans le Lalandii que dans l'autre espèce, et l'apophyse épineuse supérieure a plus d'étendue d'avant en arrière. Le bord antérieur de l'atlas du keporkak montre en outre une éebancrurc en avant, tandis que ce bord s'élève verticalement dans le Lalandii. L'axis a une apophyse épineuse supérieure moins allongée dans celui du nord, MECAPTÈKES. 133 c'est-à-dire moins étendue d'avant en arrière, de manière que l'apophyse épi- neuse de l'atlas est plus à découvert dans cette espèce. Le bord antérieur de celte apophyse est droit dans l'espèce du Cap et sensiblement lobé dans celui du nord. Dans le keporkak les apophyses épineuses vont en diminuant de la troisième à la cinquième cervicale; ces apophyses s'élèvent au contraire régulièrement, de la troisième à la cinquième et même jusqu'à la septième dans l'espèce du Cap. Les apophyses transverses inférieures sont moins développées dans le keporkak que dans l'autre. Elles sont presque nulles dans la sixième vertèbre et manquent complètement dans la septième. — Sous ce rapport il y a peu de différence entre les deux Megaptera. La seconde et la troisième cervicale sont unies d'après Cuvier par la partie supérieure du corps et dans un squelette du British muséum, M. Gray a observé que la deuxième est unie à la troisième par un côté seulement du cerceau neural. Toutes les vertèbres, surtout les lombaires, sont un peu plus courtes dans l'espèce du Cap que dans celle de Groenland. L'omoplate montre une différence assez notable : dans l'espèce du Cap, comme l'indique la figure ci- jointe; l'acromion est assez saillant, surtout dans l'o- moplate du côté droit. L'espèce du nord, au lieu d'une saillie, montre une proéminence plus bas, près de la cavité articulaire; son origine et sa direction la rapprochent davantage du coracoïde. La première côte est assez étroite en haut mais elle s'élargit vers le milieu de sa hauteur et, à son extrémité sternale, elle montre à peu près le double de la largeur qu'elle possède à son extrémité vertébrale. Les côtes sont un peu moins tor- dues sur elles-mêmes dans l'espèce du Cap que dans le keporkak. — La troisième et la quatrième côtes moi.trent une portion cervicale Premières cites do tiegafttra Uhniii dont l'extrémilé ne pCllt s'uilil' ai corps de la vertèbre que par le secours d'un long ligament. 131 SQUELETTE DES CETACES. Le sternum est assez semblable dans les deux espèces connues, mais nous ferons remarquer que son écbancrure est dirigée en avant, et non en arrière, comme on le croit généralement. — Depuis longtemps on a signalé cette erreur. — Rudolpbi n'a pas réussi à faire placer dans sa position naturelle le sternum du squelette qui a été monté sous sa direction à Berlin. On ne connaît pas le bassin de cette espèce; ce qui a figuré longtemps sous ce nom est un fragment d'os qui n'a rien de commun avec lui. — Le bassin, à en juger par celui du Le par lui le, doit avoir de ebaque côté deux os parfaitement distincts, l'ischion et le fémur, mais qui ne se touebent jamais sur la ligne mé- diane. Nous trouvons une grande ressemblance dans la composition de la nageoire pectorale, et nous pouvons nous prononcer à cet égard avec d'autant plus de certi- tude, que nous avons pu comparer deux membres dont tous les os étaient encore en place. L'humérus, le radius et le cubitus sont à peu près les mômes. — Le procarpe montre trois os comparativement petits et le mésocarpe un seul. Le nombre de phalanges dans chaque doigt est exactement le même dans les deux espèces et les deux doigts du milieu sont d'une longueur égale; il en est de môme des deux externes. L'index a deux phalanges, le petit doigt trois, le médian et l'annulaire cha- cun sept. Les deux espèces suivantes ne pourront être considérées comme établies défi- nitivement que quand on aura eu l'occasion d'étudier comparativement louis caractères extérieurs ou leurs squelettes et que l'on aura reconnu leurs diverses stations. Mecaptera Wovœ-Zclandlae. — C'est M. le docteur Gray qui a établi cette espèce sur une caisse tympanique avec le rocher, envoyée par M.Sluart au Brilish muséum et qui est remarquable par la longueur extraordinaire d'une de ses apophyses. Dieffenbach signale cette espèce à la Nouvelle-Zélande, dans le Pacifique et au cap Horn. — On a vu également des megaptera près de Valparaiso, et en février 18 57 MEC APTERES. C. Thornam a dessiné un de ces animaux, nageant entre deux eaux, et que l'on reconnût facilement à sa bosse et à la manière de courber le dos. — Escliricht a reproduit ce croquis. Une aulre preuve de l'existence d'une Megaptera sur la côte ouest de l'Amérique méridionale, a été fournie par le professeur Kroycr de Copenhague, qui a rapporté de ce pays des diademn, trouvées au milieu des os d'une baleine, qui avait échoué quelque temps auparavant. Il est à supposer que c'est la même espèce qui a ses stations dans les parages de la Nouvelle-Zélande et sur la côte de Chili. Est-ce la même qui a été capturée sur la côte de Pekalonga ? Le musée britannique est en possession de la seule pièce sur laquelle cette espèce a été établie. Le musée de la société asiatique à Calcutta possède une tète, une côte, une omo- plate et trente-quatre vertèbres qui appartiennent peut-être à ce même animal. Il y a quelques années nous avons vu entre les mains d'un marchand naturaliste à Paris, des caisses tympaniques de Megaptera qui avaient été rapportées de l'île de Foud par le chirurgien Jacquinot, et qui étaient mêlées avec des caisses tympaniques de vraie Balscna et de Dugong. Megaptera ttuzira. — M. le docteur Gray a établi également cette espèce, donl on ne possède point d'ossements, mais dont V. Sicbokl a rapporté une figure du Japon. Temminck (I) a publié cette figure dans la fauna Japonica, et Chamisso (2) a figuré également un animal de ce genre comme originaire des îles Aléoutienncs. La Zta/.rwaqueSteller a vu dansle détroit de Behring et que Pallas (5) désigne sous le nom de ùoops (i), la rapportant au boops de Fabricius, appartient peut-être à cette espèce. — 11 est à remarquer que Léop.-V. Schrenk signale sur les côtes des A mour-Landen , également une baleine qu'il rapporte à la Balsena australis, à côté (i) Balcnopt. antarclica, Schlegel, d'après un dessin fait d'une balénoptère, prise sur [es côtes méridio nalcs du Japon, dessin dû à M. Bùrger. Schlegel fauna japonica, p. 21, PI. XXX. (2) Aliomoch, Chamisso, N. act. nat. cur. XII, 258, t. 18, f. '6, des îles Aléoutienncs. (3) Bala?na allamack, Pallas, Zool. Bosso-Asiat. "i Pallas reproduit la description que Steller a faite de cet animal pendant son naufrage, en 1742, !i l'île de Behring. Zoographia Bosso-asiatica, Petropoli, 1831. 136 SQUELETTE DES CETACES. d'une autre qu'il croit identique avec la Megaptera longimana ou la Ba!œnoptera boops de Fabricius. Nous ne pouvons que signaler ce cétacé à l'attention des baleiniers et des natu- ralistes, qui pourront décider, en apportant des ossements ou mieux des squelettes complets, si la Megaptera du Japon forme une espèce distincte. Sur la côte orientale de la Nouvelle-Calédonie, aux iles Loyalty et aux Nouvelles- Hébrides, M. Jouan a vu des Humpàacks, qui sont, paraît-il, fort communs dans ces parages. Forstcr dans le voyage de Cook signale une Megaptera entre Terra del Fuego et Stratten-Island. GENRE BALENOPTERE. Comme nous l'avons dit déjà plus haut, les baleiniers ont distingué longtemps avant les naturalistes les baleines à aileron ou à nageoire dorsale, des baleines à dos uni, et leur avaient donné le nom de Vinnûsch ou Finnfiscb, qui a été traduit plus tard par Laeépède en celui de Balénoptère. Mais existe-t-il des Balénoptères à ventre lisse sans plis sous la gorge et sous le ventre? Les Rorquals diffèrent-il des Jubartes par la présence de ces sillons? On l'a cru d'après des dessins incomplets dans lesquels on avait eu trop de confiance. Les Jubartes, qui sont les Mégaptères des naturalistes modernes, ont sous la gorge et le ventre les mêmes sillons que les Rorquals; elles forment un genre distinct, caractérisé, non par l'absence des sillons dont nous venons de parler, mais par une bosse, qu'elles portent à la place où les Rorquals portent leur nageoire dorsale, ainsi que par le grand développement de la nageoire pectorale. C'est ce que Camper avait parfaitement reconnu et ce qui lui avait fait admettre des mysticètes à dos uni, des mysticètes à dos garni d'une bosse et des myslicètes portant, à la place d'une bosse, une nageoire ou un aileron (I). (1) P. Camper, loc. ci/ai. p. 31. — Le célèbre évoque Uno de Troile, admettait, des Baleines a ventre lisse, Sliidisfis- kur, et des Baleines a ventre sillonné, Reydasfiskur ; la baleine a bosse était comprise dans la première division. — Les Baleines a ventre sillonné comprenaient le Steipercidar, dont les dimensions rx- cédent celles du Slelbach (Bal. biscayensis), le hrafncidur, (Bakenoptcra musculus?; et le Andarnefia (Baise noptera rostrata). 138 SQUELETTE DES CÉTACÉS. Comme la plupart des zoologistes n'ont eu l'occasion de voir ces animaux qu'en dessin et qu'il n'est pas aisé de reproduire toujours fidèlement leur forme (I), leurs proportions, ou leurs caractères distinctifs, il a régné et il règne encore une certaine incertitude au sujet de diverses espèces. Les animaux du genre Balénoptère, ou Rorqual, se distinguent parles caractères suivants : Ils portent sur le dos en arrière une véritable nageoire; sous la gorge et le ventre ils ont des sillons ou longues cannelures; le corps est effilé; le rostre est pointu et peu arqué; les maxillaires supérieurs sont plats en dessus et portent en dessous deux ran- gées de fanons qui se réunissent en avait sur la ligne médiane et se terminent en arrit r< en formant un tour de spire; la tête est comparativement petite et ne forme que le quart ou le cinquième de la longueur- du corps; la lèvre inférieure est peu élevée et ne recouvre pas toujours complètement les fanons; les maxillaires inférieurs sont robustes, ne subissent pas un mouvement de torsion en avant et portent en arrière une forte apophyse coronoïde courbée en dehors ; l'omoplate a ses deux apophyses, acromion et coracoïde, tres-dévi'/oppées et un cartilage sous forme de lobe au-dessus de l'angle postérieur : I humérus est fort comprimé et les os de H avant-bras ont le double de la longueur de ceux du bras. Les nageoires pectorales sont peu allongées, étroites, terminées en pointe et ne portent que quatre doigts; le nombre de vertèbres varie entre quarante-huit et soixante-quatre ; les vertèbres cervicales sont toutes libres; l'axis et souvent les vertè- bres suivantes, portent un anneau complet ; lis rotes varient de onze à seize; ioslijm- panique est arrondi et de forme ovale. Le sternum est toujours termine en pointe en arrière. Le bassin est formé d'un iléon de chaque côte, auquel s'attache quelque/ois un rudiment de fémur. Les fanons des Balénoptères ne sont guère estimés dans le commerce; ils sont toujours d'un blanc jaunâtre dans la BaUenoptera rostrata, noirs ou bleuâtres dans i) Noua avons trois e qui: es des formes extérieures de notre exemplaire, ili-nit récemment M. Malni, • h parlant de la Balénoptère ùbbaldii, l'une di ssmèe par un jeune zoologue, l'autre par un artiste el la troisième exécutée par nous-méme. si on publiait ces trois esquisses et la photographie, on pourrait t roire que l'on a pris ces figures d'après quatre espèces différentes. BALÉNOPTÈRES. 139 les autres espèces; on voit également dans le même animal les fanons antérieurs blancs les autres noirs ou moitié blancs moitié noirs vers le milieu, ou bien encore des fanons striés de blanc et de noir (l). Ces fanons sont-ils toujours placés de manière que la lèvre intérieure les re- couvre complètement? Nous ne le croyons pas et nous avons vu des exemples du contraire dans deux espèces différentes. — Dans la Balsenoptera musculus que nous avons vue en chair àScheveningen, les fanons étaient placés obliquement en dehors, au-dessus des maxillaires inférieurs, de manière que les lèvres ne pouvaient au- cunement les recouvrir. — Nous avons trouvé la même disposition dans une Balsenoptera rostrata qui a été tuée dans l'Escaut en amont d'Anvers; dans aucun des Jeux l'animal ne pouvait fermer complètement la bouche; les fanons par leur direction écartaient complètement les lèvres. Ceci nous explique comment quelques naturalistes se sont obstinés naguère à placer les fanons des baleines véritables en dehors des mandibules. Les derniers fanons en avant comme en arrière ne consistent que dans des fila- ments semblables à des soies, de manière que leur nombre est fort difficile à con- stater. — En arrière ils se terminent, non pas comme on l'a représenté, en cessant brusquement, mais en formant un tour de spire en dedans; ces derniers ne sont plus formés que de soies a peine distinctes. Le genre Balénoptère comprend un nombre d'espèces assez considérable, qui présentent une grande différence de taille; il y en a qui ne dépassent guère trente pieds de longueur, et que l'on a pris souvent pour de jeunes animaux; d'autres atteignent jusqu'à quatre-vingts pieds, et quelques naturalistes leur en accordent même davantage. La taille ne varie pas selon le sexe dans les Balénoptères; à en juger par les me- sures prises sur les individus échoués et capturés, il y a des mâles et des femelles qui atteignent la grande longueur de quatre-vingts pieds. — La femelle trouvée moite en mer en IS27, par les pêcheurs d'Ostendc, avait à peu près quatre-vingts pieds de long, et on a vu des mâles à diverses reprises qui n'avaient guère moins. (I Nous avons vu également des fanons striés de blanc dans les baleines véritables, même dans le mysticetus de Groenland. 140 SQUELETTE DES CÉTACÉS. Les Balénoptères ont le corps plus grêle, la tète moins volumineuse que les ba- leines véritables, et, comme le danger de leur pècbe est plus grand en même temps que le produit est moins abondant et a moins de valeur, on les a négligées jusque dans ces derniers temps. Ce n'est que depuis quelques années que l'on a commencé à s'occuper de leur pècbe dans le voisinage de l'Islande et, c'est à ces récentes expéditions, que la science est redevable de la connaissance définitive d'une espèce, que les Islandais désignent sous le nom de Steypireydr. On peut dire que les Balénoptères diffèrent autant des baleines véritables par leurs caractères zoologiques que par la vivacité de leurs mouvements et la valeur de leur produit. Au lieu de poursuivre les crustacés et les mollusques, il parait que les Baléno- ptères comme les Mégaptères font uniquement lacbasse aux poissons, et il n'est pas rare de les voir échouer à la suite des bancs de harengs et de gades. — On n'a trouvé que des poissons dans l'estomac des individus qu'on a eu l'occasion d'ouvrir. Les Cétacés, en général, bébergent de vrais parasites dans l'intérieur du corps comme les autres animaux, mais ils fournissent en outre le gitc à un certain nombre de faux parasites qui s'établissent sur la peau, non pour se nourrir, mais unique- ment pour se faire remorquer. De ce nombre sont les nombreux cirrbipèdes qui se colloquent dans la peau des baleines, surtout les baleines des régions tempérées. — Les Balénoptères, tout en appartenant aux régions tempérées, sont fort mal partagées sous ce rapport; pas plus que la baleine franebe, elles n'ont aucun cir- rbipède propre et j'ignore si, comme les autres mystieètcs, elles logent même des cyames. Parmi les parasites véritables M. Sars a signalé récemment aux iles Loffoden, et M. Sophus llallas dans les parages d'Islande, des Penella gigantesques dans l'épaisseur de la peau, qui sont proportionnées à la (aille des hôtes qui les bébergent i |i. Leur distribution géographique est fort peu connue ; les baleiniers n'ont eu jusqu'à présent aucun intérêt a connaître leurs stations; aussi (ont ce que (i , Non- h,' parlons pas de leur endoparasites qui logent dans le foie, dans l'intestin et jusque dans le ranal de l'urèlhre BALÉNOPTÈRES. 1H l'on en sait, c'est que leur apparition ne parait pas avoir une très-grande régularité, et ils ne semblent pas aussi nettement confinés que les autres dans des régions géographiques limitées. On peut dire toutefois que les Balénoptères ne sont pas des cétacés des régions polaires, quoiqu'on en ait observé au 78 e degré; elles appartiennent aux régions tempérées, et on en voit qui vivent régulièrement à quelques degrés à peine de la ligne équatoriale. — Dans le golfe de Bahia comme sur la cùte du Pérou on observe de vraies Balénoptères. — Il y a même plus, contrairement à ce qui s'observe chez les autres Mysticètes, certaines espèces semblent même se com- plaire dans les eaux équatoriales; le révérend II. Baker nous apprend qu'aux iles Seychelles et aux îles Maldives il existe des stations où l'on se livre régulièrement à leur pèche. Comme les baleines véritables et les Mégaptères, les Balénoptères sont répandues dans les deux hémisphères, et, dans l'un comme dans l'autre hémisphère, les mêmes formes comme les mêmes grandeurs semblent se reproduire; à côté des grandes espèces de quatre-vingt pieds, on voit, des deux côtés, de petites espèces qui ne dépassent pas trente pieds; on a signalé en effet de petites Balénoptères, semblables à la rostrata du Groenland, aux iles Kerguelen (o0° lat. austr.) et à la Nouvelle-Zélande, et dans les mêmes parages on a vu des Balénoptères de grande taille, rappelant par leurs caractères nos grandes espèces du Nord. Au sud de l'Atlantique les Balénoptères ne sont pas moins répandues qu'au nord; on en voit abondamment en Amérique, depuis la baie de Bahia jusqu'à la terre de Feu et les iles Falkland, et sur la côte d'Afrique, particulièrement au cap de Bonne- Espérance et dans les parages de Table Bay. Au nord de l'océan Pacifique on voit d'autres Balénoptères depuis le détroit de Formosa , les côtes du Japon et du Kamschatka, jusqu'au détroit de Behring, les iles Aléoutiennes et la côte Ouest de l'Amérique; comme on eu voit d'autres encore au sud du même Océan sur les côtes du Pérou et la partie orientale de l'Australie. — Les baleiniers rapportent. que dans le voisinage de Bolany Bay on aperçoit régulièrement des Sulfurbottom, qui sont de grandes Balénoptères, nageant au milieu de petites espèces, qui rap- pellent parfaitement, comme nous l'avons dit plus haut, pour la taille surtout, les deux principales espèces du nord de l'Atlantique. On cite également des Balé- noptères dans la mer des Indes, sur les côtes d'Aracan, de Mekran, deCcylan, d Alipi U2 SQUELETTE DES CÉTACÉS. (où ils sont communs), de Malabar, aux îles Seychelles et Maldives, aux lies de la Sonde, dans le golfe de Bengale et même au fond de la mer Rouge, Ces cétacés font des apparitions sur toutes les côtes d'Europe et môme d'Amé- rique: il y aune espèce qui visite les parages du Labrador et du Groenland, et qui se montre depuis le cap Nord jusqu'au golfe de Gascogne; il y en a une autre que l'on voit sur les côtes d'Islande et de Norwége jusque dans la Manche et sur la côte de Portugal, qui pénétre dans la Dallique comme do- la Méditerranée et quelquefois remonte même les lleuvcs. A l'exception de la Balœnoptera rostrata qui visite assez régulièrement la côte de Finmark elles fjords des environs de Bergen, toutes les autres font leur appari- tion, sans aucune régularité, et on les voit venir à la côte dans toutes les saisons, à tout âge et sans aucune distinction de sexes; ce sont partout des individus isolés, tantôt des mâles tantôt des femelles, qui échouent, ici en hiver, là au printemps ou au milieu de l'été et qui, à en juger du moins par la vacuité de leur estomac, périssent généralement par inanition. Bosenthal avait cru remarque!' (pie toutes les Balénoptères pénètrent dans la Baltique au printemps; il en était ainsi pour toutes celles qui y avaient fait leur apparition jusqu'alors; mais depuis on en a vu échouer dans l'arrière-saison. Il paraitquelesBalénoptères ne hantent pas des latitudes aussi élevées que les ha- leines proprement dites. Les haleines, en effet se dirigent au printemps de l'Est à l'Ouest, dit Zorgdrager, et, quand elles ont disparu, on commence à apercevoir les Vinnfisch a la limite méridionale des régions occupées momentanément par les ha- leines. Zorgdrager prétend que les Balénoptères vont à la recherche d'une tem- pérature plus modérée. Cependant M. Malmgren a vu, pendant qu'il était à l'ancre au 79° 45' le \ " septembre, deux Balénoptères d'une très grande taille, qu'il croit devoir rapporter, dit-il, à l'espère qui a été désignée sous le nom de gigas (I). On possède une longue liste des Balénoptères qui ont échoué sur les côtes d'Europe depuis la fin du siècle dernier; Escbricht en a dressé le tableau indiquant la date, le sexe, la taille et les divers caractères extérieurs ou intérieurs; ce qui frappe surtout, quand on fait le relevé de ces captures, c'est le grand nombre d'individus que l'on a trouvés morts en mer. Il y en a comparativement bien peu (1) C'est probablement la Balœnoptera Sibbaldii. BALÉNOPTÈRES. 143 qui ont été capturés en vie! Aussi résulte-t-il de ces observations, qu'aucune des grandes espèces n'a sa station propre en Europe, pas même celle que Cuvier croyait propre à la Méditerranée. Nous l'avons déjà fait remarquer, les cétacés n'échouent guère quand ils visitent leurs parages propres, ou quand ils sent installés dans leurs stations na- turelles, et ceux qui viennent se perdre sur nos côtes, sont des animaux qui ont perdu leur chemin; ils se sont égarés probablement dans le cours de leurs péré- grinations, les uns à la poursuite des poissons, les autres à la vue de leurs redou- tables ennemis les orques. Les Baleines à aileron sont de tous les mysticètes les plus anciens et en même temps les plus répandus. Nous ne croyons pas toutefois qu'elles remontent au delà du Miocène. On se figure difficilement l'extrême abondance de leurs ossements dans certaines localités comme les environs d'Anvers. — On connaît aussi quelques ossements qui ne diffèrent guère de ceux qui vivent actuellement et qui ont été recueillis à une certaine distance de la côte au-dessus du niveau actuel. On en a recueilli dans ces conditions exceptionnelles sur les bords de la Baltique, de la mer du Nord, sur la côte d'Amérique et dans le bassin delà Méditerranée. Les ossements du musée deKertsch signalés par Rathke d'abord, puis étudiés par d'Eichwald, Nordmann et surtout par le professeur Brandt proviennent sans doute de Balénoptères perdus dans ces parages à l'époque où une atlantique séparait l'Eu- rope de l'Asie. Comme le dit avec beaucoup de raison M. Flower, un des plus grands problèmes qui reste à résoudre par les futurs cétologistes, est relatif aux distinctions spéci- fiques des Balénoptères; la confusion dans laquelle se trouve la nomenclature de ces grands animaux est complète et leur histoire vraiment incxtricabl". Il existe évidemment plusieurs espèces, mais à combien ce nombre s'élevc-t-il? Et ces espèces peut-on les ériger en genres comme quelques auteurs l'ont proposé? Cuvier connaissait le squelette de la Balénoptère de l'ile Sainte-Marguerite, le squelette décrit par Rudolphi de l'animal échoué à l'embouchure de l'Elbe, et le squelette de l'hôtel de ville de Brème; Cuvier fit du premier le Rorqual de la Méditerranée, du second le Rorqual de la mer du Nord, du troisième un jeune 144 SQUELETTE DES CETACES. individu. — Il est reconnu aujourd'hui que ces squelettes appartiennent à (rois espèces différentes : le Rorqual de la Méditerranée ou la Bataenopiera musculus, le Rorqual de la mer du Nord ou la Balsenoptera ôorealis [laticeps, Gray) et la petile espèce que Fabricius a nommée Balsenoptera rostrata. A ces trois espèces du Nord de l'Atlantique parfaitement établies, on vient tout récemment d'en ajouter une quatrième qui porte un nom distinct sur les côtes d'Islande, et dont un individu est venu se perdre il y a peu de temps dans le Kattegat près de Gothemburg. Le Rorqual du Cap est, comme nous l'avons déjà vu, une Megaptera, mais l'hé- mispbère austral comprend également plusieurs espèces de Balsenoptera qui ne tarderont pas à êlrc définitivement établies. Schlegcl, qui a eu l'occasion de voir des Balénoptères en chair et de comparer un certain nombre de squelettes, est d'avis que l'on ne connaît avec certitude que deux espèces de Balénoptères, la Balsenoptera sulcata arctica et la Balsenoptera sulcata antarctica (I). Ilolbôll qui a vu beaucoup de ces animaux en vie sur les côtes de Groenland, et qui a pu recueillir de précieuses observations de la bouche des pêcheurs, est d'avis qu'il existe cinq espèces de Balénoptères au nord, en y comprenant la Megaptera ôoops; le Keporlca/i qui est la Megaptera des cétologues, le TmnotiA qui est à noire avis la Balsenoptera Sibbaldii, léTékugulik qui est sansdoule la Balsenoptera rostrata et le Keporkarnak qui est probablement la Balsenoptera musculus. Les trois premières espèces sont mentionnées dans la Fauna groenlandica et sont si faciles à distinguer des autres, dit Holbôll, que celui qui les a vues une seule fois ne saurait plus les confondre avec d'autres. M. 0. G. Sars a eu l'occasion d'observer quelques-uns de ces animaux au nord de la Norwége (îles Loffoden) et, à son retour, il a étudié avec un grand soin les squelettes qui sont conservés à Bergen et à Christiania. — Après avoir comparé et mesuré ces divers squelettes et les os séparément, il croit devoir admet- tre cinq espèces de Balénoptères au nord de l'Atlantique, la Balsenoptera muscu/us, la Balsenoptera Carolinse, la Balsenoptera gigas, h Balsenoptera laticeps et l& Balseno- ptera rostrata. Dans la faune du littoral de Belgique nous avions admis trois espèces qui vi- (t) Mémoires de l'Institut des Pays-Bas et Fauna japonica. BALENOPTERES. 145 sitent la mer du Nord et, comme le fait remarquer M. Flower, le docteur Gray a érigé ces trois espèces en genres sous les noms de P/iysalus, Sibbaldius et Balœ- noptera; à ces trois genres le savant directeur du British Muséum en a ajouté un quatrième, qu'il m'a fait l'honneur de me dédier, le genre Benedenia, et M. Lilljeborg vient d'en ajouter un cinquième sous le nom de Flowerius, le dé- diant au savant directeur du Musée royal des chirurgiens de Londres, M. Flower. EnGn un sixième genre,sous le nom d'Eschrichtius, a été établi pour une Balénoptère qui a l'apophyse coronoïde du maxillaire inférieur peu élevée et dont les ossements étaient enterrés à \ 2 ou 15 pieds au-dessus du niveau actuel de la mer et à 840 pieds du rivage actuel. Malgré l'autorité parfaitement justifiée qui s'attache au nom du docteur Gray et l'importance des travaux dont le professeur Lilljborg a enrichi la science, nous ne voyons jusqu'à présent aucun motif de conserver ces divisions génériques. Le genre Eschrichtius que le docteur Gray rapproche des Megaptera, a une omoplate avec acromion et coracoïde et ne peut être séparé à notre avis des Balénoptères, et la Benedenia Knoxii n'est qu'une jeune Batsenoptera musculus comme, du reste, on l'a déjà fait remarquer. Quant aux genres Physalus et Sibbaldius ils ne reposent, à notre avis, que sur des différences qui ne sont peut-être que des dispositions individuelles ou tout au plus spécifiques. 146 SQUELETTE DES CÉTACÉS. BAL/ENOPTERA ROSTRATA. 0. Fabricius, Fauna Groenlandica, in-8°. Hafniœ et Lipsiae, 1780. J. Hunter, Observations on Ihe structure and œconomy of Whales, Philosoph. Transactions, vol. LXXVII, 1787. Lacépède, Histoire naturelle des cétacés, in-4°. Paris, l'an XII. Scoresby, An accounl of the arctic régions. Edinburgh, 1820. Albers, Icon. ad anatom. comparai. 1822. Knox, Account qf Ihe dissection of a young Rorqual (Bal. rostrata). Journal rinstitut, 1834, p. 336. 11. Kroyer, Nogle Bemœrkuinger med Hensyn til Balœnoptera rostrata, Naturhislor. Tidskrift, 2 Bd. 1838-1839. Cray, Zool. Ereb. and Terror. Eschricht, Die NordischenWallthiere. 1849. Serres et Gratiolet, Comptes rendus hebd., vol. LU, p. 612. 1861. l'abri-, Tidskrift for naturvidenskaberne, 4 Bind, 1 H. n" 10. Isis, 1827, p. 858. W. II. Flower, On a Lesser Fin-Whale (Balœnoptera rostrata, Fabr.J recently stranded on ihe Norfolk Cousis : Froceed. of Ihe Zool. Soc. ofLondon. 1 864. Iiarker and Macalister, Proeecd. of the Dublin natural liist. soc. for 1865. Al. Carte and Macalister, Philosophical transactions, 1868. Van lieneden, Note sur les cétacés, Bull. Acad. roy. de Belgique, 2' série, t. XX, n" 12. Mailland, Beriglen uit de Diergaarde, p. XXX. (Nederland. Tidschrifl vvor de Dierkundc.) La Balœnoptera rostrata de Fabricius, qui n'est pas la Balsena rostrata de Linné, comme nous le verrons plus loin, est connue depuis les temps les plus reculés; il en est fait mention dans les plus anciens manuscrits des Islandais, et le mot '/V- kagulik, sous lequel les Esquimaux le désignent, correspond assez bien avec celui de Tschikagulk, que donnent les babitants de l'Amérique russe à une petite baleine, pour supposer, que le même animal des côtes de Groenland visite égale- ment le détroit de Behring; cette ressemblance de nom semble même indiquer des relations et des communications cuire des peuplades qui depuis longtemps n'ont plus aucun rapport entre elles. Eschricht a étudié celte espèce avec le plus grand soin sous ses divers rapports, BALÉNOPTÈRES. 1 47 et c'est en grande partie au savant cétologue de Copenhague que la science est re- devable de tout ce que l'on en sait aujourd'hui. Linné n'a pas connu ce mysticète; mais 0. Fabricius, pendant son séjour au Groenland (1768-4775), ayant eu l'occasion de l'observer et de l'étudier avec soin, a cru reconnaître en lui la Balœna rostrata de Linné et l'a désigné sous ce nom. Fréd. Martens a parlé de ce mysticète sous le nom de petite baleine [Kleyne Waiviscli); mais c'est à John Hun ter que l'on doit les premières observations ana- tomiques. Le savant anatomiste anglais a eu l'occasion de disséquer une femelle, capturée au Doggersbank dans la mer du Nord, et il a fort bien reconnu que ce cétacé était le même que 0. Fabricius avait nommé rostrata. Bonnaterre a fort bien caractérisé cet animal d'après les écrits du savant mis- sionnaire danois, et Lacépèdel'a fait connaître égalementsous le nom de Baleinop- tère museau-pointu, d'après un jeune individu pris en avril 1791 dans la rade de Cherbourg. — C'est la moins grande des balénoptères, dit Lacépède, et elle ne parvient qu'à une longueur de 8 à 9 mètres. — La gravure dont Lacépède ac- compagne le texte est faite d'après un dessin que sir Joseph Banks lui a en- voyé de Londres. Malheureusement, à l'époque où Cuvier s'occupait des cétacés, on ne possé- dait aucun ossement de cette petite espèce au Muséum d'histoire naturelle, et la balénoptère à museau pointu de Lacépède fut considérée comme un jeune animal qui n'avait pas atteint toute sa croissance. Cette opinion fut partagée par son frère, Fréd. Cuvier, et parla plupart des zoologistes de cette époque. En 1854, M. Knox eut l'occasion d'étudierun jeune animal de 9 à 10 pieds de longueur, capturé près de Queensferry, Firth ol'Forth, qu'il reconnut à ses ver- tèbres pour la même espèce que 0. Fabricius avait désignée sous le nom de ros- trata. Ce qui n'était pas connu de Cuvier, c'est que sur la côte de Norwége, dans le voisinage de Bergen, on prend à peu près tous les ans de ces petites baleines dans les fiords, qui y viennent mettre bas. — Par les soins du Stiftsamtmann Christie on a monté un squelette à Bergen, et, en 4 857, Eschricht en obtint ('gaie- ment un squelette, puis des fœtus, en même temps qu'il reçut de Groenland de son ami Holbôll des fœtus de Megaptera. Dès ce moment, il fut définitivement établi 448 SQUELETTE DES CETACES. qu'il existe une petite espèce de balénoptère, comme Fabrichis, limiter, Lacépède, knox et d'autres l'avaient prétendu et Eschricht reconnut dans les fœtus tous les caractères propres à l'animal adulte. Eschricht a eu plus tard à sa disposition, pour l'étude de cette espèce, plu- sieurs squelettes et sept fœtus, dont deux mâles et cinq femelles. Un des mâles avait 8 pouces de long, une femelle avait 54 l / t pouces, et une autre femelle 78 pouces. On peut dire aujourd'hui que de tous les mysticètes, c'est l'espèce la plus fa- cile à distinguer, tant par sa taille que par son squelette et ses caractères exté- rieurs. La Balœnoptera rostrata a pour caractères : La taille ne dépasse jamais trente pieds de longueur ; la nageoire pectorale est noire avec une bande blanche au milieu; les fanons sont courts et d'une seule couleur jau- nâtre; la colonne vertébrale ne compte que quarante- huit vertèbres ; les côtes sont au nombre de onze'; te sternum a la forme d'une croix latine. D'après Echricht la gestation est de dix mois; l'animal a neuf pieds de long en venant au monde et atteint de 24 à 50 et 51 pieds à l'état adulte [\). Eschricht (2) a vu plusieurs exemples de jumeaux. Le plus jeune animal que l'on ait capturé jusqu'à présent est celui qui a été observé par Knox et qui ne paraît pas avoir plus d'un an ; celui de l'embouchure du Havre et qui a été étudié par Gra- tiolet en 4861, avait à peu près la même dimension; dans le voisinage de Chris- tiania on en a pris un de la seconde année et qui venait probablement de quitter la mère ; les autres en général étaient plus âgés. On voit ces animaux ordinairement seuls; rarement ils sont plus de deux ou trois ensemble. Leur pâture comme celle des autres Balénoptères consiste en poissons. (1) Melchior a vu un fœtus de 8 pieds 2 pouces qui n'étail pas a terme, cl d'après les observations de Knox, l'animal n'a pas 10 pieds en naissant. (2) D'après le nombre de fœtus que l'on a recueilli, Eschricht a pu s'assurer que ces animaux sont nionopares et que les cas d<- biparilé ne sont pas si raies que dans l'espèce humaine. BALÉNOPTÈRES. 149 Syn. — Balsena rostrata, 0. Fabric. Balœnoptera aeuto-rostrata, Lacépède. Ronjualus minor, Knox. Pteroôatœna minor, Escliricht. Balœnoptera rostrata, Gray. Tikagulik des Groènlandais. Vaagevhal des Norvégiens. Zivergivatl des Allemands. Seigval ou scival des Finmarkois. Ce même animal dont il y a trente-cinq ans on ne possédait aucun fragment au muséum d'histoire naturelle à Paris, est aujourd'hui représenté dans la plupart des musées d'Europe, et dans plusieurs d'entre eux on trouve même plus d'un squelette. Voici le nom des principales villes, par ordre alphabétique, qui renferment des squelettes ou des ossements séparés de cette espèce. A Bergen (Norwége), à Berlin (un squelette des Fiords de Bergen), à Bordeaux, à Boulogne-sur-Mer, à Brest, à Brème (squelette d'un animal capturé dans le Weser), à Bruxelles (squelette d'un animal pris dans l'Escaut, un autre de la côte de Jutland, et un troisième du Cap-Nord), à Cambridge (musée de l'Université), à Christiania, à Copenhague, à Édimbourgh, à Gand (squelette d'un animal capturé près d'Ostende), à Giessen, à Gottingue, à Grcifswald (des os, surtout un occipital d'un animal échoué en F543, au mois de mars, près de la ville), à IIull, à Heidelberg, à Leyde (un squelette des Fiords, de Bergen), à Londresau muséeBritannique(squelettedeGroën- land, de la collection de Brandt, et un autre de la Tamise), au musée du Collège Royal des chirurgiens (squelette de mâle adulte de 25 pieds, des côtes de Norfolk (i862), et d'une jeune femelle du Doggersbank, de 4 G pieds de la collection de Uunter), à Louvain (squelette de Groenland et une tête séparée, d'origine inconnue mais probablement de nos côtes), à Lund (Suède), à Munich, à Oxford, à Paris (squelette des Fiords de Bergen, rapporté par Gaimard, et un autre d'un animal capturé à l'embouchure de la Seine, étudié par Gratiolet), à Rouen, à Stuttgard (un squelette envoyé directement des côtes de Labrador), à Upsala (Norwége), cl a Wurzbourg. 150 SQUELETTE DES CÉTACÉS. En 1827, il n'existait dans toute l'Allemagne, d'après Rosenthal, que quatre squelettes de grands cétacés, deux à Berlin, un à Brème et un à Greifswald. Il existe un grand nombre de fœtus de cette espèce dans divers musées. Depuis les travaux d'Eschricht on apprécie leur haute importance tant sous le rapport anatomique que zoologique. Le musée de Bergen possède sept fœtus parfaitement conservés de diverses grandeurs, et parmi lesquels on en voit qui ont conservé le cordon ombilical. — Les musées de Copenhague, de Berlin, de Hambourg et de Bruxelles en possèdent également. Eschricht a eu entre les mains pour l'étude de cette espèce sept fœtus, un grand nombre de squelettes de tout âge et des parties molles conservées dans la liqueur. Un modèle en plâtre de la tête est conservé au muséum d'histoire naturelle à Paris, d'après l'individu qui a échoué sur la côte de Bretagne au mois de fé- vrier ISGI m. L'animal a été figuré différentes fois: le dessin le plus ancien est celui qui est conservé clans l'église Sainte-Marie à Greifswald; il a été fait d'après un individu échoué près de la ville le 50 mars 4 545 ; un autre dessin fait à l'huile, d'après un animal échoué à l'embouchure duWesercnmai 1099, est conservé à la maison de ville de Brème; c'est le même que Cuvier a mentionné comme un jeune Borqual du Nord. Jobn limiter a publié une bonne figure de ce même animal en 4787, d'après une femelle de dix-sept pieds de long, capturée au Doggersbank (2). Lacépède a publié un bon dessin qui lui a été envoyé par sir Joseph Banks, et qui a été reproduit par F. Cuvier, sous le nom de Rorqual Jubarlc, dans son Histoire naturelle des Cétacés, et sous le nom de B. boops par f.oldfuss dans son grand Atlas. Nous trouvons également un dessin do ce même animal dans Scoresby (Pi. XIII, fig. 2), fait d'après une femelle prise dans Scalpa Bays (Orcades), le 44 no- vembre 4 808. Dans les actes de la Société liiineemie de Bordeaux, nous en trou- ,1) Les fanons ne sont pas fidèlement représentés. (2J Philos. Transac/., vol. XVI, 1809. BALENOPTERES. 151 vous également un d'après un individu échoué dans le golfe de Gascogne, en août 1855. Rosenlhal a également publié celui d'un mâle, qui a été reproduit par Brandt et Ilatzeburg dans leur Zoologie médicale (PI. XV, iig. 4) (-1). Dans le New-York muséum, de Kay a également figuré cet animai (PI. XXX, fis- «)• Il existe encore un dessin entre les mains de notre confrère le vicomte du Bus, d'après l'animal qui a été tué dans l'Escaut, au mois d'octobre 4865, en amont d'Anvers. Escbrichta représenté un fœtus de huit pouces de long. Albers a fait graver le squelette de Brème, et Pierre Camper a reproduit la tète. Le squelette et les principaux os ont été figurés par Albers dans son Icônes ad anat. comp., et dans le voyage en Islande et au Groenland, par Gaimard (PI. XIII et XIV) ; mais l'étude la plus complète a été faite par feu notre ami Eschricht, qui a fait reproduire tous les os qui présentent quelque importance. Eschricht a même fait dessiner le squelette complet du foetus et les divers os séparément, tels qu'ils se présentent à l'âge embryonnaire. (PI. VI, VII, IX, XI, XII, XI 1 1 et XIV.) Nous voyons également le squelette de la tète dans le voyage, Ereôus and Terror, des vertèbres cervicales, l'os tympanique et la partie supérieure des côtes, dans le Catalogue of seuls and wlialcs, par le docteur Gray. On connaît quelques stations de ces cétacés, mais indépendamment des lieux qu'ils hantent régulièrement, nous mentionnerons également les parages qu'ils visitent accidentellement et les côtes sur lesquelles on en a vu échouer. On en prend régulièrement dans les Fiords des environs de Bergen pendant l'été. — Les années que l'on n'en capture pas sont rares. — Pendant une période de 25 ans, l'année -1850 est la seule pendant laquelle on n'en a pas pris. En -1855, on n'en a tué qu'un seul individu, en 1854 et en 1855 trois, en 4 856 égale- (1) C'est à tort qu'il représente les fanons en avant, montrant un intervalle entre eux sur la ligne mé- diane et en arriére se terminant en formant une courbe. tS2 SQUELETTE DES CÉTACÉS. ment un On trouve assez souvent des femelles pleines, comme on peut le voir par le grand nombre de fœtus de toutes les grandeurs que l'on possède au muséum de Bergen. On la désigne, sur les côtes de Norwége, sous le nom de baleine d'été, en opposition avec la baleine des harengs (Herringwhale), qu'on ne voit qu'en hiver. — Le Herringwhale est la Balsenoptera musculus, pensons-nous. On y prend plus souvent des femelles que des mâles; sur onze femelles on n'a capturé qu'un seul mâle. Il est permis d'en conclure que ces mysiicètes visi- tent les Fiords des environs de Bergen pour y mettre bas. — On a tait la même observation au cap de Bonne-Espérance et à la Nouvelle-Zélande. Les mâles se tiennent au large pendant que les femelles pénètrent dans les baies pour mettre leurs petits au monde. Elles peuvent plus facilement se livrer au repos pendant et après la parlurition, et le jeune baleineau y court moins de danger qu'en pleine mer. Les pêcheurs des environs de Bergen voient approcher avec satisfaction ces. mysticètes de leurs côtes, et saluent leur entrée dans les Fiords avec grande joie. La Balénoptère qui nous occupe fait aussi régulièrement son apparition sur les côtes de Finmark à la poursuite des gades, sei, d'où on lui a donné le nom de Seiqual. — Le professeur Malmgren a vu trois de ces Balénoptères poursuivies par des Orques, aller se jeter sur les côtes de Finmark. Elle a ses stations régulières en Islande comme sur les côtes de Norwége et dans le détroit de Davis, dit Eschrichf. Dans ces dernières années, M. Sars fils a signalé également cet animal aux îles Loffoden, et Scoresby fait mention d'un individu capturé dans le voisinage du Spifzberg (1813), et dont il a conservé quelques fanons. Holbôll nous apprend que ces Balénoptères apparaissent en hiver au Groen- land (I), et il y a lieu de supposer que le détroit de Davis lui sert de station pen- (1) Cette espèce est très -commune aussi bien au sud qu'au nord du Groenland, (lit Holbôll ; elle est tou- tefois plus répandue dans la partie méridionale. - Elle arrive à Godhaab en avril et quitte en décembre. Dans sa correspondance avec Eschricht, Holbôll fail mention d'une espèce plus petite encore que le Tilm- julih <■{ pour laquelle il propose le nom Dultrimii/rrit niirmcephala. Elle aie même genre de vie, dit-il, habite les mêmes parages et mange également des Mallotus. - - Elle n'a que dix-huil pieds el diffère par une tête plus petite et la position de la nag< oire dorsale. Comme on connaît déjà plusieurs squelettes de ces parages, etquejusqu'à présent on n'a trouvé aucune différence entre eux, il y a tout lieu de supposer qui dans ces Balénoptères, comme dans la Balœna mysticetus, il existe des individus à tête plus petite. BALÉNOPTÈRES. 153 dant cette partie de l'année. — Holboll fait connaître à ce sujet un fait très- curieux, c'est qu'il n'est pas rare de voir ces petites Balénoptères prendre libre- ment leurs ébats au milieu des grandes baleines. On sait que la Balsenoptera mus- culus ne se rencontre jamais au milieu des vraies baleines et que l'on considère lu saison de la pèche unie quand elle apparaît. Nous possédons à Louvain un squelette de cette espèce de la côte de Groenland, qui a été envoyé par Holboll, et le musée de Stuttgard en possède un autre, qui vient directement de la côte de Labrador. — Du reste, Eschricht avait déjà reçu des nouvelles de leur apparition sur la côte est de l'Amérique du Nord, et il n'y a pas longtemps, on a fait mention de la prise d'un animal de cette espèce dans la New-York Bay (I). Une petite espèce de Balénoptère visite également la côte de Kamschatka et les îles Aléoutiennes, mais on n'en possède pas de squelette pour s'assurer si c'est la même. Eschricht pense que c'est le même animal qui habite le nord du Paci- fique et le nord de l'Atlantique. Du reste Pallas fait mention également d'une Balé- noptère de vingt deux pieds de long, avec une nageoire pectorale blanche, qui a été observée par Merle sur la côte de Kamschatka, et qu'il rapporte à la rostrata de Fabricius (2). Si ces déterminations sont exactes, on trouverait ainsi au nord du Pacifique, une Balœna mysticetus, une Megaptera ùoops , une Balsenoptera rostrata et un Béluga catodon, qui sont précisément les cétacés les plus communs au nord de l'Atlantique. Indépendamment de ces apparitions régulières sur les côtes de Norwége et d'Islande en été, et au détroit de Davis en hiver (5), il y a des apparitions accident telles sur les diverses côtes d'Europe, tantôt d'individus vivants qui sont évidem- ment égarés, tantôt de cadavres flottants que les courants viennent jeter sur la côte. — Nous allons faire l'énumération des principales prises qui ont été faites dans ce genre et qui ont été consignées dans les annales de la cétologie. Au mois de juillet 4824 une Balénoptère de la petite espèce, dont le sexe est (1) De Kay, New-York Mus., 730, t. XXX, fig. 1. (2) Zoolog. Ross, asiat., p. 293. (3) Iiob. Brown dit que cette Balénoptère ne se voit que pendant les mois d'été dans le détroit de Davis, Proceed. zool. Soc. 1868. ao 154 SQUELETTE DES CÉTACÉS. inconnu, mais qui avait dix-huit pieds de longueur, est venu échouer sur la côte de Jutland. Le squelette est conservé au musée de Halle. En 1857, sur la côte ouest de Jutland, près de Varde, est venu échouer un in- dividu de vingt-deux pieds de long. — Le bailli de l'endroit a fait cadeau du sque- lette à Eschricht. Nous avons aussi des exemples d'individus qui ont pénétré dans la Baltique; ainsi en 15 '«5, un animal de vingt-cinq pieds de long, dont le dessin est conservé dans l'église Sainte-Marie à Greifswald, est venu échouer dans le voisinage de cette ville (an der Wiek). Une autre petite Balénoptère, du sexe femelle, de vingt-neuf pieds de long, et que l'on a rapportée à tort à la Balœna ùoops, a échoué dansleWeser, le 8 mai 1699; le dessin en est conservé à l'hôtel de ville de Brème, ainsi que le squelette dans lequel Cuvier avait cru voir un jeune âge de son Rorqual de la Méditerranée. Le 20 décembre 1862, après un violent orage, un mysticète de cette espèce, de cinq mètres de long et du poids de deux mille livres, est venu échouer dans l'Y (I). Nous supposons que son squelette est conservé au musée du Jardin zoolo- gique d'Amsterdam. Le 10 juillet 4 858, une jeune femelle a été trouvée morte en mer, près d'Os- tende ; elle avait une longueur de cinq mètres dix centimètres ; son squelette se trouve aujourd'hui à Gand. — C'est le même animal dont parle Eschricht dans sesNordische Wallthiere, d'après les renseignements que je lui avais fournis. En 4865, au mois d'octobre, une petite baleine de cette espèce a remonté l'Escaut et s'est fait prendre en amont d'Anvers. Son squelette est au musée de Bruxelles; M. le vicomte B. du Bus a fait dessiner l'animal. Dans la mer du Nord, au Doggersbank, les pécheurs ont pris en 4765 une jeune femelle de seize à dix-sept pieds de long; c'est la môme que John Hunier a dis- séquée, et dont le squelette est conservé au musée du Collège Royal des chirur- giens à JiOndres. Les côtes des îles Orcades ont été visitées également par un animal de cette (li Maitland, Berigten ml de Diergaardr, p. xxx, 1863. (Nederland. Tydschr. voor de Dierkunde. (2, Bullet. dead. roy. ,i, Belgique, 2' série, I. XX, n"l2. BALENOPTERES. 155 espèce, de dix-sept pieds de long, que l'on suppose du sexe femelle, et dont Sco- resby a publié le dessin. Cet animal a été capturé le \\ novembre 1808 (-1). Une jeune femelle, de neuf à dix pieds de long, c'est la plus petite taille que l'on connaisse, s'est échouée en 1854, au mois de février, près de Queensferry (Firth of Forth). Elle a été étudiée avec soin par Rnox. — Son squelette est con- servé au musée d'Edimbourg. — D'après la taille, il y a tout lieu de croire que cet animal venait d'être mis au monde. Un mâle de vingt-cinq pieds de long est venu à la côte en novembre 1860, à un mille et demi S. E. de Cromer (Norfolk). — Il était mort quand il a échoué. — Son squelette est conservé au musée du Collège Royal des chirurgiens à Londres. — Il avait l'estomac plein de gadus œglefinus. Sur la côte ouest de France, on a vu à diverses reprises des Balénoptères de cette espèce. Au mois d'avril 1791, on en a vu une de quatorze à quinze pieds de long qui est venu se jeter dans les filets des pêcheurs, près de la rade de Cherbourg. — Elle avait le milieu des nageoires pectorales tout blanc. — Un médecin de Yalogne en a envoyé une description à Lacépède, et c'est cet animal si reconnaissable à la couleur blanche de sa nageoire pectorale, qui a servi de type à sa Balénoptère Museau-pointu. La petite Balénoptère qui est venu échouer au mois de février 1861 à l'em- bouchure de la Seine, et que Gratiolet a disséquée au muséum de Paris, appartient à cette même espèce. — On a conservé un modèle de la tète, mais l'artiste a mis les fanons comme dans les baleines véritables. La même année, au mois de février également, un autre individu est allé se perdre sur les côtes de Bretagne. Un mâle de vingt-quatre pieds de long (sept mètres et demi) a pénétré le 26 août 4 835, dans la Charente, et a été observé par Lesson. Une autre Balénoptère, mais dont l'espèce n'a pu être déterminée avec certi- tude, a été rencontrée flottante près de la côte de Berck (dép. Somme) (2). Ainsi, nous trouvons parmi ces Balénoptères échouées, deux individus de neuf à dix pieds, cinq de quinze à dix-sept pieds, et quatre de vinot-quatre à vingt-cinq (1) Scoresby, loc. cit., p. 485. (8) Gervais, Patria, p. 506. i 56 SQUELETTE DES CETACES. pieds, un seul de vingt-neuf pieds. Nous supposons que les premiers de neuf à dix pieds venaient de naître, que ceux de quatorze à quinze pieds venaient de quitter leur mère, et avaient, par conséquent, deux ans, et que les autres de vingt-quatre à vingt-cinq pieds avaient atteint à peu près leur âge adulte. — Toutefois ils conti- nuent à croître jusqu'à la longueur de trente pieds. Si nous tenons compte des dates, nous voyons que les premiers arrivent au mois de mai, qu'on en voit ensuite en juillet, en août, en octobre, en novembre et en décembre. — Le premier de l'année a écboué dans le Weser, le dernier dans l'Y. La présence de cette petite Balénoptère a donc été constatée dans le détroit de Davis, sur les côtes d'Islande et dans les Fiords de Bergen à des époques à peu près régulières ; on en a vu apparaître sans aucune régularité sur les côtes de Da- nemark, dans la Baltique, sur les côtes des Pays-Bas, de Belgique, de France, d'Angleterre et d'Ecosse. Cette Balénoptère remonte les fleuves, pénètre dans la Baltique, mais jusqu'à présent on ne connaît pas d'exemple de sa présence dans la Méditerranée. Le tableau suivant indique la date, la taille le sexe des individus échoués, les lieux où on les a recueillis, le musée qui renferme leur débris, et le nom des au- teurs qui en ont fait mention. BALÉNOPTÈRES. 157 DATES. TAILLE. SEXE. LIEUX. MUSÉES. OBSERVATIONS. Novembre 1-865. . 31 octobre 1863. . 8 mai 1863 20 décembre 1862. 16' 20' 10' 16' a* Escaut. Saint-Jean de Luz. Irish coast ofl'., Cloger Head. Dans l'Y. Bruxelles. Amsterdam? VauBeneden,Bull.Acad.Belg. Illustrated Times. Al. Carte aud Alex. Macalister. Février 1861. . . . Novembre 1860. . 10' 25' à" Bretagne. Norfolk. Pari.-;. Londres, Coll. des chirurgiens. Graliolet. comptes rendus 1861. Novembre 1852. . — — Havre. — Velins du muséum. 19juin 1850. . . . 2 juillet 1840. . . Mai 154S 16' 25' — Morbihan. Christiana fjord. Près de Greifswald. Christiania. Greifswald. 10 juillet 1838. . . 10 juillet 1837. . . 17' 22' 2 Ostende. Ouest Jutland. Gand. Bruxelles. Eschricht, n" 39'. Eschricht, n" 37. 2G août 1835. . . . Février 1834. . . . 24' 10' 2 Charente. Firth of Forth. Edimbourg. Act. Soc. lin. Bordeaux, 1841. Knox. 1825. . . . Juillet 1824. . 18' Ile deRugen. Est Juttland. Halle. E. Roll. Eschricht, n° 20. 14 novembre 1808. 17' V, 2 Orcades. — Eschricht, n" 16. Avril 1791 Février 1764. . . . Février 1763.. . . Mai 1669 15' 26' 17' 27' 25' 18' 2 2 Cherbourg. Saint-Jean de Luz. DoggeTsbank. Weser. Raltique. Yarmouth. Londres, Coll. des chirurgiens. Brème. Breslau. Lacépède. Du Hamel. Ihinter. Par le cap Ianke. 1. C'est le numéro du tableau publ ê par Esehr îcbt dans ses Nùnlisckcu ^Yal (hiere. 1 SQUELETTE. Nous avons eu plusieurs squelettes à notre disposition, mais cette description est faite principalement d'après un squelette du Groenland, qui appartient au mu- sée de Louvain et un autre du cap Nord, qui se trouve aujourd'hui au musée royal de Bruxelles. Nous avons reçu ces deux squelettes encore entourés d'une partie de la peau et de leurs ligaments, les nageoires desséchées, et les dernières ver- tèbres de laqueue comme les dernières phalanges des doigts dans leur situation naturelle. — La tète de la Balénoptère du cap Nord était dans un état d'intégrité si complète, que nous avons pu, non-seulement nous assurer de toutes les particula- 158 SQUELETTE DES CETACES. rites que présentent les fanons, mais voir distinctement en place le conduit auditif, la trompe d'Eustache et toute la cavité des fosses nasales. La tète vue de face est très-effilée en avant et justifie fort bien ]e nom spécifique de rostrata. Les maxillaires s'élargissent régulièrement d'avant en arrière, les inter- maxillaires dépassent les autres et forment tout le bout du rostre. — Ces inter- maxillaircs s'écartent en arrière pour former la cavité des narines, et par un mince pédicule ils remontent en dehors et le long des os naseaux jusqu'au frontal. — Le frontal, vu d'en haut, a de chaque côté une forme carrée et se dirige pour former la région orbitaire de dedans en dehors et d'avant en arrière, surtout par son bord antérieur. — L'occipital forme seul toute la partie supérieure de la voûte crânienne et le frontal qui le sépare des maxillaires et des intermaxillaires, ne montre ici qu'une bande transverse dans laquelle on reconnaît à peine l'os de ce nom. Au palais on voit le vomer entre les deux maxillaires dans toute la longueur; ce n'est que derrière les palatins que cet os est caché. — Les palatins sont fort grands et sont à peu près deux fois aussi longs que larges. — En arrière ils montrent, sur leur bord libre une échancrure sur la ligne médiane, qui a la forme d'un V dont les jambes s'écartent notablement. En comparant la tête de la Batsenoptera rostrata du cap Nord avec celle des es- pèces voisines, ùorealis ou musculus, nous trouvons le rostre plus efiilé en avant et plus large vers le milieu; les intermaxillaires plus courbés, le frontal plus large en dehors et le bord antérieur moins écliancré; le temporal plus massif cl l'occipital plus reculé en arrière, avec un bord antérieur sans double échancrure. Les ptérigoïdiens forment un sinus assez large pour la (rompe d'Eustache, et se terminent en arrière, et en dehors des palatins, sous la forme d'une lame triangulaire. — Ces os sont gonflés en tambour, comme le corps de l'hyoïde des alouates, pour loger l'air qui se rend des fosses nasales à l'oreille. Les os propres du nez sont fort étroits en haut au point d'insertion dans le fron- tal; ils s'élargissent lentement et sont tronqués à leur extrémité libre. Ils sont à peu pics deux l'ois aussi longs que larges. M. Flower a figuré ili comparativement ces os dans les Balœna mysticetus et australis, la Megaptera boops cl les Balsenop- i) Flower, Notes i » the squeletom <■> n lm/, ■, Proc. Zool. soc.', novembre 1864, BALÉNOPTÈRES. 159 tem muscutus, Schlegelii et rostrata. — On voit par ce rapprochement combien ce» os diffèrent d'un cétacé à l'autre. L'os lacrymal est comprimé comme une feuille, à bord antérieur un peu convexe et garni d'un bourrelet qui s'étend du bord du maxillaire au bord du frontal. — Le bord postérieur est aminci et forme un angle vers le milieu de sa longueur. La face inférieure est convexe en avant, concave en arrière, et la convexité de dessous correspond à une concavité au-dessus. Le jugal a la forme d'une virgule, recourbée presque en demi-cercle, s' articu- lant en avant avec le maxillaire supérieur, se soudant avec le frontal en dedans et en arrière avec la partie amincie du temporal. — Il forme la partie inférieure du cercle de l'orbite. Les osselets de l'ouïe, le marteau, l'enclume et rétrier étaient encore en place dans le squelette du cap Nord. — Comme dans tous ces animaux, le marteau est le plus volumineux et se distingue autant par ses formes que par ses rapports avec la caisse auditive. L'enclume n'est pas sans ressemblance avec une dent molaire dont les racines représentent les apophyses, et la couronne la surface articulaire. — L'étrier est plein et complètement immobile sur la fenêtre ovale. La caisse tympanique est caractéristique de cette espèce, autant par sa dimen- sion que par sa forme et ses deux apophyses. — Elle a une forme ovale, très- régulière de tous côtés avec une crête faiblement indiquée sur le bord opposé à l'orifice. Le maxillaire inférieur n'offre de remarquable que le développement assez grand de son apophyse coronoïde. De toutes les parties du squelette, c'est la colonne vertébrale qui caractérise le mieux cette espèce. — En général on peut dire que le nombre de vertèbres est de quarante-huit; ce nombre toutefois n'est pas aussi constant qu'on l'a cru : M. Flower a compté cinquante vertèbres dans le squelette mâle qui est au Col- lège Royal des chirurgiens à Londres; au musée de Bergen, nous avons vu un squelette de mâle qui a quarante-neuf vertèbres et dans la même collection celui d'une femelle qui n'en a que quarante-six. C'est le même nombre que J. Hunter a donné. — Le squelette du cap Nord en a quarante-sept comme celui de Cambridge et un des deux squelettes du musée de Leyde. — Lacépède ne 100 SQUELETTE DES CÉTACÉS. signale que quarante-six vertèbres dans le squelette de Cherbourg dont il a reçu la description, mais il est possible que les dernières auront échappé. Dans la plupart des squelettes nous avons compté quarante-huit vertèbres, et ce nombre peut fort bien être considéré, ainsi que Eschricht le disait, comme nombre normal. Nous avons compté scp( vertèbres dans les lobes de la nageoire caudale. — Il parait que dans la Batsenoptera Sibbaldii on en compte jusqu'à dix-sept et nous en avons vu dix dans la Balœnoptera musculus. La dernière caudale est souvent fort petite, et, à moins de soins spéciaux, elle se perd pendant la macération. M. Flower est tenté de croire que la colonne vertébrale est formée de cinquante vertèbres, dont les deux dernières, souvent, ne se développeraient pas. La colonne vertébrale se divise généralement en sept cervicales, onze dorsales, treize lombaires et dix-sept caudales. — Quand le nombre de vertèbres est au-des- sous de quarante-huit, ce sont celles de la région caudale qui manquent. — Ainsi le squelette de Bergen a quarante-six vertèbres, ne possède que quinze ver- tèbres caudales, au lieu de dix-sept. L'atlas, vu de profil, montre à peu près la même épaisseur partout et une apo- physe transverse assez forte se dirige obliquement vers la moitié de la hauteur du corps de la vertèbre, de dedans en dehors et un peu d'arrière en avant. L'apophyse épineuse supérieure de l'axis s'élève au-dessus de celle de l'atlas; elle est plus large d'avant en arrière, surtout vers son extrémité libre; les deux apophyses transverses supérieures et inférieures se soudent de bonne heure pour former un anneau complet; la longueur de ces apophyses ainsi que la largeur du trou varient beaucoup d'un individu à l'autre. Les quatre vertèbres cervicales suivantes ont à peu près leurs apophyses trans- verses supérieures et inférieures également développées; elles sont dirigées de dedans en dehors, d'arrière en avant, et sont comparativement assez délicates. C'est du moins ce que nous voyons dans le squelette de Groenland. Ces six dernières cervicales ont leurs apophyses unies par des ligaments, et servent, avec L'apophyse liansversc de la première dorsale, à soutenir la première côte. _ On dirait, en voyant les ligaments en place, que la première s'articule tout autant avec l'axis qu'avec la première dorsale. Dans le fœtus, Eschricht a trouvé les vertèbres cervicales cinq et six comme BALENOPTERES. 161 la seconde pourvues d'un anneau complet, et dans les squelettes provenant de Groenland, il a vu cette même disposition à l'état osseux; il fait même remarquer, que dans aucun squelette d'origine européenne il n'a trouvé ces anneaux com- plets. — Nous possédons un squelette de Groenland àLouvain qui n'a, comme les autres, que l'axis seul à anneaux, et le docteur Gray, en parlant des vertèbres cervi- cales d'un autre squelette de Groenland, fait remarquer également, que les apo- physes épineuses supérieures et inférieures des troisième , quatrième , cin- quième et sixième vertèbres sont séparées. Eschricht a fait dessiner la cinquième cervicale avec ses anneaux complets (1). Ces états plus ou moins complets des anneaux, du moins dans les vertèbres ossiiiées, n'offrent à notre avis aucune importance pour la distinction des espèces : ce sont simplement des dispositions individuelles. Il n'est pas rare de voir un an- neau complet osseux à droite et incomplet à gauche dans l'espèce qui nous occupe aussi bien que dans la Balxnoptera musculus (2). La sixième cervicale a une diapophyseou apophyse transversale inférieure que l'on peut fort bien considérer comme une côte cervicale, ainsi que l'ont fait divers auteurs, entre autres Eschricht. — M. Van Bambeke est d'avis qu'il ne faut regarder comme côte que la partie externe de l'apophyse. Les apophyses accessoires disparaissent brusquement à la sixième cervicale. L'apophyse transverse supérieure de la septième cervicale est toujours la plus forte et va rejoindre l'anneau de l'axis. — L'inférieure, comme nous l'avons dit plus haut, est toujours très-faible et, comme Eschricht l'a fait remarquer, elle ne se développe même dans aucun mysticête. Les vertèbres cervicales sont généralement toutes séparées, mais il existe sous ce rapport des variations individuelles assez remarquables; ainsi Eschricht (5) a vu deux squelettes de Groenland qui avaient leurs axis soudées à la troisième cervicale, et un squelette du musée de Stockholm présente la même disposition. — Parfois (1) Page 132. (2) Le squelette de Nonvége du musée de Leyde, a l'axis et la sixième cervicalc>vec un anneau com- plet. — La sixième cervicale du squelette de la côte de Norfolk (mus. coll. chirurg.) a un anneau complet a droite; les autres cervicales sont a anneau incomplet. — Dans le squelette de Yarmouth (femelle de 18 pieds) l'axis a seul ses anneaux complets. (3) Loc. ci(., p. 134. 2 I 162 SyL'ELETTE DES CÉTACÉS. aussi les apophyses se soudent quand le corps reste libre. 11 y a des squelettes qui ont la seconde cervicale unie à la troisième par son arc neural (I). Un squelette d'un jeune animal de Leyde provenant de l'ancienne collection de l'Université, a également la seconde cervicale soudée à la troisième par son arc neural; d'autres ont, comme celui décrit par M. Flower et qui provient d'un animal capturé au mois de septembre 1860 sur les côtes de Norfolk, la troisième cervicale unie à la qua- trième, et Barkow a reconnu, dans le squelette de son musée, une réunion entre les apophyses transverses de la cinquième et de la sixième vertèbre. — Il existe, si je ne me trompe, au British muséum, un squelette de cette espèce qui montre l'axis réuni à la troisième cervicale également par les apophyses, et une réunion semblable se voit dans les mêmes vertèbres de la Balœnoptera swinhoei. Dans le squelette du Doggersbank, d'une femelle non adulte, les apophyses transverses des sept vertèbres cervicales sont séparées, même les apophyses de l'axis, ainsi que le corps. A voir ces variations individuelles dans une espèce bien établie, il est inutile de faire remarquer, que nous ne croyons pas à l'importance des caractères tirés des anneaux plus ou moins complets des cervicales, puisqu'ils ne sont même pas égale- ment dé\eloppés à droite et à gauche; et nous ne croyons pas plus à l'importance de la soudure des apophyses de différentes vertèbres; ce sont des différences résultant uniquement d'une ossification plus ou moins complète. La région dorsale compte, comme nous l'avons dit plus haut, onze vertèbres, dont le corps s'accroit insensiblement d'avant en arrière, de manière que le dia- mètre antéro-postérieur est quatre fois plus grand dans la dernière dorsale que dans la première. La face inférieure des dernières vertèbres de cette région devient plus ou moins carénée tandis que les premières sont parfaitement arrondies. — Cette carène de- vient plus distincte à mesure que l'on approche de la région lombaire. Les apophyses épineuses sont fort longues et s'élèvent de plus en plus depuis la troisième cervicale; elles sont inclinées d'avant en arrière jusqu'à la cinquième ou sixième vertèbre de cette région. — Ces vertèbres sont celles qui ont le plus fort (! j Proc. zool, si i mai, ISfii. BALENOPTERES. 163 diamètre antéro-postérieur. — Les dernières apophyses ont leurs bords antérieurs et postérieurs à peu près en ligne droite, sauf à la base. — C'estdans les vertèbres cinq et six que ces bords sont les plus irréguliers. Les apophyses transverses des quatres premières vertèbres sont épaisses et se di- rigent d'arrière en avant; à partir de la cinquième, ces apophyses s'amincissent, s'allongent, se dirigent en dehors et se dilatent surtout par le bord antérieur, de manière à préparer la forme de rame qu'elles affectent dans la région lombaire. Cesapophyses s'allongent depuis la première jusqu'à la dernière vertèbre, et dans cette dernière elles sont un peu plus longues que l'apophyse épineuse mesurée depuis le corps de la vertèbre. Les apophyses accessoires croissent depuis la première dorsale jusqu'à la der- nière et ne s'élèvent guère sur l'apophyse épineuse môme. Les surfaces articulaires postérieures ne s'observent guère au delà de la cin- quième ou sixième dorsale. Comme on le voit ailleurs, le corps des premières caudales gagne légèrement en diamètre vertical non en diamètre longitudinal, puis il diminue insensiblement dans les divers sens; l'arc neural persiste jusqu'à la huitième vertèbre et à la neu- vième on ne voit plus qu'une gouttière à la place. — La dixième vertèbre ne pré- sente plus de traces même de gouttière. Depuis la quatrième caudale l'apophyse transverse est percée à sa base pour le passage de l'artère spinale; à la septième caudale les deux apophyses articulaires des os en V se soudent et forment un canal, qui s'ouvre au devant de l'orifice qui perce la base de l'apophyse transverse et forme une gouttière verticale sur le côté de la vertèbre; cette gouttière n'existe que dans celte seule vertèbre ; à la huitième, l'artère spinale passe directement de bas en haut dans le canal qui va s'ouvrir en dessus à droite et à gauche de la ligne médiane. Le canal inférieur s'abouche directement dans le canal diapophysaire, après la septième vertèbre, et ces deux canaux réunis, pourraient être désignés à cause de leur direction, sous le nom de canaux verticaux. La seconde caudale a le corps assez allongée, une apophyse transverse forte au milieu de la hauteur du corps, une apophyse épineuse supérieure à peu près de la même largeur que le corps, les apophyses articulaires antérieures également larges et dirigées obliquement de bas en haut. — Le corps de la vertèbre est échancré au milieu. 164 SQUELETTE DES CÉTACÉS. Les vertèbres, logées dans l'épaisseur des lobes de la nageoire caudale, sont au nombre de sept. — Nous avons compté huit vertèbres sans os en chevron. — Le volume de ces dernières vertèbres décroit assez rapidement — La première des sept, qui est la dixième caudale, a 6 centimètres de diamètre antéro-postérieur et \ centimètre de plus dans son diamètre vertical. — La dernière n'a plus guère qu'un centimètre et se distingue comme toujours parla surface articulaire unique. Il est inutile de faire remarquer que dans ces dernières vertèbres toutes les apo- physes ont disparu et que le corps est traversé de bas en haut par les artères spinales q uis'élevcnt verticalement de l'aorte. La dernière caudale n'est qu'à 2 centimètres du bord postérieur de la nageoire caudale, de manière que celle-ci est traversée dans toute sa longueur par le rachis. Ayant reçu des squelettes encore enveloppés de leurs ligaments et la plupart des os en place, nous avons pu nous faire une idée des os en chevron, tant sous le rapport du nombre que de la forme et des rapports qu'ils ont avec leurs ver- tèbres respectives. La quatorzième vertèbre qui suit la région dorsale est la première caudale; elle porte le premier os en V en arrière. — Ces os vont en diminuant de volume depuis la seconde caudale jusqu'à la neuvième. A la dixième caudale on n'aper- çoit plus d'os de ce nom, de manière que la dernière vertèbre, qui n'est pas logée dans dans la nageoire caudale, est la première sans os libre en dessous et en même temps sans apophyses. Les os en V sont au nombre de neuf. C'est le nombre indiqué aussi par mon sa- vant confrère M. Flower. Sauf le dernier, ils sont tous soudés sur la ligne médiane; le premier est propor- tionnellemenl petit et tronqué obliquement sur son bord antérieur; le second est le plus long de tous, et le troisième le plus large cl en même temps le plus régulier. Les autres vont successivement en diminuant d'avant en arrière, de manière que l'on pi'iit aisément retrouver, dans cette espèce au moins, la place respective de chacun (1 eux. — Les os en V trois, quatre et cinq, figurés par Eschricht (page 154), ont exactement la même forme que ceux du squelette de Bergen figurés dans le voyage en Islande et au Groenland. Le nombre normal des côtes est de onze. — Le musée de Bergen possède un squelette à douzejcôles, et, pour rentrer danslarègle, il faudrait dire que la première BALENOPTERES. 165 lombaire en porle une. En effet, les vertèbres lombaires sont seulement de douze au lieu de treize. Le squelette de Groenland que nous possédons à Louvain n'a que dix côtes et treize vertèbres lombaires comme celui du musée de Cambridge. — Comme il est pro- bable qu'une côte manque, le nombre de lombaires étant de treize, il en manque- rait une dans cette région. La première côte, est comme toujours, la plus courte et la plus large. — Nous n'avons vu aucun squelette avec une première côte véritablement bifurquée(l). — Elle s'articule supérieurement à l'apophyse transverse de la première dorsale qui se rapproebe fortement de l'axis, intérieurement au sternum, en dessous des deux prolongements latéraux. — Ce sont les quatrièmes et les cinquièmes côtes qui sont les plus longues. Les vrais rapports entre la première côte et les prolongements latéraux du ster- num, ont été établis par le grand cétologue de Copenhague d'après des observa- tions faites sur les fœtus et sur les adultes (2). Toutes les côtes s'articulent directement avec les apopbyses transverses de leurs vertèbres respectives par leurs tubérosilés et il n'y a guère que la seconde qui est pourvue d'un prolongement qui correspond au col. — On sait que dans aucun mysticète il n'existe une tète qui s'articule avec le corps de la vertèbre. Entre l'extré- mité cépbalique de la côte et le corps des vertèbres, il se trouve deux ligaments dont l'un s'insère à la vertèbre correspondant à la côte, l'autre à la vertèbre précédente. — Toutes ces côtes sont plus larges à l'endroit où elles s'articulent avec les apo- physes transverses et toutes aussi sont plus ou moins tordues sur elles-mêmes. Eschricbt a donné un fort bon dessin des rapports qui existent entre les premières côtes et les vertèbres, en reproduisant les principaux ligaments qui relient ces os entre eux (5). Le sternum est tout à fait caractéristique dans cette espèce et c'est une cliose bien remarquable, qu'il présente la même forme dans tous les squelettes connus. — On ne pourrait pas le confondre avec celui d'une autre Balénoptère. Il a la (1) Dans quelques squelettes, et entre autres dans celui de musée de Cambridge, la première côte montre sur le bord antérieur et en liant, une saillie, qui fa ilpenser à la cote biceps de plusieurs cétacés. (2) Nordischen Wallthiere, p. 139. (:t; Loc. cit., p. 137, fig. 45. 166 SQUELETTE DES CÉTACÉS. forme d'une croix latine, dont les bras seraient plus on moins palmés à leur base. — Ainsi il y a en avant un prolongement de la même longueur que les deux prolongements latéraux et une longue pointe le termine en arrière. — Ce sternum a déjà figuré comme bassin dans quelques squelettes, par exemple celui de Brème, et très-souvent il a été placé la grande pointe en avant, comme dans le squelette qui est figuré dans le voyage en Islande et en Groenland. Dans les jeunes animaux le sternum présente déjà la forme caractéristique comme on peut le voir dans la petite Balénoptère de la Seine, qui a été disséquée par Gratiolet et dont le savant anatoraiste a bien voulu, dans le temps, nous com- muniquer un croquis (-1). Les os du bassin sont conservés dans plusieurs squelettes, mais il n'y en a pas deux qui se ressemblent complètement. — Autant le sternum est constant dans sa forme, autant les os du bassin, ou pour mieux dire les ischions, sont variables. Ceux de notre squelette du Groenland sont droits, comprimés, amincis à un des bouts, tronqués, élargis et anguleux à l'autre bout. Il n'y a qu'un seul os de chaque côté. — Eschricht a signalé depuis longtemps que le prétendu bassin du squelette de Brème est le sternum que Rudolphi avait soupçonné être l'os hyoïde. Comme nous avons reçu les nageoires complètes entourées encore de leurs par- ties charnues et de la peau, nous avons pu parfaitement reconnaître la bande blanche caractéristique de ces organes, dont Eschricht a fait connaître depuis long- temps l'importance, et la situation respective de tous les os du carpe, du méta- carpe et des phalanges. L'humérus présente les caractères ordinaires des Balénoptères, c'est-à-dire, qu'il est relativement fort coi'rt, et que son bord inférieur est notablement comprimé. Le radius et le cubitus ont plus du double de la longueur de l'os du bras. — Le radius montre à peu près le double de l'épaisseur du cubitus vers le milieu de sa longueur, et il s'élargit encore légèrement vers ses deux extrémités. — Il mesure à peu près la même épaisseur à ses deux extrémités. Le cubitus a son bord supérieur courbé et il s'élargit notablement pour former l'apophyse olécranienne. (ii Le sternum, qui s'éloigne le plus de la forme ordinaire, est celui qui ;i été 6guré par MM. Carte el Macalister, dans les Transactions philosophiques, 1868, pi. VI. fig. 1, BALÉNOPTÈRES. 167 Le procarpe est formé des trois os ordinaires, le radial, Yintermédial et le cubi- tal; ces deux derniers ont à peu près le même volume. — Le radial est un peu plus grand que les autres. Le mésocarpe est formé de deux os qui sont placés en dessous de l'espace qui sé- pare entre eux les procarpiens. Il y a quatre doigts portés par autant de mésocarpiens; le métacarpien de l'index est le plus fort; celui du médium le plus long, celui du petit doigt le plus court, de manière qu'ils correspondent sous ce rapport avec la longueur des doigts. — Le doigt médian est le plus long, et compte sept phalanges; l'annulaire qui suit, pour la longueur, en a six, l'index trois qui sont tous un peu plus allongés que ceux du petit doigt. Dans un squelette du Groenland, nous avons trouvé une phalange de moins dans le médian et dans l'annulaire. BAL.ENOPTERA MUSCULUS PL. XII ET XIII, FlG. 11-24. Fr. Rosenthal et Hornschucli, Epistola de Balxnopleris... Gryphiœ, 1825. Fr. Rosenthal, Einige naturhist. Bemerk. ut>er die Walle, in-fol. Greifswald, 1827. Van Breda, Eenige byzonderheden omirent den Walvisch die den 5 den november 1 827, by Oostende gestrand is. Algem. konst en letterbode, 1827. Du Bar, Osléographie de la baleine, échouée à l'est du port d'Ostende, le 4 novembre 1827; in-8°. Bruxelles, 1828. P. L. Van der Linden, Notice sur un squelette de Baleinoptère exposé à Bruxelles en juin et juillet 1828 ; in 8°. Bruxelles, 1828. (.li. Morren, Observations sur la Bahenoptera rostrata de Fabricius... Bydragen tôt natuurkund. Weten- schappen, 1829. Bernaert, Notice sur la baleine échouée près d'Ostende le 5 novembre 1827. Paris, 1829. Schlegel, Over eenen in hetjaer 1826 aen de noord-hollandsche kust gestranden Vinnvisch, Niewtoe Verhan- deling der eerste klatse van hel koningl. ned. Instituât ; 3 e deel. Amsterdam, 1831. F. P. Ravin, Observations anatom. sur les Fanons; Annale* des sciences naturelles, 183G. 168 SQUELETTE DES CÉTACÉS. Vrolik, Note sur Vanatomie d'une Balénoptère à bec (Balaenoptera rostrata), échouée au mois de septembre de Vannée 1835 sur les côtes de Hollande; Annal, des scienc. natur., 1838. Schlegcl, Abhandlun'jen ans dem Gebiete der Zoologie. Leiden, 1841. Sweeting, Magaz. nat. hist. 1840. Rob. Heddle, On a Whaleofthe genus Physalus, captured in Orkney, Proceed.Zool. Soc. 1856. Van Bcncden, Notice sur une baleine prise près de Vile Vlieland et dont le squelette est monté au jardin royal de zoologie d'Anvers; Ballet. Acad. roy. de Belgique, t. XXIV. 1857. Paul (".iivais, Sur la baleine de la Méditerranée; Ballet, de VAcad. roy. de Belgique, 2 e série, t. XIV, 1862. Paul Gervais, Cétacés des côtes françaises de la Méditerranée ; Comptes rendus... 28 novembre 1804. Aug. Muller, Phys. cecon. Gesellsch. zu Kônigsberg, IV, p. 38. 1804. D r Mûrie, On the anatomy of Physalus antiquorum ; Proceed. Zool. Soc. 1865, p. 206. \V. 11. Flower, Observations upon a Fin-Whale (Physalus antiquorum, Gray) récent ly stranded in Pevensey Bay. Proc. Zool. Soc. November 1865. G. 0. Sars, Beskrivelse «J en ved Lofoten indbjœrget Rorhval Balœnoptera musculus. Vid. Selskabcts For- handlinger l'or 1865. Prof. Vincenzo Diorio, II Cetaceodi P. Marinella, Atli dell' Accademia pontificia dei nuovi Lincpi, 1866. A. W. Malm, Om etl i Zoologiska Riksmuseum befintligt skelett af Balœnoptera musculus, fran Finmarken, Ofvcrsigt af Kongl. Vetensk. — Akad. Forhandlingar, 1868, n" 2. G. 0. Sars, Om individuelle Variât ioner hos Rorhvalerne og de deraf betingede Uligheder i de» ydre og indre Bygning. Vidensk-Selsk. Forhandlinger for 1868. C'est évidemment l'espèce de baleine la plus anciennement connue, et c'est d'elle que parle Aristotesous le nom de Mysticetus (I). Elle a dans la bouche des poils qui rappellent les soies du porc, dit le célèbre Stagirite. Pline rappelle les paroles d'Àristote et donne à la baleine de la Méditerranée le nom de Musculus. Le passage suivant d'un historien turc, se rapporte évidemment au même ani- mal : après avoir vu plusieurs choses extraordinaires et entre autres de grands poissons semblables à des vaisseaux renversés dessus dessous, qui, en respirant, jetaient de l'eau à la hauteur de deux piques, le prince aborda dans un port de la Savoie, dit Mohammed Soad Uddin, surnommé Cogia effendi, le plus célèbre des historiens turcs, en racontant les incidents du voyage du prince Gem, fils de Mahomet II, de Rhodes à Mec (2). Linné, dans son Systema naturœ, a voulu rattacher toutes les observations faites par les naturalistes, les voyageurs et les baleiniers à un certain nombre d'espèces, i\) D'après Camper, le monstre qu'Aristote appelle Mysticetus serait plutôt un poisson ; mais Cuvierfait remarquer, avec raison, que c'est bien une baleine. (2) Michaud, Bibliothèque des croisades, 3' partie, p. 470. Paii^. 1829. — C'esl mon savant ami et col- lègue Thonissen qui m'a coi unique cet extrait. Dans ses miles sur l'Histoire naturelle de Pline, pu- bliéesa Lyon, en 1606, Dalechamp parle d'un orque à peau striée (Canaliculatïm striata), qui futrejeté par la mer à peu de distance de Montpellier, et qu'il a en occasion devoir. C'est sans doute le même animal qui nous occupe ici. BALÉNOPTÈRES. 169 et il donna le nom de mysticetus précisément à la baleine que les anciens ont le moins pu connaître, c'est-à-dire à la baleine du Groenland, qui ne quitte jamais les glaces polaires. — Ce nom aurait dû rester à l'animal qui nous occupe. Linné a admis en outre quatre autres espèces de baleines qui appartiennent au genre balénoptère et parmi lesquelles il yen aune qui porte le nom de musculm. Est- ce l'espèce qui nous occupe et qui pénètre dans la Méditerranée? Personne ne pour- rait le dire : ses descriptions ne sont pas assez complètes, et l'on ne conservait point de squelettes de cétacé dans les musées à l'époque où il a écrit son Systemanaturse. Les premiers squelettes de cétacés, montés dans un musée, sont ceux de limi- ter et appartiennent à la Balœnoptera rostrata et à YHyperoodon roslratum; ils sont encore conservés aujourd'hui au musée du collège royal des chirurgiens à Londres. La cétologie n'a été assise sur une base fixe que depuis le jour où l'on a pu con- server les ossements de ces animaux et les comparer entre eux. Parmi les auteurs qui ont le plus contribué, par leurs travaux ostéologiques, à éclaircir l'histoire de cette espèce, nous devons citer Knox, Vrolik, Eschricht, le docteur Gray, MM. Schlcgel, Flower et G. 0. Sars. Cuvier a appelé cet animal Rorqual de la Méditerranée et, lorsqu'en -1854, Gaimard rapporta de son voyage en Islande quelques caisses tympaniques d'une grande Balénoptère, il ne nous fut pas difficile de reconnaître, que ces os prove- naient de l'espèce qui fréquente également la Méditerranée. — Aujourd'hui il est connu que le Rorqual de la Méditerranée habite l'est et l'ouest de Groenland, qu'il visite les parages des îles Loffoden et de l'Islande, qu'il pénètre dans la Baltique comme dans la Méditerranée, et que, de temps en temps, des individus isolés, mâles ou femelles, jeunes ou vieux, viennent échouer, tantôt dans ces mers intérieures, tantôt sur les diverses côtes d'Europe, depuis le cap Nord jusqu'au golfe de Gascogne. Ces animaux apparaissent sans aucune régularité; on en a observé à toutes les époques de l'année, et si l'on en capture quelquefois en vie dans le voisinage du littoral, le plus souvent on les trouve morts en mer ou sur le rivage. Et ce n'est pas seulement depuis les temps historiques que ces animaux sont ve- nus se perdre ainsi sur le rivage ; on rencontre de temps en temps, à une certaine distance de la côte au-dessus du niveau actuel de la mer, sur les bords de la Baltique , comme sur ceux de la Méditerranée, en Europe comme en Amérique, des squelettes entiers qui diffèrent fort peu de ceux qui habitent encore aujourd'hui ces parages. •2 2 HO SQUELETTE DES CÉTACÉS. Y a-t-il une époque de l'année pendant laquelle leur apparition est plus abon- dante? Voit-on plus d'individus d'un sexe que de l'autre? Les individus qui vien- nent se perdre dans certaines localités se ressemblent-ils plus ou moins parleurs dimensions? Voit-on plus souvent échouer des individus vivants que des morts? Pour répondre à ces diverses questions et à bien d'autres, il est bon de faire le relevé des divers échouements qui ont eu lieu; mais, comme les indications en général sont vagues et incomplètes, parfois même exagérées, surtout dans les an- ciens auteurs, nous ne ferons mention que des individus de cette espèce qui sont venus se perdre depuis la fin du siècle dernier, et dont les ossements ont été en tout ou en partie conservés. 11 importe peu de savoir qu'une baleine a échoué en 1 189 sur les côtes de Blankenberg, qu'une autre est venue se perdre en 4 554 non loin d'Ostcnde, et qu'en -1404 on en a vu une bande entière de huit individus se jeter sur la même plage; ne pouvant connaître positivement ni l'espèce, ni le sexe, ni les dimensions, il y a peu d'intérêt à recueillir des faits aussi incomplets. Nous ne connaissons guère en Europe de stations régulières de ces animaux, quoiqu'ils laissent sur toutes les côtes des souvenirs de leur passage. En tout cas, c'est du Nord qu'ils nous viennent et non du Midi, quand ils visitent nos parages. Nous allons voir ce que l'on en sait au Groenland, en Islande et au nord de la Norwége. Sous le nom de Keporkamak, les pêcheurs désignent au Groenland une lîalénop- tèrc qui est probablement celle qui nous occupe et à laquelle ils accordent une longueur de 00 à 80 pieds (I). — C'est un des plus grands cétacés du détroit de Davis. Les fanons ont jusqu'à un pied et demi de large. 11 paraît fort commun au nord du Groenland, où on le voit pendant tout l'été (2). — Au sud de ce pays, on ne le voit qu'au printemps. Il parait qu'on ne le chasse pas, quoiqu'il ne soit pas (1) L'autre grande espèce que h-s Groëolandais désignent sous le nom de Tunnolik, est sans doute la Balœnoplt ra SU baldii. — Fabricius ;i déjà exprimé cette idée que le Heporkarnak des Groënlandais esl la Balcenopiera musculus. .' il visite les cùies de Groenland seulement en été, de nais a novembre, dit II. Brown. BALENOPTERES. 171 difficile à capturer, parce que ses fanons sont aussi peu estimés que son huile. Il n'est pas farouche, disent les pêcheurs, et approche des chaloupes en les côtoyant pendant des heures, — C'est sans doute parce qu'on ne le chasse pas qu'il montre plus de confiance que les autres. — C'est de tous le plus facile à ohserver, à ce qu'il parait. — Il se nourrit surtout de gadus et de mallotus arcticus. Holbôll, comme nous l'avons déjà fait remarquer, signale sur la côte ouest du Groenland le Keporkak qui est la Megaptera boops, le Tikagutik qui est la Balœnoptera rostrata, le Tunnolik qui est la Balœnoptera Sibbatdii, et le Keporkarnak qui ne peut être que la Balœnoptera musculus. — Les trois premières espèces doivent être plus abondantes dans ces parages que la dernière; Holbôll n'en a aperçu que deux fois, c'était entre Godthaab et Sukkertoppen. — Ils avaient 40 pieds de long, mais leur genre dévie comme leur apparition lui sont inconnus. En 1845, Môller a trouvé pendant son séjour au Groenland une femelle de 68 pieds morte en mer, dans la baie de Baffin. On en a vu également flottant dans le détroit de Davis. En 1671, le 9 mai, Fred. Martens aperçut une baleine tout près de leur navire, à laquelle ils auraient fait la chasse s'ils n'avaient aperçu sa nageoire dorsale. Du 29 au 51 juillet, ils voyaient tous les jours, des Finnfisch, mais dès que ces Cétacés avaient paru, il n'y avait plus de baleines à découvrir. Scoresby fait mention de cette espèce sous le nom de broad nosed Whale, et Ro- bert Brownlecite également dans sa faune des mammifères de Groenland sous le nom de Physalus antiquorum, à côté de la Balœnoptera rostrata. M. G. 0. Sars a constaté sa présence aux îles Loffoden, et M. Sophus Dallas en a vu sur les côtes d'Islande, où ils sont connus sous le nom de Finnback. M. Sophus Dallas a séjourné dans ces parages depuis le mois d'avril jusqu'au milieu de sep- tembre. Deux individus, que M. Malmgren a vus le 17 septembre 1861 entre l'ile d'Am- sterdam et le Spitzbergsous le 70° 45' lalitudenord, pendant qu'ils étaient à l'ancre, sont rapportés à cette espèce, à moins que ce ne soit la Balœnoptera Sibbaldii. — Ils avaient une dimension colossale, ajoute M. Malmgren. Cette espèce serait également commune aux Beeren-islands et à la Nouvelle-Zemble, si tant est que sous ce nom de Sl'àtback, on n'ait pas désigné plutôt la Bahcna biscayensis. 172 SQUELETTE DES CÉTACÉS. Les Balénoptères n'habitent pas les mêmes eaux que les baleines véritables, et tout en ayant leurs stations dans le nord, elles sont moins polaires qu'elles. Les pêcheurs s'accordent à dire, comme nous l'avons déjà fait remarquer, que quand les Balénoptères apparaissent, les baleines abandonnent les lieux et la pêche touche à sa fin. Il n'y a guère de Baleinier qui n'ait rencontré des Finnfsch en se dirigeant sur les lieux que les baleines visitent; mais il n'est pas possible de reconnaître, d'après leurs récits, ni les lieux précis qu'ils fréquentent, ni l'époque à laquelle ils font habituellement leur apparition. La Bala?noptera musculus a pour caractères ■ Les vertèbres ne dépassent pas le nombre de soixante-deux; l'axis et souvent les quatre cervicales suivantes portent sur le côté un anneau complet; le sternum est trifolié et pas plus long pie large; les côtes sont au nombre de quinze, la première simple ou bifide; les os enV sont au nombre de seize ou dix-sept; le frontal est plus large à sa base qu'au-dessus des orbites; la nageoire pectorale est toute noire, ainsi que les fa- nons, à l'exception des antérieures qui sont souvent d'un blanc jaunâtre (]). Cette Balénoptère a été désignée sous les noms suivants : Mysticetos d'Aristote. Musculus de Pline. Balsena boops. Linn. Rorqual de la Méditerranée. Cuvier. Rorqual d'Oslende. Van der Linden. Physalus antiquorum. Gray, Flower. P/tysa/ttsDuguidii.Heddle. Sibbaldius borealis. Gray. (I) Los fanons antérieurs do la balénoptère de l'île Vlieland [Jardin royal de zoologie d'Anvers), de Pevensey Bay (Musée de Cambridge), de Texel (Musée royal de Bruxelles), comme ceux de l'île deWigbt, de Katwyk aan Zee (Musée royal de Leyde el de Saint-Brieuc, sont tous de couleur pâle jaunâtre; et, der- rière eux, on en trouve qui sont pâles en dedans et noirs en dehors, ou quelquefois striés sur toute leur longueur. UALÉNOPTÈRES. 173 Pterobalaena communis. Eschricht et Van Beneden. Balaenoptera tenuirostris, Sweeting. Balaenoptera musculus, Fleming. Balaenoptera gigas. Eschricht et Beinhardt. Pterobalaena gigas. Van Beneden. Razorback des baleiniers anglais et américains. Gewoone Finnfisch ou Vinfisch, ou Vinwall, des baleiniers hollandais ou al- lemands. Rolirval, des Norvégiens. Keporkarnak des Groënlandais. Capidolio des Italiens. La nourriture de cette balénoptère consiste, comme pour les autres espèces de ce genre, en poissons. B. Brown a trouvé jusqu'à huit cents gades (Cod) dans l'estomac d'un individu. La taille de la Balaenoptera musculus varie naturellement avec l'âge, mais on n'en voit généralement pas au-dessous de 55 ou de 40 pieds ni au-dessus de 80, et il n'existe pas de différence sous le rapport de la longueur entre les mâles et les femelles. Claas Mulder a fait le relevé des balénoptères de cette espèce qui ont échoué de- puis des siècles sur les côtes des Pays-Bas et parmi elles il en compte de 55, de 58, de 59, de 52, de (iO, de 70 et de 85 pieds. Il en cite une de 420 pieds, mais il est inutile de faire remarquer qu'il y a de l'exagération dans cette dimension. A voir le grand nombre de balénoptères de la taille d'une quarantaine de pieds qui échouent, il y a tout lieu de supposer, que les animaux de cette dimension se sont perdus peu de temps après leur sevrage, et qu'ils sont entrés dans leur troisième année d'âge. Si l'on juge par analogie, ces animaux ont de vingt à 174 SQUELETTE DES CÉTACÉS. vingt-cinq pieds en venant au monde, et, si on estime à 80 pieds l'âge adulte, ils atteignent comme la baleine du Groenland, le double de la longueur qu'ils avaient en quittant leur mère. Parmi les individus d'une quarantaine de pieds de longueur, il existe à peu près autant de mâles que de femelles, comme parmi ceux qui atteignent de 70 à 80 pieds. Nous pouvons en tirer cette conclusion : que la taille des mâles ne diffère point de celle des femelles; que le nombre d'individus des deux sexes est à peu près le même; enfin que ces animaux sont monogames. Les plus grands squelettes connus ne dépassent que de fort peu 80 pieds; nous comptons parmi les plus grands celui d'Ostende, qui a été exhibé dans les princi- pales villes de l'Europe et qui provient d'une femelle; celui d'Edimbourg qui en a 80 également; et celui de Plymoutb qui provient également d'une femelle et qui en a 79 d'après Couch. — Celui de Sibbald n° 2 a 78 pieds et provient d'un mâle. Le squelette d'un autre mâle du musée de Cambridge (Pevensey-bay) a 76 pieds. — Le squelette de Plymouth (2 oct. 1851), auquel on avait accordé d'abord 102 pieds de longueur, en a 74 1/2; celui de l'île de Wigbt, 75 ; celui de Piosberville, 70; celui d'Anvers, d'un mâle, 70, comme celui de Jutland. — Comme nous attachons peu d'importance à quelques pouces déplus ou de moins, nous avons cru inutile de dire si c'est le pied anglais ou le pied du Hbin, mais on pourra plus tard fixer en mètres, les limites de variations des individus reconnus comme adultes par la soudure complète de leurs épiphyses. Puisque les baleiniers qui allaient à la pèche du mysticclus au Spilzberg et au Groenland, s'accordent à dire que l'on trouve des baleines franches, de grandeur fort différente, sans que la différence puisse être attribuée à l'âge ou au sexe, nous pouvons nous attendre à ce que parmi les balénoptères il y en ait également de taille différente tout en appartenant à la même espèce. On trouve des squelettes entiers ou dos ossements séparés de cotte espère dans mi grand nombre de musées. — Nous allons citer, dans l'ordre alphabétique, les villes qui en renferment. Vnvers (Jardin royal de zoologie), squelette complet de l'île Vlieland; Amster- BALÉNOPTÈRES. 175 dam (Jardin de zoologie); Arcachon (France); Barcelone (Espagne), Bergen (Nor- wége, musée de la ville), squelette complet des côtes de Norwége; Berlin, (musée anatomique de l'Université, squelette non monté); Bologne (Italie); Boulogue- sur-mer, ossements séparés; Breslau, squelette d'un animal échoué près de Greifswald en 1 862 ; Saint-Brieuc (France), squelette d'un animal d'une quaran- taine de pieds, capturé dans la baie ; Bruxelles (musée royal), squelette complet de la balénoptère capturée par les pécheurs du Texel ; Cambridge (musée de l'Uni- versité), squelette complet de l'individu échoué dans la Manche à Pevensey-bay, et tête avec ossements divers de Margate ; Christiania (Norwége), ossements de trois ou quatre individus; Copenhague (musée de l'Université), squelette complet ; Edim- bourg, squelette complet; Frontignan, ossements; Gothenbourg, squelette com- plet de Finmarken ; Greifswald, squelette complet de l'île de Bùgen ; Kiel, osse- ments séparés; Leyde (musée royal), squelette complet d'individus échoués sur la côte des Pays-Bas, et une tête séparée; Londres (musée britannique), squelette com- plet de Plymouth; (musée du collège royal des chirurgiens), os séparés de la baléno- ptère échouée à Margate, tète séparée d'un autre animal; Boshervillc-Garden, sque- lette complet de la Tamise ; Gravesend, (Àlexandra Park), squelette complet de Fal- mouth; Louvain, crâne et vertèbres de Jutland; Lyon, squelette de la Méditerranée; Madrid? squelette des Bochers-del-Barro; Marseille, squelette de la Méditerranée; Munich, des ossements divers; Paris (muséum d'histoire naturelle), tête et diverses parties du squelette de l'animal éeboué à l'Ile Sainte-Marguerite (Var), en 1798; squelette complet et monté, d'un animal échoué en 1 847 à l'emboucbure de la Seine; squelette incomplet d'un animal échoué à Bayonne et un autre également incomplet d'Abbeville; Perpignan, squelette d'un jeune animal de 19 pieds, de la Méditerranée ; Pise, crâne d'un animal capturé sur la côte de l'Ile d'Elbe; Home, squelette complet d'un animal échoué à Civita-Vecchia ; Bouen, squelette complet d'un animal éeboué au Tréport; Turin, squelette de la Ligurie occidentale; Slockbolm, un squelette de Finmarken; Wight (île de), Black-gang-chine, sque- lette d'un animal éeboué sur les côtes de l'île. La balénoptère qui nous occupe, a déjà été représentée fort souvent : Martens a donné la figure du Finnfisch (Spitz. 125, t. 2, f. c.) qui appartient probablement à cette espèce, et c'est évidemment par erreur que les replis sous la gorge et le ventre, n'ont pas été représentés. 176 SQUELETTE DES CÉTACÉS. Le professeur F. Rosenthal, a publié le dessin du mâle de 45 pieds, qui a échoué au mois d'avril 1825, sur la côle de l'île de Riïgen dans la Baltique (1). MM. Brandt et Ratzeburg reproduisent ce dessin dans leur zoologie médicale et donnent la Ggure d'une femelle d'après Matbiessen. Le professeur Schlegel a publié le dessin de trois individus, qui sont venus se perdre sur les côtes des Pays-Bas, à quelques années d'intervalle. — Le premier représente une femelle de 57 pieds de longueur qui est venu à la côte en 4 826 (2), près de 117/7. aan Zee ; le second est une femelle également, de 54 pieds de lon- gueur (5), qui a échoué en 4856 et qui est représentée vue de profil et couchée sur le dos; le troisième est un mâle de 40 pieds qui est venu à la côte également à Katwyk aan Zee et qui a le corps plus grêle que les autres (4). Différents dessins de l'animal qui a échoué à Ostende en 1827, ont été publiés séparément; un d'eux a été reproduit dans l'atlas de Goldfuss, pi. 552. Un autre dessin du même animal, mais fort médiocre, a été publié par Van Breda, dans YAlg. Konst en letterôode, 1827. L'animal est placé sur le dos. Dans les Annales des sciences naturelles (5), le docteur Ravin a publié, en petit, le dessin d'un mâle qui a échoué le 16 août 4 829 à l'embouchure de la Somme. Dans les vélins du muséum se trouve un dessin d'un individu qui a échoué en 4 852 au Havre. — Un autre dessin qui n'est pas publié non plus, se trouvait entre les mains de Meyer et représente un animal échoué près de Lisbonne. Blumcnbach a fait graver un dessin d'une balénoptère, qu'il a vue en Hollande, dans le voisinage de Wijk aan Zee, le 28 novembre 4 791 et dont la longueur était de 52 pieds (6). L'animal est représenté vu aux trois quarts. Un dessin original, fait d'après nature de cette même balénoptère, a été vendu à Leeuwaerden et acheté par Van Bréda ; nous ne savons entre les mains de qui il se trouve aujourd'hui. M. Sars, fils, vient de publier de fort intéressants dessins d'un mâle de '(0 pieds de long, qu'il a eu l'occasion d'étudier aux îles Loffoden (Norwége) et qui représentent l'animal sous toutes ses faces. Le jeune et actif explorateur des îles (1) Rosenthal, ueber die Wallo, in fol. Greifswald, 1827. (2; Nieuw. verhand nederl. Instit. 18)8, III, pi. 1 et II. (3) Abhandl. a. d. geb. d. Zoologie, | • ] VI. (4) Abhandl. a. d. geb. d. Zoologie, pi. IX. ( ."., Ann. se. nal., 2" flér. t. B, p. 266. (6) Rlumenbach, AbbUdungen naturh, Gegeratatn.de, H" Ileft. n° 74, in-8, Cottingue, 18o:>. BALÉNOPTÈRES. 177 Loflbden a eu soin d'y joindre en outre un dessin de la tète, des principales ver- tèbres, du sternum, d'une côte, de l'omoplate et du membre pectoral. Eschricht était en possession d'un dessin original représentant l'animal dont il possédait le bras et qu'il attribuait à la Pterobalœna gigas. Lacépède a figuré la tète de la Balénoptère de la Méditerranée qui a été capturée sur la côte occidentale de l'île Sainte-Marguerite (Var), en 1798, mais c'est par erreur qu'il fait figurer une région cervicale de vraie baleine comme appartenant à ce même animal. Cuvier a fait graver cette même tête (1) à côté de celle de la Balœnoptcra laticrps, qu'il appelle Rorqual du Nord et de la Mégapfère du Cap qu'il appelle Rorqual du Cap. Pander et d'Alton donnent le dessin d'un squelette complet et figurent séparé- ment la tète vue de trois côtés différents, la région cervicale et l'os du bassin, d'après un squelette du muséum de Berlin. Le squelette et les principaux os du squelette d'Ostende (1827), ont été dessinés par Dubar. Goldfuss a figuré également le squelette de cet animal, mais on voit, par le bassin qu'il a ajouté, d'après le Rorqual du Cap , qu'il n'est pas dessiné d'après nature. Eschricht a publié le dessin de la tête, à côté de la tête de la Balœna mysticetus et de la Megaptera boops (2). M. Malm a figuré l'omoplate, l'os hyoïde, le sternum, le carpe et les premières côtes. Le bassin le plus complet a été figuré par M. Flower (5). La caisse tympanique que M. Hyrtl a figurée (-4), nous paraît provenir de la Balénoptère qui nous occupe plutôt que de la Balœna mysticetus. Tout récemment M. G. 0. Sars a publié, outre le dessin de ranimai complet (1) Recherches su)- les ossements fossiles , Tom. V, pi XXVI, fig. 5. (2) Von Nordhvalcn, pi. III. (3) Vroceed. zool. Soc. Lond., nov. 18fi5. (4) Vergl. anal. Un/ers. uber dasinnere Gehorgan. PI. III. 178 SQUELETTE DES CETACES. dont nous parlons plus haut, un dessin do la (ête vue de face et de profil, le ster- num, l'omoplate, la première côte, les premières cervicales et le membre pectoral. Nous allons passer en revue les individus qui sont venus échouer depuis le nord de la Norwége jusqu'à la Méditerranée, en tenant compte de l'époque de l'année à laquelle ils ont été capturés, de la taille et de leur sexe ainsi que des lieux où leurs ossements sont conservés. Sur la côte de Norwége, non loin de Bergen, est venu échouer en 1858, au mois de novembre, un mâle de 56 pieds de long et dont le squelette est conservé au musée de cette ville. Est-ce un vieux mâle comme on le dit? On a signalé sur la pointe méridionale de Norwége, à l'entrée du Skaggerrak, dans le voisinage de Farsund, au printemps de 1 846, une Balénoptère du sexe mâle, de 62 pieds de longueur. A Christiania, on conserve au musée de l'Université des ossements provenant d'un individu de 68 pieds, qui a été capturé à Oster Risor, au sud de Norwége. Le professeur Esmark a trouvé une vertèbre de cette même espèce à Faresuad. Un autre mâle de 65 pieds est venu à la côte dans leKattegat en t8il, et a été décrit par Eschricht. — La forme de son sternum est extrêmement remarquable par sa largeur et sa profonde échancrure antérieure.' La Balœnoptera musculus pénètre dans la mer Baltique comme la Balsonoptera rostrata et la Megaptcra ùoops. En avril 1825, est venu échouer sur les côtes de l'île de Rugen au fond de la Bal- tique, un mâle de cette espèce qui avait une longueur de \\ pieds; son squelette décrit par Rosenlhal, est conservé à Greifswahl. Bosenthal pensait que les Balé- noptères ne pénètrent jamais qu'au printemps dans la Biltique; mais on en a vu échouer en automne depuis qu'il a écrit son mémoire. En effet une Balénoptère de 50 pieds est venue se perdre en automne a \\ ick dans la Baltique en 1860 et a été étudiée par M. Sigm. Scbultze et Au;;. Mullcr. \ ne autre Balénoptère a pénétré au mois d'août 1X6:2 dans la Baltique et est venue échouer près de Greifswald. — Le professeur Mu n ter l'a disséquée, et son squelette est aujourd'hui au musée de Breslau. BALENOPTERES. 170 En 1 856, un individu de 70 pieds environ a été jeté sur la côte ouest du Jutland, la tëfe seule en est conservée et se trouve aujourd'hui au musée de Louvain. — Dans la liste d'Eschricht, elle porte le n" 56. Au nord de Seeland (Danemark) a échoué en I84t un mâle de 65 pieds, dont la tète et d'autres parties sont conservées au musée de Copenhague. L'exemple le plus ancien de Cétacés échoués sur les côtes des Pays-Bas, est celui qui est cité dans la chronique de la Frise (I) : deux haleines, y est il dit, ont apparu près de Oostmahorn ; elles se poursuivaient, et sont venues échouer sur le sable. — L'une avait 58 pieds, l'autre 29. — Claas Mulder pense qu'elles se rapportent au genre Dauphin, mais nous ne connaissons pas de dauphin de cetle dimension; nous croyons plutôt que ce sont des Balénoptères, soit des rostrata, si les dimensions, delà première surtout, ne sont pas exagérées, soit des jeunes musculus. Claas Mulder estime à sept ou huit le nombre de Balwnopkra sulcata arclica de Sclilegel, qui sont venues échouer ou qui ont été capturées sur les côtes des Pays-Bas. — Depuis qu'il a publié sa notice, il est venu encore divers individus à la côte qui appartiennent à l'espèce qui nous occupe. Nous ne parlons que de celles sur les- quelles on possède des renseignements certains et dont en général on a conservé quelques pièces. En 9 novembre 1791, une femelle fut exhibée àWyk aen Zee d'une longueur de 52 pieds. — C'est elle que le célèbre Blumenbach eut l'occasion de voir et dont il a publié un dessin (2). En 1816 une Balénoptère a été capturée dans la Zuiderzee, dont le squelette est conservé au musée de Leyde. Le 5 avril 4 826, une autre femelle, longue de L2 mètres, a été trouvée morte sur les côtes également dans le voisinage de Wyk aen Zee. Son squelette se trouve au muséum d'histoire naturelle à Paris. Il n'est pas monté. — Il existe un modèle réduit au 56" parles soins de M. Sclilegel (\). Peut être cette femelle appartient- elle à la Balœnoptera borenlis ou laficeps. (1) Chrimykvan Friesland, door Ockam Scharlenseni, Leeuwaerden, 1597, fol. "21 202 SQUELETTE DES CÉTACÉS. Le musée du collège royal des chirurgiens possède des mandibules, des vertè- bres, des côtes et des omoplates de deux individus distincts, d'origine inconnue et qui appartiennent évidemment à celte espèce. Au musée de Cambridge, se trouve une tète et une omoplate d'un animal échoué à l'embouchure de la Clyde, et que nous ne pouvons nous empêcher de rapporter à cette même espèce, quoique les principales pièces du squelette manquent. Le squelette qui a été envoyé par le musée de Leyde au musée de Paris, et que nous avons examiné dans les magasins du Muséum, ne portait aucune indication d'origine, et provient, nous semble-t-il, également de cette espèce. SQUELETTE. Cette description est faite d'après un squelette que nous avons reçu du cap Nord, par l'entremise d'Eschricht. — La tète était encore entourée de la peau, ainsi que les nageoires, de manière que nous avons pu voir toutes les pièces en place. Mal- heureusement le sternum et le bout de la queue étaient perdus. Il n'est pas inutile de faire remarquer qu'Eschricht, en me proposant décéder ce squelette, m'écrivait : La Pteroôakine a malheureusement perdu une dizaine de ses vertèbres caudales, mais c'est un bel exemplaire d'une espèce assez rare, probablement la même gui se conserve à Berlin. Ces animaux [y compris un squelette de Balwnoplera rostrala) ont été pris entre le cap Nord et la mer Blanche, donc à la pointe la plus sep- tentrionale de l'Europe. La tête, tout en se rapprochant plus de la Balwnoplera musculus que de la Balœ- noptera rostrala, en diffère cependant par quelques particularités qui ne sont pas sans importance; ainsi, les os intermaxillaires dépassent notablement les maxil- laires en avant et en arrière; ils forment une doublure aux maxillaires jusqu'au frontal, sans cesser d'être parfaitement distincts à l'extérieur et d'occuper une lar- geur assez notable. Le frontal est beaucoup moins large a la base que dans le musculus, et son bord antérieur se dirige presque transversalement du fond du maxillaire jusqu'au bord libre de l'orbite. Le frontal est surtout remarquable par sa partie sus-orbitaire qui est fort large. BALENOPTERES. 203 Les os nasaux sont allongés, tronqués en avant et présentent à peu près la même largeur dans toute leur étendue (-1). En comparant les têtes du mustulus, du laticeps et du rostrata, et nous sommes peut-être les premiers qui pouvons juger ainsi les pièces sous les yeux, nous trouvons le rostre sensiblement plus effilé dans le rostrata et, vers le milieu du rostre, nous voyons que les deux maxillaires sont un peu plus bombés; mais, ce qui frappe le plus au premier coup d'œil, c'est la forme du frontal et le contour de l'occipital. Le frontal est, comme nous venons de le dire, fort large à la base dans le muscu- lus, et va en se rétrécissant à mesure qu'il approche de la cavité orbitaire. — Le bord antérieur de cet os est fort oblique d'avant en arrière, presque aussi oblique que le bord postérieur qui est dirigé d'arrière en avant. Le laticeps a l'os frontal moins rétréci vers la cavité de l'orbite, et, proportion- nellement, moins large à la base. Le rostrata nous montre ce même os presque aussi large au-dessus des orbites qu'à sa base, où il se réunit en avant avec le maxillaire, eu arrière avec l'occi- pital. Le musculus a l'occipital très-étroit en avant et fort large en arrière; le bord pos- térieur est fort légèrement ondulé. Le laticeps a la partie antérieure plus large en avant et moins allongée, avec un bord postérieur montrant une double échancrure. — Sous ce dernier rapport, le musculus se rapproche plus du rostrata que de tout autre. Le rostrata a un occipital terminé en pointe en arrière sans échancrure sur le bord au-dessus du frontal, et avec un bord postérieur légèrement ondulé. L'occipital est assez caractéristique : en avant, son bord est large et arrondi, et, à la hauteur du bord postérieur du frontal, il montre une légère échancrure qui divise cet os en deux portions assez distinctes. — Cet occipital est proportionnel- lement peu étroit en arrière. Son bord postérieur porte deux échancrures de chaque côté, et qui sont passa- blement prononcées. (1) La tête conservée au musée de Cambridge et qui provient d'un animal échoué à l'embouchure de la Clyde (Ecosse) est également remarquable par les os propres du nez et les caractères du frontal. De tout le squelette on n'a malheureusement recueilli que la tête et une omoplate. 204 SQUELETTE DES CÉTACÉS. La partie du temporal qui est visible en haut, est assez grande, mais moins mas- sive que dans la rostrata. Lorsque nous avons reçu ce squelette, les os de la tète étaient tous en place et une partie de la peau les enveloppait encore. Le palais avait conservé en avant quelques fanons qui indiquaient leur réunion avec ceux du côté opposé. Ces fanons sont de couleur pâle. Les plus avancés vers la pointe du rostre sont comme des soies, même à leur base, et mesurent au plus trois centimètres en longueur. — Ils augmentent assez rapide- ment, d'avant en arrière, en longueur et en largeur. A quelques centimètres du bout du rostre, on voit des lamelles d'un centimètre de largeur. M. Flower a mesuré le squelette de MonikenDam,dumuséede Leyde, et trouve: Longueur du crâne 6',7", longueur totale du squelette 29', 7". Il est à remarquer que l'animal est encore jeune.; La colonne vertébrale est complète, sauf les toutes dernières vertèbres, qui ont été perdues. La région cervicale a ses sept vertèbres ordinaires, la région dorsale quatorze, la région lombaire quinze et la région caudale également quinze. — Cette dernière région n'est pas complète; les dernières vertèbres manquent. A en juger par la Balxnoptera rostrata, nous estimons qu'il y aune longueur de M centimètres environ qui manque. — Et comme dans la Balœnoptera rostrata on trouve sur cette longeur quatre ou cinq vertèbres, nous estimons qu'il n'y en a que quatre ou cinq qui font défaut, ce qui élève le nombre total à cinquante-cinq ou cinquante- six. Lscbricht croyait qu'il manquait le double ; il jugeait d'après la Balxnoptera musc u lus. Il en existe cinquante-trois dans le squelette de lîerlin et, selon toute pro- babilité, les trois dernières manquent comme ici. Dans le squelette de Leyde, qui est complet, nous en avons cinquante-cinq ou cinquante-six. — M. I lowcr dit cinquante-cinq, mais en considérant les deux dernières connue soudées ensemble. Nous avions supposé d'abord que les vertèbres de toute la nageoire caudale manquaient et qu'il fallait ajouter, au nombre existant, celles qui logent habituel- lement dans cet organe, — mais ce nombre est loin d'être le même dans les BALÉNOPTÈRES. 205 diverses espèces. — Nous en avons trouvé sept dans la Bafwnoplera rostrata, et le double, si nous ne nous trompons, dans la Batsenoptcra musculus. Il y en a dix-sept dans la Batsenoptera Sibbaldii. — Nous aurions dû ajouter au moins sept vertèbres, si toutes celles qui logent dans la nageoire font défaut. — En examinant de près, on voit toutefois que ce n'est pas toute la nageoire qui a été perdue et nous ne croyons pas être loin de la vérité, en estimant le nombre de vertèbres qui manquent, à quatre. Les vertèbres ont toutes leurs épypbyses encore séparées. Les sept cervicales sont, comme on le pense bien, complètement séparées. L'atlas et l'axis sont celles qui ont le corps le plus épais; l'atlas a un diamètre de 6 1/2 centimètres, l'axis d'un centimètre de moins et les trois vertèbres suivantes de cette région ne mesurent plus que 5 4/2 centimètres. La dernière cervicale a presqu'un centimètre de plus que les autres. Ces vertèbres diffèrent entre elles surtout par les apophyses transverses. L'axis a les deux bouts réunis comme la suivante, de manière que ces vertèbres possèdent chacune un anneau vertébral complet. Les trois vertèbres suivantes ont leurs apophyses transverses supérieures et inférieures séparées, et la septième cervicale n'a plus que l'apophyse transverse supérieure. Dans le squelette de Berlin, l'axis seul a un anneau complet, et dans celui de Leyde les apophyses transverses supérieures et inférieures sont écartées encore depuis l'axis inclusivement jusqu'à la sixième cervicale. — Le squelette du musée de Bruxelles est donc de tous les trois le plus avancé sous ce rapport. Au musée du Collège des chirurgiens, on trouve une première côte avec un atlas, un axis et quelques autres os d'un animal adulte, dont l'origine est inconnue. — Ces os ont été achetés chez un marchand. — L'axis est fort remarquable par le grand développement de ses ailes et la petitesse du trou vertébral, qui n'est pas plus grand que le trou rachidien. La première vertèbre dorsale a la même épaisseur à peu près que la dernière cervicale; elle mesure 50 millimètres; la seconde 60 à peu près; la troisième dorsale 70; la quatrième près de 80 et la cinquième dorsale environ 95 ou 100 millimètres. Les vertèbres suivantes augmentent toujours en diamètre jusqu'au milieu de la région caudale, en comptant pour vertèbres caudales toutes celles qui portent ou sont suivies de celles qui ont un os en V. 206 SQUELETTE DES CÉTACÉS. Les apophyses transverses s'allongent insensiblement, depuis la première dorsale jusqu'à la vingtième de cette région, puis leur longueur diminue lente- ment. La plus longue apophyse transverse mesure 21 centimètres. — L'apo- physe épineuse supérieure de cette même vertèbre a 51 centimètres de long. En approchant de la région caudale, ces apophyses transverses continuent à se raccourcir jusqu'à ne plus mesurer que \\ centimètres; mais en perdant en lon- gueur elles gagnent en largeur. L'atlas ne nous offre rien de particulier si ce n'est son épaisseur. L'axis a les deux ailes transverses très-développées. — La première et la seconde dorsale sont fort remarquables par la largeur extraordinaire de l'arc qui présente à son bord antérieur des espèces de digitations que nous ne voyons dans aucune autre vertèbre. On remarque généralement, surtout chez les cétacés qui ont un petit nombre de vertèbres, que le diamètre du corps de la vertèbre augmente à commencer des premières dorsales. — C'est ainsi que nous voyons la septième dorsale s'étendre d'un centimètre sur les précédentes, la huitième et la neuvième gagner chacune autant sur celle qui la précède, tandis que la dixième et les suivantes restent à peu près stationnaires. La quatorzième gagne de nouveau un centimètre sur la précédente et la vingt-quatrième trois centimètres, ce qui fait que le corps de cette dernière mesure vingt-sept centimètres de diamètre. Le corps de la première caudale mesure dix-neuf centimètres de diamètre, son apophyse épineuse vingt et une et son apophyse transverse onze: Delà quarante-quatrième vertèbre, qui mesure en hauteur dix-huit centimètres il y a une diminution assez rapide, au point que la quarante-cinquième n'en mesure plus que quinze. La cinquante et unième vertèbre, c'est-à-dire, la dernière qui est conservée, à une hauteur de cinq et demi à six centimètres, et sa largeur l'emporte à peu près de deux centimètres sur sa hauteur. On voit que cette dernière vertèbre a été coupée par un coup de hache. Les os en V sont au nombre de dix dans le squelette de Leyde. — Nous en trouvons quinze indiques dans le squelette gravé de Pander et d'Alton. Les côtes sont au nombre de quatorze (1). — La première est comme toujours la plus courte et la plus large. (1) Un squelette à net^on n'a que treize paires de côtes. BALÉNOPTÈRES. 207 Comme nous l'avons fait observer plus haut, les os étaient entourés encore de chair et de ligaments desséchés, lorsque ce squelette nous est arrivé. Je recom- mandais donc spécialement à mon préparateur de bien soigner les os et surtout la première paire de côtes. — Au bout de quelques jours, il vint me montrer un os distinct accolé à la première côte, et logé dans une gaine propre; il était allongé, entièrement mobile, et je pus le détacher facilement. — C'était une côte rudimen- taire complètement isolée, couchée sur la première. Comme le montre la figure, cette côte rudimentaire ou cervicale est un os long, comprimé et courbé comme une côte véritable, élargi à son extrémité supérieure, effilé du côté opposé et légèrement bifurqué. — Tout l'os est plat et montre en avant une espèce de col comme la côte qui la porte. La première côte à gauche, en tout semblable à celle de droite, porte à la même place une pièce osseuse, d'une forme fort irrégulière, qui est complète- ment soudée avec elle. — C'est évidemment le rudiment de la côte supplémentaire du côté opposé, qui s'est complètement confondu avec l'os (1). Nous trouvons ainsi une côte supplémentaire, couchée sur la côte véritable à droite, et, à gauche, une pièce complètement souciée qui fait corps avec l'os. — Ici c'est le côté gauche qui semble plus avancé que le côté droit, contrairement à ce que l'on voit ailleurs, quand les deux moites ne se développent pas de la même manière. Au musée du collège royal des chirurgiens à Londres, nous avons vu la première côte de deux individus différents, qui sont régulièrement biceps, c'est-à-dire qu'en haut, elles sont véritablement comme fendues, et à peine un des bouts est-il plus développé que l'autre. — La côte du plus jeune est à peine plus large en bas qu'en haut, tandis que celle de l'adulte est considérablement élargie du côté du sternum. — On dirait que, dans le premier cas, une côte supplémentaire est venu se souder à la première, tandis que, dans le second cas, on dirait deux premières côtes réunies. Les côtes qui suivent la première ont presque le double de la longueur de celle- ci. — Les cinq premières sont notablement plus larges que dans la BaUenoplcra (1) Rudolphi avait déjà l'ait l'observation que la première côte est double ou biceps et ajoute : on dirait une des fausses côtes de la dernière vertèbre cervicale unie avec la première côte thoracique. 208 SQUELETTE DES CÉTACÉS. rostrata. — La quatorzième qui est la dernière est beaucoup plus mince que les autres, mais elle n'est pas moins longue qu'elles. — Schlegel fait observer que dans le squelette de Leyde cette dernière était logée dans les cbairs et se serait proba- blement perdue si le squelette n'avait été préparé avec soin. — C'est sous la direc- tion de Reinhardtque cette préparation a été faite. M. Flower n'indique que treize côtes dans le squelette do Leyde. Les troisième, quatrième et cinquième côtes portent un prolongement cervical, mais peu développé. L'omoplate présente les caractères ordinaires du genre, mais nous trouvons son apophyse acromion fort large et très-allongée. — Le coracoïde par contre est com- parativement peu développé. — Ce même caractère, nous l'avons trouvé dans l'omoplate isolée qui a été trouvée à l'embouchure de la Clyde et qui se trouve avec la tète du même animal au musée de Cambridge. Comme les nageoires étaient encore entourées complètement de leur peau, lors de leur arrivée à Louvain, nous pourrons donner une description complète des os et de leurs rapports. INous avons reçu en même temps et dans les mêmes condi- tions un squelette de Balœnoptera rostrata, ce qui nous a permis de les décrire com- parativement. Le membre a presque la même longueur dans les deux cétacés qui ne diffèrent pas beaucoup de faille; mais il y a entre eux une différence d'âge : l'un est fort jeune, l'autre est presque adulte. Le membre antérieur du borealis est plus long de quelques centimètres et cette longueur ne provient ni du bras, ni de la main, mais des deux os de l'avant-bras, qui sont, non-seulement plus larges que dans le rostrata, mais qui sont en même temps moins massifs. L'humérus nous semble aussi comparativement un peu plus délicat. 11 n'y a que quatre doigts dans tous les deux. Le pouce n'a aucune pièce solide. Le carpe a cinq os dont trois comme à l'ordinaire pour le procarpe, deux pour le mésocarpe. Le doigt interne est le plus court; outre l'os métacarpien il n'a que trois pha- langes. Le doigt suivant atteint presque le bout de la nageoire; le métacarpien est assez fort et il est suivi de cinq phalanges. BALÉNOPTÈRES. 209 L'annulaire est le plus long, touten ne différant pas du précédent :— Il comprend les phalanges les plus fortes, y compris le métacarpien. Outre celui-ci il y a égale- ment cinq phalanges dont la dernière est encore assez large. Le petit doigt a trois phalanges comme l'index. BALŒNOPTERA S1BBALDII Pl. XII et XIII, Fig. 25-3Zi. Camper, Observations anatomiques sur la structure intérieure et le squelette de plusieurs espèces de cétacés, Paris, 1820. Flower, On Physalus Sibbaldii, Proc. Zool. Soc, 1865, J.-E. Gray, Catalogue of seals and whales, London, 1866. A. W. Malm, Nagra blad om Hvaldjur i allmànhet, och Balœnoptera carolinœ isynnerhet. Goteborg, 1866. A.-W. Malm, Monographie illustrée du Balénoptère, trouvé le 29 octobre 1865 sur la côte occidentale de Suède. Stokholm, 1867. J. Reinhardt, Nogle Bœmarkninger om lslœndernes Steypireydr, Videnskab. meddels. f. d. naturh. Foren., 1867, n" 8-11. Kiobenliavn, 1868. W.-H. Flower, On the probable identity of the Fin-whales, described as Balœnoptera Carolinœ. Proc. Zool. Soc, mardi, 1868. Sophus Hallas, Optegnelser om nogle paa et Hvalfangsl-Tog Vidensk. medd.fra den naturhist. Foren. for 1867. Quoique Camper ait fait mention de cette espèce sous le nom de Steipcreidar, ce n'est que dans ces dernières années qu'elle a été établie sur des caractères positifs tirés surtout du squelette. En 4847 un squelette de 50 pieds, conservé au musée de IIull et provenant d'un jeune animal, attira l'attention du docteur Gray, qui lui donna le nom spécifique de Sibbaldii. 27 210 SQUELETTE UES CETACES. Lesson, dans son histoire naturelle des cétacés, après avoir parlé de la Balénop- tère du Nord qui a échoué sur la côte du Holstein en -1819, fit mention d'une femelle de o\ pieds de long, qui fut jeté sur les sahles de l'île d'Oleron, le \ mars 4827; elle portait M vertèhres dans les lohes de la nageoire caudale, lui écrivit M. Sonty, son sternum était petit et plat et dans la colonne vertébrale il comp- tait 65 vertèbres au moins. — Ces caractères nous font supposer que ce squelette appartient à la même Bulœnoptcra Sibbaldii (F). — Malheureusement les os n'ont pas été conservés. Dans une visite faite à Utrecht en 1864, M. Flower fut frappé des caractères remarquables qu'il observa dans un squelette qui faisait partie de la collection de Lidth de Jeude, et comme il ne put l'identifier avec aucune espèce connue, il lui donna le nom spécifique de Latirostris. — Ce squelette était en effet remarquable par la largeur du rostre, la forme singulière du sternum, le nombre de vertèbres, la coalescence tardive des épiphyses, etc. etc. Peu de temps après, M. Flower reconnut que le squelette de la collection de Lidth de Jeude appartient à la même espèce que celui de Hull, auquel Gray avait donné le nom de Sibbaldii. Le 29 octobre 1865, une Balénoptère de grande dimension vint échouer sur la côte occidentale de Suède, non loin de Gothenburg et fut acquise pour le musée de cette ville. — Le superintendant du musée, M. Malm, en fit l'objet d'une étude suivie, et, croyant l'animal nouveau pour la science, il proposa le nom de Balwnoplera Carolinx pour ce nouveau mysticète. Le professeur Lilljeborg, ayant eu l'occasion de voir ce squelette, le regarda non comme une espèce nouvelle, mais comme une Bulœnoptcra musculus, ce qui évidemment n'est pas. Au-si MM. Flower et Reinhardt ont émis leurs avis peu de temps après, et con- sidèrent avec raison la Baleenoptera Curolinœ, comme synonyme de Balsenoptera Sibbaldii. — C'est le même animal, dit le professeur Reinhardt, que les Islandais désignent sous le nom deStcypircyilr. Fn I SOT, une tête 'le Balénoptère fut apportée à Copenhague provenant de la (1) Le docteur Fischer est aussi d'avis que cet animal est un Sibbaldii. BALENOPTERES. 211 pêche des Vinnûsch en Islande. — Le professeur Reinhardt, frappé de la forme extraordinaire de cette tète, ne sut d'abord à quelle Balénoptère la rapporter, mais, aussitôt qu'il eut fait la comparaison des espèces établies, il reconnut que la tête du Steypireydr n'est autre chose'que la Balœnoptera Sibbaldii de Gray, ou la Balœnoptera Latirostris de Flower. — Le crâne a au delà de -17 pieds et l'animal doit avoir eu plus de 70 pieds de longueur, m'écrivit le savant professeur de Copenhague. Holbôll, pendant son séjour au Groenland, a pu recueillir quelques bonnes observations sur cet animal. — On ne le chasse guère, dit le savant gouverneur du Groenland, ses fanons sont courts et sans usage et il donne peu d'huile. — Du reste, ajoute-t-il, sa pêche est difficile quoiqu'il soit peu farouche et qu'il côtoie très-souvent les embarcations. — C'est le mysticète le plus facile à observer sur la côte du Groenland, dit-il. Il se distingue par les caractères suivants : Le rostre est fort large, surtout vers le milieu de sa longueur; les os propres du nez sont très-volumineux; les palatins sont fort étendus en largeur; l'apophyse coronoïde est haute et pointue; les vertèbres sont au nombre de 64; les cervicales et les dorsales sont fort massives; les côtes sont au nombre de -16; le sternum est court et large; les métacarpiens et les phalanges sont comparativement longs. Les fanons sont courts et fort larges à leur base ; leur couleur est foncée. La nageoire dorsale est peu élevée, pointue, courbée et rapprochée de la nageoire caudale. — Les nageoires pectorales sont longues et pointues. — La peau, est d'un brun foncé tirant sur le vert. — Des poils au nombre d'une trentaine sont placés an menton dans un espace circulaire [Malm). Syn. Physalus Sibbaldii, Gray. Physalus Latirostris, Flower. Balœnoptera Carolinœ, Malm. 212 SQUELETTE DES CÉTACÉS. Tunnolik desGroënlandais (I). Steypireydr, des Islandais. Su/phur Botiom des baleiniers anglais. Holboll leur accorde de GO à 80 pieds (2). L'animal de Gotbenburg, qui est jeune comme celui de Hull et celui d'Utrecht, mesure 54 pieds à peu près. Reinbardt estime, que l'individu dont il possède la tète avait au moins 70 pieds. Les baleiniers anglais accordent 90 pieds à leur Sulpbur Bottom. Comme le fait remarquer M. Flower, ce sont les espèces bien connues qui doivent nous renseigner sur les limites des variations que présente chacune d'elles; nous connaissons trop peu d'individus pour désigner positivement la taille, mais nous en savons assez pour leur en accorder une très-grande. Cette espèce ne loge pas plus de cirripèdes que les autres Balénoptères sur la peau, mais à l'intérieur elle nourrit un Ecbinorbynque nouveau, qui d'après M. Malm, ressemble à l' Echinorhynchus porrigens de Rudolpbi. — 11 lui donne le nom de Echynorhynchus ôrevicollis. D'après Holboll, sa nourriture principale consiste en malotus arcticus. C'est lemysticète le plus abondant sur les côtes d'Islande: M. Sopbus Ilallas l'a observé dans ces parages depuis le 21 avril jusqu'au milieu de septembre. — C'est lui qui parait le premier. — Il en a constamment observé entre G5°/i0' et G6 c /20' latitude. — Au printemps on le voit apparaître en abondance dans la partie méridionale du Groenland, puis pendant l'été dans la partie septentrionale, d'après Holboll. (1) Le professeur Reinhardl vient de démontrer que le Tunnolik des Groënlandais est le Steypireydr deslslanil.ii mi la Ualœnopicra Sibbaldii des ailleurs. Eschricht croyait que le Tunnolik correspondait u la Ualœnopicra (jitjas, c'est-à-dire au musculus. (2) Cette belle balénoptère est évidemment la plus grande de toutes celles du Groenland, dit Holboll. I5ALEN0PTÈRES. 213 11 n'y a que fort peu d'individus qui sont venus se perdre sur les côtes d'Europe: le premier est celui dont le squelette est conservé au musée de la Société littéraire et philosophique de Hull; le second est celui dont le squelette se trouvait dans le cahinet Lidth de Jeude et qui est aujourd'hui au British muséum; le troisième est un jeune mâle qui est venu se perdre sur la côte de Suède et qui a été étudié par Malm ; enfin, le plus méridional paraît être celui dont parle Lesson, d'après Sonty, qui est venu échouer sur les sables de l'Ile d'Oléron. 11 n'existe qu'un petit nombre de dessins de cette espèce ; le docteur Gray a publié d'abord la figure de l'axis et de la cinquième cervicale; le professeur Reinhardt a fait figurer ensuite la tête, l'os hyoïde, l'atlas et les os propres du nez, mais c'est dans la monographie de M. Malm, que l'on trouve, indépendamment des photographies, représentant l'animal sous différentes faces, diverses parties du squelette : les sept cervicales vues de profil avec les trois premières dorsales, l'atlas et l'axis vus de face, l'os hyoïde, l'extrémité supérieure des côtes et la nageoire pectorale. SQUELETTE. La tête et surtout le rostre s'éloigne des autres Balénoptères par sa largeur et sa convexité ; elle se rapproche sous ce rapport de celle des Mcgaptera. — Les os nasaux sont remarquables par leur largeur et leur brièveté. — Les os palatins sont également fort larges. La mandibule ne se fait remarquer que par son apophyse coronoïde qui est un peu plus élevée et peut-être un peu plus pointue que dans les espèces voisines. La caisse tympanique a tous les caractères du genre et ce n'est qu'en la com- parant attentivement avec les autres qu'on pourrait la distinguer. — Elle a 13 centimètres de long; l'apophyse externe du rocher en a 24 et l'antérieure \\. (Tête du British Muséum.) 214 SQUELETTE DES CETACES. De tous les inysticètes c'est celui dont la coloune vertébrale compte le plus grand nombre de vertèbres : nous en trouvons 64, dont7 cervicales, 4 6 dorsales, 45 lombaires et 26 caudales (I). De toutes les vertèbres du cou, l'axis seul a ses apophyses trausverses réunies en cercle à l'âge adulte. Dans le squelette de Gotheubourg, comme dans celui du British Muséum, les ailes de cette vertèbre sont très-peu développées et, dans ce dernier squelette, les apophyses ne se touchent pas encore pour former l'anneau. — Dans le squelette de Gotheubourg ces apophyses sont rapprochées mais on voit encore leur soudure. De la troisième à la septième vertèbre il y a fort peu de différences. — C'est la dernière qui est la plus forte après l'axis. La septième cervicale montre à la place occupée par l'apophyse transverse inférieure, un mince tubercule. Le corps de toutes ces vertèbres cervicales est comparativement mince. Dans le squelette du British muséum une des vertèbres cervicales est malade et présente le même aspect que les vertèbres caudales du mysticctus de Bruxelles. Les apophyses transverses inférieures de la troisième à la sixième cervicale vont en diminuant, et leur extrémité reste à une grande distance du bout de l'apo- physe transverse supérieure. L'apophyse transverse supérieure de la septième cervicale est beaucoup plus forte que les autres et se dirige d'arrière en avant et de dedans en dehors. La septième cervicale n'a pas d'apophyse transverse inférieure. L'apophyse épineuse de l'axis est fort étendue d'avant en arrière puis elle va en diminuant jusqu'à la cinquième cervicale. Les arcs neuraux de ces vertèbres se couvrent les uns les autres; à la sixième cervicale, l'apophyse épineuse, dirigée d'arrière en avant s'élève au-dessus des précédentes comme la septième, qui s'é- lève à la même hauteur et suit la même direction. L'apophyse inférieure de la septième cervicale est surtout très-courte du côté droit. A gauche elle a une hauteur égale à la longueur du corps de la même ver- (1) Les verU-bres sont au nombre de soixante-quatre dans les deux squelettes de Hullet du British muséum. BALÉNOPTÈRES. 215 tèbre, dit M. Malm. Dans la photographie qu'il a joint au texte nous ne trouvons, au moins à droite, aucune apparence d'apophyse, pas même de tubercule. Les os en V sont au nombre de dix-neuf; les deux premières et les dernières sont séparés sur la ligne médiane. Les vertèbres dorsales sont très-massives tant par le corps que par les apophy- ses; à commencer de la première dorsale, l'apophyse épineuse supérieure s'élève insensiblement et prend un développement de plus en plus grand d'avant en ar- rière. — Les apophyses transverses des deux premières sont fortes, mais ce sont surtout celles de la troisième dorsale qui prennent brusquement un développe- ment excessif. — Leur grand développement donne une physionomie particu- lière à cette région. M. Flower fait remarquer que les deux dernières vertèbres sont semblahles et sont toutes les deux fort aplaties, mais celle qui les précède, change brusquement de dimension dans tous les sens; si l'on ne rencontrait pas la même disposition dans les deux squelettes, on supposerait qu'il manque une vertèbre. Les côtes sont au nombre de seize dans le squelette de IIull; c'est le chiffre le plus élevé que l'on connaisse. — Le squelette de Gothenbourg n'en a que 45; il y en a peut-être une qui est restée dans les chairs. La première côte n'est pas biceps en haut, mais elle se distingue par son côté sternal qui est excessivement large. Comme toujours elle est plus courte que les autres. La sixième et la septième côtes sont les plus longues. C'est la troisième et la quatrième qui présentent en haut un rudiment de col; la première n'en offre pas d'apparence. Le sternum est plus large que long et son ossification est fort tardive. L'omoplate a comme les autres espèces, son diamètre antéro-postérieur très- développé, unacromion volumineux mais un coracoïde beaucoup moins fort. L'humérus est proportionnellement fort court, et présente sur sa face inférieure une forte échancrure au milieu. — La tète est très-grosse. Le radius a le double de la largeur du cubitus. Les os carpiens sont au nombre de trois au procarpe : le radial, l'intermédial et le cubital, et de deux au rnésocarpe; ils montrent fort peu de différence entre eux. Les métacarpiens sont fort allongés comme les phalanges. M. Malm a compté 216 SQUELETTE DES CÉTACÉS. ces os parmi les phalanges. C'est pourquoi le nombre de phalanges qu'il accorde aux doigts est plus élevé que dans les autres. L'index a quatre phalanges, le médian six ou sept, l'annulaire cinq ou six et le petit doigt, trois. Dans le squelette de Hull nous trouvons : 4, 6, 5 et 5, dans celui d'Utrecht, 4, 5, 5 et 5, dans celui de Gothenbourg, en déduisant les métacarpiens, 4, 7, 6 et 5. — Dans les deux premiers squelettes les os des phalanges sont réunis artificielle- ment, dans le dernier ils sont restés en place. BAL/ENOPTERA SWINHOEI J.-E. Gray, Short aceount of part of a skeleton of a finner whale, sont )jy M. Swinhoe froni the coast of Formosa. (Proceed. Zool. Soc, 18G.'J, p. 725. Ami. nul. hist., 1865.) Nous venons de faire connaître quatre espèces de Balénoptères propres au nord de l'Atlantique. — Il est à supposer qu'il en existe également plusieurs au sud de l'Atlantique comme au nord et au sud du Pacifique; cependant on n'en possède guère d'ossements dans nos musées, et nous n'avons généralement d'autres indications que quelques dessins grossiers faits à la hâte ou des observations fort incomplètes faites en mer Cuvier n'a connu aucun Rorqual en dehors de ceux qui vivent au nord de l'Atlantique, puisque son Rorqual du Cap est une megaptera. Lcsson dit avoir souvent rencontré des Balénoptères dans l'hémisphère sud cu- ire les quarantième et soixante dixième degrés de latitude, mais 1rs faits positifs sur lesquels on doit baser la connaissance des espèces, sont, de son propre aveu, BALÉNOPTÈRES. 217 très-rares. Il cite tout au long l'observation de Quoy et Gaimard (I) qui ont vu pendant leur séjour aux îles Malouines une balénoptère de l'espèce museau-pointu, qui vint s'échouer sur les rochers de la baie française, et une autre morte dans le détroit de Lemaire, reconnaissable aux nombreux plis de. son ventre pour être de la même espèce. A. de Chamisso a publié la figure de la plupart des grands Cétacés du nord du Pacifique, parmi lesquels on reconnaît parfaitement des baleines véritables, des mégaptères et des balénoptères, et il a joint à ces dessins les noms propres des pêcheurs de ces parages ; malheureusement ces dessins ne doivent pas inspirer une fort grande confiance, puisque nous voyons figurer le cachalot avec deux narines séparées comme les mysticètes. En tout cas on y reconnaît trois balénoptères qui portent les noms de Kuliomach, d'Abugulick et d'Agamachtschich, mais nous ne savons si la Balsenoptera rostrata qui hante ces parages est comprise dans le nombre. De tout l'océan Pacifique septentrional on ne possède dans les musées européens que les os que le consul d'Angleterre M. Swinhoe a envoyés de l'ile Formose au British muséum et qui ont élé trouvés sur les côtes de celte île. Ces os consistent dans une partie du crâne (la base et le maxillaire supérieur), trois vertèbres cervicales, huit dorsales et huit côtes. — A en juger par l'état des épiphyses, ils proviennent d'un animal adulte. Le docteur Cray estime sa longueur à 60 ou 70 pieds. Le docteur Gray a représenté la plupart de ces os; il a figuré l'axis avec la troisième cervicale, puis la sixième cervicale, et la première dorsale vues de face et de profil. — La Fig. 88 représente à tort les apophyses de droite non soudées, et la Fig. 89 est renversée (2). Une autre balénoptère des côtes du Japon est représentée au muséum du collège médical de Calcutta par plusieurs ossements, mais qui ne sont pas suffisamment connus pour qu'on ait pu en apprécier les caractères distinelifs : c'est le physahu iwasii du docteur Gray. On a vu également des balénoptères sur la côte occidentale de l'Amérique du (!) Voyage autour du monde de la corvette VUranie, Partie zoologique, p 81. (2) Catal., p. 383. s 8 218 SQUELETTE DES CÉTACÉS. Nord, mais on ne sait pas positivement si elles appartiennent aux mêmes espèces qui habitent la côte Est de l'ancien continent. MM. Lewis et Clark font mention de balénoptères de cent cinq pieds qu'ils ont observées à l'embouchure de la Colomùia, mais il est probable, pour ne pas dire plus, qu'il faudra en déduire au moins une vingtaine de pieds. Grâce à l'obligeance du docteur Gray, qui a bien voulu faire mettre à notre disposition tout ce qui pouvait nous intéresser pour cette publication, nous avons examiné les os de la Buhvnoplera Swinhoëi et nous avons pu juger par nous- mêmes du degré d'affinité qui lie cette espèce aux autres balénoptères. Quoique cet examen ait eu lieu dans les caves du Brilish muséum, à la lueur d'une lanterne et que les os se trouvaient encore entassés dans des caisses, nous avons pu nous assurer, que la base du crâne diffère notablement, si on la compare avec les espèces du nord de l'Atlantique; l'occipital ainsi que le temporal et la région occupée par les os de l'oreille ne nous offrent rien de particulier; l'apophyse externe du rocher, qui présente souvent des caractères importants, est fort aplatie et s'allonge notablement. Le maxillaire supérieur est tronqué en arrière le long du frontal; il est bordé en dedans par l' intermaxillaire et se termine en avant comme dans nos espèces. L'axis est remarquable par la largeur et la grande étendue de ses ailes qui sont tronquées au bout; le trou annulaire a à peu près la grandeur du canal vertébral. — A gauche les deux apophyses, tout en formant un cercle complet, ne in I passoudées ensemble; du coté opposé, c'est-à-dire à droite, la soudure est com- plète. Le corps de cette vertèbre a un diamètre transversal de 2G centimètres; i haque aile a, à peu près, la même longueur. L'axis est soudé à la troisième cervicale par le corps, mais non par les apophyses. La troisième cervicale a ses deux apophyses à peu près également développées avec une petite différence toutefois en faveur de la supérieure. Ces apophyses se dirigent de dedans en dehors cl très légèrement de haut en bas. — Elles ont presque la longueur du plus grand diamètre du corps de la vertèbre dont elle? dépendent. Le corps de la troisième cervicale mesure en hauteur 17 centimètres, en largeur BALÉNOPTÈRES. 210 26 centimètres et demi; d'un bout à l'autre des apophyses transverses de l'axis il y a 85 centimètres. Comme nous l'avons vu plus haut, certaines vertèbres du cou se réunissent quelquefois, tantôt par le corps, tantôt par l'arc neural, et dans cette espèce nous trouvons un nouvel exempledc cette réunion parle corps. La seconde et la troisième cervicale sont en effet soudées comme dans quelques individus de la Bakenoplera roslrata. — M. le docteur Gray considère celte soudure comme un caractère du genre, mais, à notre avis, on ne doit y voir, comme nous l'avons dit plus haut, qu'un effet individuel. On ne la trouve que dans un certain nombre de squclcllcs. La cervicale que le docteur Gray regarde avec raison comme la sixième a une apophyse transverse supérieure fort longue, correspondant à peu près au grand diamètre du corps de la \ertèbre et se dirige directement en dehors en s'incli- nant fort légèrement vers le bout. Les apophyses transverses inférieures ne méritent que le nom de tubercules. La première dorsale est remarquable par son apophyse transverse qui est très- forte, tres-élargie et qui s'étend de haut en bas et d'avant en arrière; l'apophyse a a peu près une longueur égale au diamètre vertical du corps de la vertèbre. .M. Gray trouve que ces os ressemblent en général à ceux de la Balœnoptera musculus et il pense que l'animal dont ils proviennent avait une longueur de GO à 70 pieds. Le savant directeur du muséum britannique trouve en eux des ca- ractères des Physalus et des Balœnoptera. 220 SQUELETTE DES CÉTACÉS. BAL.ENOPTERA SCHLEGELII Pi.. XVI. //. Flower, notes on the skeletons of whales in the principal muséums of llolland and Belgium. (Proc. Zool. Soc , 1864 ) J.-E. Gray, Catalogue of seals and whales, 1866, p. 178. D'après les renseignements fournis par les naturalistes et ies voyageurs, la mer «les Indes nourrit un grand nombre de balénoptères, mais los observations aux- qu